Mauvais genre : un portrait désabusé d’Oxford

Naomi Alderman a étudié à Oxford. Dans son deuxième roman, « Mauvais genre » (Editions de l’Olivier, 2011), elle livre un portrait désabusé d’Oxford : « un enfer parfait sans rédemption, mais les gens en font un paradis« .

Derrière le mythe, elle décrit des professeurs imbus d’eux-mêmes et un modèle de reproduction des élites immuable.

Quand il entre à Oxford, sur les conseils de sa soeur, elle-même diplômée de la prestigieuse université, James, le narrateur, premier de sa classe au lycée, pensait « adhérer à des associations, participer à des activités, travailler énormément (…). J’obtiendrais une maîtrise avec la mention très bien, je rejoindrais les rubans bleus [les meilleurs athlètes des différentes disciplines], j’aurais des amis riches, influents, puissants. Oxford me badigeonnait d’une fine couche d’or« . Très vite, ses résultats universitaires ne sont pas à la hauteur, tandis qu’une mauvaise chute à la course à pied, annihile ses ambitions sportives.

James se fera quand même des amis. Il s’installera, pour achever ses études, dans une maison avec un groupe d’étudiants. Le meneur de la bande, Mark est très riche mais il exerce une influence néfaste sur le groupe.

James obtiendra son diplôme de physique. Et après… ? Que lui reste-t-il de son passage à Oxford ? « Des cours inintéressants, une petite chambre inconfortable, des professeurs indifférents. reste le décorum : les toges, les rues pavées, les plafonds voutés des bibliothèques et les portraits du XVIe siècle. C’est ancien, c’est beau, c’est prestigieux. Et c’est injuste, mesquin, glacial. (…) Pour des gens comme Mark, Oxford est aussi ailleurs : le beau et l’ancestral sont partout. pour des gens comme lui, le carrousel des Oxford est infini : les cours et les pièces lambrissées d’Eton laissent la place à celles d’Oxford, puis aux salles de l’Inner Temple et, enfin, à la chambre des Lords. Et pour autres, nous, Oxford est une visite d’un après-midi dans un lieu majestueux : une demeure riche et raffinée dont les cordons de velours et le personnel acariâtre nous rappellent avec insistance que nous n’en faisons pas partie« .

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