Amour et haine entre universitaires

Le roman le plus connu de David Carkeet (Double Negative, paru en 1980 en Angleterre) vient d’être traduit en français, sous le titre : Le linguiste était presque parfait (Editions Monsieur Toussaint Louverture, mai 2013).

Le personnage principal, Jeremy Cook est linguiste. Il travaille sur les idiophénomènes au centre de recherches de Wabash qui abrite une crèche. Les idiophénomènes, comme l’explique Cook : « ce sont les dispositifs linguistiques que les enfants développent d’eux-mêmes, sans s’inspirer du monde adulte ». Les chercheurs de Wabash cherchent à découvrir l’origine et le sens de : « beu », « pffff », « n’deuh » ou autres « m’boui »…

Faux_livre_Linguiste_webstoreTrès vite, un meurtre va plonger la petite communauté universitaire dans la suspicion. Le coupable est forcément l’un des sept membres de l’institut Wabash encore en vie. Lequel a bien pu tuer l’un d’entre eux ? Pour le savoir, Jeremy Cook va s’interroger sur les sentiments de rivalité ou de jalousie qui se dissimulent derrière l’apparente affabilité des chercheurs en linguistique de Wabash. Pour l’aider dans sa démarche : le « diagramme amour-haine : hommes adultes à Wabash » réalisé par Arthur Stiph (la victime) tombe à pic.

L’éditeur présente Le linguiste était presque parfait comme « du David Lodge avec des cadavres ». Ce n’est pas totalement faux et pas… totalement vrai. On retrouve chez Carkeet l’ironie de Lodge, la même critique des moeurs universitaires, et une jeune chercheuse très séduisante et donc très courtisée. Mais Carkeet reste un auteur de romans policiers, qui s’attache avant tout à l’intrigue plutôt qu’à la peinture d’un tout petit monde universitaire. Le personnage du flic – et les mœurs policières – sont tout aussi loufoques que la description des mesquineries entre chercheurs.

Le linguiste était presque parfait est à la croisée des romans de David Lodge et de ceux de Tom Sharpe (la saga Wilt). On le lit le sourire aux lèvres. Et l’on s’attache au personnage de Jeremy Cook, le chercheur en linguistique. Bonne nouvelle : l’éditeur nous promet de le retrouver bientôt avec la traduction à venir de deux autres livres de Carkeet dont Jeremy Cook est le héros : The Full Catastrophe (paru en 1990) et The Error of Our Ways (1997).

Envie de lire d’autres polars avec des profs ? Le site Le Vent sombre, consacré au roman noir, en recense quelques uns :

Meurtre à l’université de Batya Gour (Folio Policier).

Complots mathématiques à Princeton de Claudine Monteil (Odile Jacob).

L’agrégé de Bruno Schnebert (Le Cherche Midi).

Les silences du professeur de Colin Dexter (10/18).

Et aussi, sur Fac Story, d’autres polars :

Petits crimes contre les humanités, de Pierre Christin (Métailié).

Rupture, de Simon Lelic (Masque).

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