Mauvais temps sur l’insertion professionnelle des Jeunes Diplomés et relations entreprises

Pierre Dubois, sur son blog, nous interpelle à nouveau sur la situation professionnelle des Jeunes diplômés et indirectement sur la relation avec le milieu économique, les entreprises. Je vous  invite à lire la dernière enquête d’insertion de l’APEC sept 2014.

« 63% des jeunes diplômés de niveau Bac + 5 et plus de la promotion 2013, étaient en poste dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme » indique la brève de l’APEC. Mention doit mieux faire!

Les Universités ont réalisé de grands progrès en matière d’insertion professionnelle dans les dernières années : professionnalisation, stage, apprentissage, licence pro, master pro, interventions de professionnels dans les cours, mise en place de structures dédiées à l’accompagnement des étudiants, mise en œuvre de forum entreprises, portail d’offres d’emploi et stage, entrepreneuriat, développement des relations avec les entreprises, les recruteurs… Et c’est tant mieux !

Les Universités ont l’obligation de mesurer le taux d’insertion par programme… Certaines vont jusqu’à sous-traiter par éthique leurs enquêtes d’insertion !

Cependant, tout cela semble bien insuffisant, car on ne peut pas tout mettre sur la situation économique actuelle…

La tâche est immense pour les universités au regard du volume d’étudiants. Cependant comme souvent, il s’agit d’une question de priorité. Je constate dans le cadre du PRES-COMUE que nous échangeons davantage sur les questions de recherche, de gouvernance, de SI, d’entrepreneuriat, que d’insertion professionnelle, de relations entreprises.

Phénomène amusant, depuis quelques années, les écoles de management (ex ESC, à ne pas confondre avec la nouvelle dénomination des IAE !) se sont tournées vers un modèle plus académique, de recherche sous le poids des accréditations (AACSB, EQUIS, visa, masteret des classements…). Certaines écoles, sous le jeu des contraintes budgétaires, ont dû désinvestir sur l’angle professionnel, accompagnement des étudiants, de la relation entreprises.

On peut le regretter collectivement, c’était ce qui donnait la principale valeur des écoles : offrir une bonne formation et emploi vite et bien ! (cf ma note sur ce blog « Revenir aux fondamentaux dans les écoles de management). NB : Je tenais à remercier mes nombreux collègues d’autres écoles, des professionnels du recrutement, des diplômés d’avoir bien voulu participé aux échanges sur ce thème.

Nous avons de la « chance » : dans la dernière enquête d’insertion de l’APEC, l’étude ne distingue pas les résultats des IAE versus écoles de management. On peut se rassurer avec les chiffres annoncés : 58% de taux d’emploi pour un diplômé master universitaire contre 69% pour un diplômé d’école de management.

Ce sujet relance à nouveau la question du bon équilibre, du modèle des écoles.

A ce titre, je vous invite à lire la note de Philippe Silberzahn, professeur à l’EM Lyon puis pour poursuivre avecle billet publié dans les Echos du 1er octobre de Loick Roche, de l’EM Grenoble

Juste quelques commentaires aux questions : combien d’écoles « sauvées » actuellement pour une catastrophe ? Aurions-nous dans nos écoles les meilleurs experts pour compléter les enquêtes et les classements ? Un taux d’insertion proche de 100% ? Connaissons nous une bonne croissance en France avec tous nos diplômés ?

Enfin, découvrir également l’interview de Patrick Molle en septembre 2014 pour Precepta :  « Ecoles de commerce : un business model caduc ? », voir également l’article dans le Monde sur la politique tarifaire des écoles, oct 2014.

Les débats doivent pouvoir s’ouvrir ? C’est ainsi que la communauté pourra sans doute avancer ? Nous pourrions solliciter une sémiologue sur ce thème qui pourrait surement nous en dire plus ?

La question demeure, comment passer du constat à l’(R)évolution, au ré-équilibrage ?

Pour mémoire, ce sujet n’est pas new ! (D’ailleurs, même le Pont Neuf n’est plus neuf !). On distinguait dès 1866 l’enseignement à vocation professionnelle dans les « écoles spécialisées » avec Victor Duruy.

Quelques modestes pistes : opérer une évolution dans la gouvernance politique des écoles en mettant en place de manière sincère et authentique des entreprises au centre de la table. Qui pourrait soumettre aujourd’hui à la « question » ses maquettes pédagogiques à des professionnels ? Idem, faire évoluer les gouvernances administratives vers plus d’empathie vers les entreprises et les territoires. Et naturellement bâtir une stratégie et plan d’actions afin de renouer avec les entreprises, les territoires et accompagner les étudiants et jeunes diplômés.

Nous sommes un peu comme ce pont « Meetic » éclairé visant à rapprocher 2 univers (Buda et Pest).

pontbuda

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This entry was posted on jeudi, octobre 2nd, 2014 at 15:22 and is filed under Actualités, Emploi, Entreprises. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Mauvais temps sur l’insertion professionnelle des Jeunes Diplomés et relations entreprises”

  1. Jean-Marie Blanc Says:

    Bonjour Frédéric
    Je sors d’une réunion qui justement réunissait entre autres des responsables d’IAE. Ils n’ont pas manqué de faire remarquer que le taux d’insertion de leurs formations sont excellents, ce qui n’est pas contestable.
    Il est néanmoins difficle de les comparer avec les chiffres donnés par l’enquête Apec à propos des écoles de management « non universitaires » pour deux raisons :
    – on ne peut comparer que des chiffres provenant de la même enquête et jusquà présent nous n’avons pas isolé ces filières des autres. ON notera quand même que certaines disciplines universitaires donnent d’excellents taux d’insertion.
    – Les IAE accueillent depuis leur origine un nombre conséquent d’étudiants qui ont déjà un diplôme de niveau équivalent dans une spécialité scientifique ou technique et qui viennent donc acquérir une deuxième compétence ou au moins un complément en gestion. les taux d’insertion de ces personnes ne peut pas se comparer tel quel avec les étudiants des ex ESC.
    Mais globalement, la montée en puissance des Universités dans le domaine de l’orientation, de l’insertion professionnelle et des relations entreprises est incontestable. Je me souviens qu’il faisait déjà l’objet de question lorsque j’étais intervenu à Reims au congrès du chapitre il y a, heu… plusieurs années !
    Bien à toi
    Jean-Marie Blanc – Apec

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