Les études à l’université permettent-elles de s’élever ?

Brian Jackson s’apprête à quitter ses deux meilleurs potes du lycée et son bled paumé, pour entrer à l’université, « pas Oxford ou Cambridge », mais, celle qui arrive en troisième position « et il y a aussi des clochers et des flèches. Ce qu’il faut pour vous faire rêver ».

Et ce qu’il faut… pour nous amuser. Le premier roman de David Nicholls « Pourquoi pas ? » (Belfond, mai 2012) – adapté au cinéma sous le titre Starter for Ten – narre les déconvenues de Brian, ado tiraillé entre ses désirs de grandeur et d’élévation intellectuelle et sa condition de puceau acnéique (dont il a bien conscience). Et si les deux meilleurs amis de Brian pensent que ce dernier va « devenir un crétin qui se prend la tête. Le genre qui reviendra à Noël en toge, causera latin, ou dira des choses du genre « on pourrait concevoir… » et autres inepties ». Brian, lui, sait ce qu’il attend de sa nouvelle condition d’étudiant.

Pourquoi pas« Je veux pouvoir écouter des sonates pour piano et savoir qui les a composées (…). Je veux connaître les origines exactes du Velvet Underground et le nom de tous ses membres. (…) Je veux comprendre les théories économiques complexes et ce que les gens trouvent à Bob Dylan. Je veux des idéaux politiques à la fois radicaux et humanistes et des débats passionnés mais argumentés, autour de tables de cuisine en pin, où je dirai des choses du genre : « Définis tes termes ! » et « Ton axiome est de toute évidence spécieux ! » avant de découvrir que le soleil vient de se lever et que nous avons parlé toute la nuit (…). Je veux apprendre à apprécier les bons vins, les liqueurs exotiques et les whiskeys pur malt (…). Je veux faire l’amour en toute sobriété, sans la moindre crainte, en plein jour (ou, du moins, avec la lumière allumée) à des femmes belles, sophistiquées et intimidantes (…). Je veux apprendre à parler couramment plusieurs langues (…), et garder toujours sur moi un petit carnet de cuir dans lequel je noterai les pensées percutantes qui me viennent (…). Je voudrais plaire, et même être aimé, mais pour ça, on verra. Quant à mon futur métier, je ne sais pas encore ce qu’il sera, mais j’irai l’exercer le matin sans avoir l’estomac noué et il ne m’inspirera aucun mépris, même s’il m’assure une certaine sécurité financière. Voilà ce qu’une éducation universitaire va me procurer ».

L’assurance de Brian avait impressionné l’un de ses professeurs pour qui la plupart des étudiants « tendent à considérer leur formation universitaire comme trois ans de fête ininterrompue aux frais de l’Etat, avec vin et fromage à volonté, un appartement, une auto et un bon petit job à la sortie ». Le problème, c’est que Brian : 1/ tombe amoureux d’Alice ; 2/ – bien qu’il possède une culture encyclopédique lui permettant de répondre du tac-au-tac à un jeu télévisé comme « Questions pour un champion » (il est d’ailleurs sélectionné pour participer à l’University Challenge, l’équivalent de ce jeu entre universités) – est totalement inculte sur le plan des relations humaines. Et ce n’est pas à l’université qu’il va trouver les moyens de s’améliorer sur ce plan.

Le verdict de son professeur est sans appel : « En regardant votre pourcentage de notes cette année il semble que vous deveniez de moins en moins intelligent, ce qui, curieusement, n’est pas le but d’une éducation ».

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.