« Casser du prof » : un événement littéraire ?

D’un côté, un élève de 15 ans, mis à pied une semaine de son collège. De l’autre, un agrégé d’histoire, ayant enseigné pendant sept ans dans un établissement « ambition réussite ».

Leur point commun en cette rentrée littéraire ? « Casser du prof », dans un pamphlet pour le premier (La suprématie des professeurs est-elle juste ?, Editions Praelego, 2011) et un roman (Jours tranquilles d’un prof de banlieue, Grasset, août 2011), pour le second.

La suprématie des professeurs est-elle juste ? n’a rien à envier à une rédaction d’élève de 3ème. Et pour cause. L’éditeur raconte la genèse du livre : le jeune Emilio A. Bouzamondo a d’abord soumis son texte (des pages et des pages écrites avec ressentiment suite à une sanction), à son professeur de français. Verdict : une semaine d’exclusion. Une raison suffisante pour publier ses écrits… Et sans retoucher une ligne apparement ? Le livre est consternant. Tout comme la couverture médiatique dont bénéficie l’ « auteur »… Sur les profs, peut-on tout écrire, pourvu que ça buzz… ?

Les élèves ne sont pas les seuls à « casser du prof ». Les profs aussi savent faire (enfin les ex-profs le plus souvent). A l’instar de Martin Quenehen, l’auteur de Jours tranquilles d’un prof de banlieue.

L’agrégé pense autant de bien des profs que le collégien. Extrait : « Les quasi clodos aux pellicules qui collent sur leurs épaules, les psychotiques maquillés à la céruse qui offrent des cactus à leurs chouchous en fin d’année, les minets qui confondent sciences physiques et « Star academy » et portent la cravate au-dessous du genou, les quinquas priapiques qui s’agrippent à tous ce qui a des arguments, moins de la moitié de leur âge et rentrent dans un 38… Et puis les affreux, les obèses, les analphabètes, les mélancoliques. Tous ces énergumènes enseignent dans la fonction publique »

Chez Emilio A. Bouzamondo, ça donne : « l’étroiture d’esprit des professeurs provoque, à long terme, une sorte de rigidité morale typique des traditionnalistes. Doublés de leur arrogance naturelle, les enseignants sont des monstres d’ego titanesques. Les professeurs « atteints » de rigidité (ce n’est pas une maladie, ne vous inquiétez pas) sont un peu comme des bernard-l’ermite : dans leur monde, et souvent aveugles aux moqueries des élèves (oui, bande de traditionnalistes, les élèves ont leur opinion – souvent peu flatteuse – sur leurs enseignants ».

Emilio a 15 ans : il mériterait une correction. Je ne suis pas prof, mais je lui mettrai bien une note très en-dessous de la moyenne (ce qui lui donnera l’occasion d’avoir une idée pour son prochain livre : casser du bloggeur). Et pour Martin Quenehen ?

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.