Finir prof ? Le gars voûté et mal fringué ?

15 % des postes offerts au CAPES n’ont pas été pourvus cette année. La désaffectation des jeunes pour le métier de prof est une lame de fond. Rien de nouveau… Une preuve ?

Plongée estivale dans « Moi, Charlotte Simmons » de Tom Wolfe (Robert Laffont, 2006) :

– « Donc les étudiants comme nous, ils finissaient quoi en général ? Profs de fac ou de lycée. Et puis apparaît un nouveau type d’intellectuel, l’enfoiré. C’est un intello voyou, je dirais. Un enfoiré veut pas d’un boulot aussi rasoir, aussi mal payé et aussi… conventionnel que l’enseignement. Il veut pas gâcher sa jeunesse enfermé dans les bibliothèques. T’es un intellectuel mais tu veux fonctionner à un niveau… supérieur. Un millénaire commence et tu as envie d’appartenir à l’aristocratie de cette nouvelle ère, qui est une méritocratie, enfin… une aristo-méritocratie, on va dire. T’es un mutant. T’es un progrès dans la chaîne de l’évolution. Tu dépasses de très, très loin la figure ordinaire de l’intellectuel au XXe siècle. (…) Tu vois ce que j’veux dire ? ».

– « Non« , semblait dire le regard largué de Charlotte.

– « OOO.KKK. On va pas faire des études cent cinq ans, on va pas finir prof, tu sais, le gars voûté et mal fringué et… Parce que bon, qui a envie d’inspirer la pitié aux autres ? »

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