La solitude de l’enseignant-chercheur en mathématiques

Sortie sur les écrans, le 4 mai 2011, de La solitude des nombres premiers. L’occasion, pour moi, de lire (enfin !) le très beau roman de Paolo Giardono (Seuil, 2009) qui a inspiré le film.

C’est l’histoire de deux enfants, ensuite adolescents, puis adultes : une jeune fille anorexique, Alice Della Rocca, et un jeune garçon, inadapté au monde qui l’entoure, Mattia Balossino. Leurs destins vont se croiser. Alice va devenir photographe et Mattia, professeur d’université.

Mattia Balossino deviendra même un très grand chercheur, avant d’être un enseignant : « Il ne regardait que très rarement les étudiants quand il croisait leurs yeux clairs pointés sur le tableau noir et sur lui, il avait l’impression d’être nu« .

Les mathématiques sont, depuis sa jeunesse, un refuge au monde extérieur : « pendant ses quatre années d’université, les mathématiques avaient conduit Mattia dans les recoins les plus éloignés et les plus fascinants du raisonnement humain. Il recopiait selon un rituel méticuleux les démonstrations de tous les théorèmes qu’il rencontrait« .

Dès lors… pouvait-il accomplir un autre destin que celui d’enseignant-chercheur ? Alors que Mattia vient demander au professeur Francesco Niccoli l’autorisation de réaliser son mémoire sur les zéros de la fonction Zêta, ce dernier pense que Mattia appartient « à cette catégorie d’élèves doués mais incapables de se débrouiller dans la vie. Ces élèves-là se révèlent des bons à rien une fois sortis du sillon bien tracé de l’université« .

De fait, ils y restent toute leur vie… Combien d’enseignants de mathématiques sont (étaient) comme Mattia ?

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