Le maitre de conférences est… une maitresse de conférences*

Le masculin ne doit-il plus l’emporter sur le féminin ? L’écriture inclusive doit-elle être employée ? L’accord de proximité doit-il s’appliquer ? La féminisation des noms doit-elle être systématique ? Ces questions pourraient être celles d’un colloque auquel assisteraient les héros et héroïnes de David Lodge, notamment ses enseignantes féministes. Dans Jeu de société, l’une d’entre elles, Robyn Penrose, est contrainte d’effectuer un stage dans une usine. Le patron, Victor Wilcox, est prévenu par courrier de la venue Robin Penrose, maitre de conférences en littérature anglaise (l’erreur de frappe sur le prénom – Robin au lieu de Robyn – ajoute à la confusion). Vic attend, de mauvaise grâce, SON stagiaire :

  • « Tu sais bien comment ça se passe. Le stagiaire me suit partout où je vais toute la journée ».
  • « Comment partout ? »
  • « C’est ce qui est prévu. »
  • « Même aux toilettes ? » répond son directeur du marketing qui vient juste de faire la connaissance de Robyn et se met à rire, tousser, hoqueter.

Avec Robyn Penrose, maitresse de conférences, il faudrait réécrire l’histoire. Et avant cela… inverser le cours de l’histoire ? La vraie cette fois. Dans les universités françaises, les maîtres de conférences (MCF) sont plus nombreux que les maitresses de conférences, tout comme les professeurs d’université (PU). D’après des simulations du ministère de l’Enseignement supérieur, « si le rythme moyen de progression est inchangé, le corps des MCF sera paritaire en 2027 et le corps des PU sera paritaire en 2068 ». Tant que le masculin l’emportera en nombre sur le féminin, le titre de maitre de conférences s’imposera dans l’imaginaire comme dans la réalité.

* Avec la réforme de l’orthographe de 1990 : maitre et maitresse ne sont plus obligé-e-s de porter… le chapeau.

L’avenir de l’enseignement numérique est-il déjà connu de certains ?

A 13 ans, Daphné Roller quittait l’école pour entrer à l’université hébraïque de Jérusalem et assouvir sa soif d’apprendre. A 18 ans, elle obtenait une maîtrise et partait étudier l’informatique à Stanford. Un peu plus tard, muni d’un PhD, elle devient enseignante.

Mais, lassée de répéter le même discours, année après année, elle décide de proposer des cours en ligne que les étudiants visionneraient avant de rencontrer leurs profs pour poser des questions et progresser. Son objectif : rendre l’enseignement moins passif. Le concept, lancé avec l’appui de Stanford, est devenu aujourd’hui une startup : Coursera.

Cette histoire – qui n’est pas une fiction (cf. article du Monde de l’Education) –, illustre la théorie du roman de Ken Grimwood : Replay (Seuil, coll. Points, 1997).

Et si certaines personnes avaient plusieurs vies ? Si elles se retrouvaient, 20 ou 30 ans en arrière, encore étudiants ou adolescents, mais en ayant gardé en mémoire leur passé ? Elles pourraient alors prévoir l’avenir – et notamment le boom des nouvelles technologies -. Visionnaires, elles développeraient des idées et des concepts précurseurs.

Que penser de tous les élèves, précoces dans leur scolarité, de tous les jeunes entrepreneurs capables d’anticiper les potentialités d’Internet ?

Un label d’excellence pour les Pensées secrètes au théâtre Montparnasse

Pensées secrètes, le roman de David Lodge, publié en 2001 (Payot-Rivages), a été adapté au théâtre par Gérald Sibleyras. C’est Isabelle Carré qui interprète le rôle de la romancière Helen Reed, et Samuel Labarthe, qui joue celui de Ralph Messenger.

Librement inspirée du roman, la pièce en conserve l’intérêt rhétorique et sexuel. Sur le campus de l’université de Gloucester, le sémillant Ralph Messenger drague ouvertement Helen Reed, tout en expliquant ses travaux sur la conscience – « la zone inconnue la plus vaste sur la carte des connaissances humaines« . Pour le chercheur en sciences cognitives, notre conscience n’est qu’une activité électrochimique que les ordinateurs, un jour, reproduiront.

La charmante Helen Reed tient tête au spécialiste de l’intelligence artificielle : la conscience ne se réduira jamais à un « paquet de neurones« , chaque individu est unique. Elle refuse aussi les avances de Ralph Messenger, malgré un premier baiser échangé dans le Jacuzzi de son cottage familial à la campagne.

En cette période d’excellence (initiatives d’excellence, labos d’excellence, équipements d’excellence…), Pensées secrètes est une pièce excellente, interprétée par deux acteurs excellents… Ralph Messenger mériterait bien un label. Mais sévit-il un exemplaire dans une université française ?

Pensées secrètes, jusqu’au 19 mai 2012, au théâtre Montparnasse, du mardi au samedi, à 20 h 30 (matinée le samedi à 17 h 30).

Le prof le plus sexy…

Sur le blog, review de presse, le classement des 20 acteurs de série TV les plus sexy.

A la dixième place, un prof : Matthew Morrison.

« L’acteur de la série Glee fait l’unanimité : il est sympa, il est mignon, il chante et danse avec talent… Bref, de quoi énerver les mecs, et exciter les filles. Sa popularité est énorme auprès des jeunes groupies, et de nombreuses élèves aimeraient l’avoir pour prof. Dans la série, ses cours portent sur le chant, mais bizarrement, les fans sont prêtes à prendre des cours de tout avec lui. »

Pour voir le classement.

Bientôt la rentrée… Entraînez-vous au jet de craie !

C’est bientôt la rentrée… Afin de reprendre les bonnes habitudes, un peu d’entraînement au jet de craie sur élèves dissipés s’impose.

Etes-vous meilleur à ce petit jeu que Maurice, le professeur de la BD Les profs : testez-vous !

Perso, j’ai calmé 14 élèves en 60 secondes. Je ne sais pas si l’Education nationale peut compter sur moi ?

Prof fiction : dans les jeux vidéos aussi

Les profs ne sont pas seulement des héros de livres ou de films. Ils peuvent être le personnage principal d’un jeu pour consoles. Un jeu japonais pour PSP qui s’appelle Gachitora. Il met en scène un Yakuza (c’est-à-dire un voyou) propulsé professeur dans le secondaire. Et prêt à tout pour faire réussir ses élèves.

Pour le test critique du jeu, je m’en remets à gamekult. Ce site d’expert qualifie l’histoire de géniale et les personnages de très réussis. Les moins ? « Des combats un peu bof » et « comme dans la vraie vie, la paye de professeur, pas très élevée… ». C’est pas moi qui l’ai dit !

Le directeur d’HEC, personnage de roman

Prépa HEC est le titre du deuxième roman de Guillaume Sire, sorti ce 7 avril 2011 (éditions Kirographaires). L’histoire se déroule  au sein de la prépa HEC du lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse. Et l’un des personnages, Gonzague de Ronac, n’est autre que le directeur d’HEC. Contexte et extraits sur educpros.fr

Prof versus assistant à la fac

Mon blog a aujourd’hui un an. Une année pendant laquelle j’ai parlé de près d’une vingtaine de livres et de quelques films ou séries ayant pour héros des enseignants.

Pour cette première bougie, je réponds à une question que l’on me pose souvent : « Non… je ne lis pas que des livres ayant des enseignants pour héros ». Mais je ne parle pas de ces autres lectures… Sauf aujourd’hui. Parce que je viens de terminer Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer (Grasset, février 2010).

Un livre que j’ai beaucoup aimé. Et puis, si l’un des deux personnages principaux n’est pas prof, il est quand même… assistant en psychologie du langage dans une université allemande ! Celui-ci reçoit par erreur un mail de résiliation à un abonnement qui ne lui est pas destiné. Il le fait savoir à l’auteur du message (une jeune femme mariée), qui lui répond… Et ainsi de suite. Tout le roman n’est constitué que de ces échanges de mails, qui vont conduire cet homme et cette femme à tomber virtuellement amoureux l’un de l’autre.

Extrait (où l’on parle quand même des profs… blog oblige !) :

REP :
« Chère madame Rothner, c’est gentil de m’écrire (…). Et vous avez vraiment fait une recherche « Google » sur moi ? Je trouve cela très flatteur. Pour être honnête, l’idée que vous me prenez pour un professeur me plaît beaucoup moins. Vous pensez que je suis un vieux croûton, je me trompe ? Rigide, pédant, suffisant. Bon, je ne vais pas m’évertuer à vous démontrer le contraire, sinon cela risquerait de devenir pénible. Je suppose que j’écris en ce moment comme quelqu’un de plus âgé que moi. Et je vous soupçonne d’écrire comme quelqu’un de plus jeune que vous. En fait, je suis conseiller en communication et assistant en psychologie du langage à l’université. Nous travaillons en ce moment à une étude sur l’influence des mails sur notre attitude langagière et surtout – voilà la partie encore plus intéressante – sur le mail comme vecteur d’émotions. (…) »

22 minutes plus tard
RE:
« Cher monsieur le psychologue du langage, je vais vous mettre à l’épreuve : selon vous, laquelle de vos phrases, dans le mail que je viens de recevoir, m’a paru la plus intéressante, si intéressante qu’il faut que je vous pose tout de suite une question ? (…) »

10 minutes plus tard
REP :
« Chère Emmi Rothner (…). Je vous remercie encore pour le test ! Il me donne l’occasion de vous montrer que je ne suis pas (pour l’instant) l’archétype du « vieux professeur tyrannique ». Si je l’étais, j’aurais supposé que la phrase que vous trouvez intéressante est : « Nous travaillons en ce moment à une étude […] sur le mail comme vecteur d’émotions. » Mais, j’en suis sûr, c’est celle-ci qui vous intéresse le plus : « Et je vous soupçonne d’écrire comme quelqu’un de plus jeune que vous. » De cette phrase découlent pour vous deux questions pressantes : comment croit-il savoir cela ? Et, autre question : quel âge me donne-t-il, au juste ? Je me trompe ? »