500 000 dollars pour un héros dans le domaine de l’éducation

La fondation du Qatar crée le Wize Prize for Education, destiné à récompenser « une personnalité ou une équipe pour sa contribution exceptionnelle, et de portée mondiale, dans le domaine de l’éducation ».

Les membres de la communauté éducative ont jusqu’au 30 avril 2011 pour présenter leurs candidats dont le travail « devra être à l’origine de réalisations significatives et durables dans le domaine éducatif, démontrant une approche à la fois visionnaire et source d’inspiration ».

Je ne sais pas vous… Mais moi, je trouve que l’on dirait du David Lodge dans le texte. C’est un peu comme cette chaire de critique littéraire de l’UNESCO que briguent tous les universitaires dans Un tout petit monde (Rivages, 1992). Tous courtisent alors l’un des principaux juges pour l’attribution de cette chaire : Arthur Kingfisher, « doyen de la communauté internationale des spécialistes de théorie critique, professeur émérite des universités de Columbia et de Zurich, et le seul homme dans toute l’histoire universitaire à avoir occupé deux chaires en même temps sur deux continents différents (faisant la navette en jet une fois par semaine pour pouvoir être en Suisse du lundi au mercredi et à New-York du jeudi au dimanche) ».

Le lauréat du Wize Prize for Education, dont le nom sera connu en novembre 2011, sera choisi par un jury international de cinq membres. Il recevra une prime de 500 000 dollars ainsi qu’une médaille d’or.

Dans Un tout petit monde, la chaire est dotée d’un salaire de 100 000 dollars par an, nets d’impôts.

Mais surtout : « Les responsabilités ? Pratiquement inexistantes. (…). C’était une chaire purement conceptuelle (sauf en ce qui concernait le traitement) que l’heureux lauréat pouvait occuper là où il souhaitait résider. Il aurait un bureau et un secrétariat au QG de Paris qu’il serait libre d’utiliser ou pas. On l’encouragerait à voyager partout dans le monde aux frais de l’UNESCO (…). Il n’aurait aucun enseignement à faire, aucun devoir à corriger, aucune commission à présider. Il serait payé uniquement pour penser – pour penser et aussi, si ça lui chantait, pour écrire. Toute une armada de secrétaires, place de Fontenoy, l’attendraient patiemment derrière leur machine à traitement de texte (…)« .

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