Bizutage : la fiction rejoint la réalité

J’ai laissé ce blog, pour partir en vacances avec, dans ma valise, Les Trois médecins, de Martin Winckler. Et comme je m’y attendais, je l’ai relu avec autant de plaisir que la première fois.

Je ne pensais pas en reparler si tôt, dès la rentrée… Mais le dossier consacré au bizutage sur letudiant.fr, m’en donne l’occasion. Les témoignages des jeunes bizutés ne sont pas éloignés de ce que raconte Martin Winckler sur le bizutage en médecine. Rien n’aurait donc changé ?

Extrait : « Ils ont été ignobles. Ils avaient bien sûr pris soin de ne rien faire de brutal – ils avaient trop peur que le doyen ne leur tombe dessus une nouvelle fois. Alors, ils s’en sont tenus à l’intimidation, aux humiliations (…). Les cagoules gravissaient les allées, désignaient des étudiants et des étudiantes et leurs disaient de sortir du rang. Ils les poussaient en bas de l’amphi, les faisaient monter sur l’estrade pour les soumettre à diverses… « épreuves ».

Le récit de ces « épreuves » est dans le livre, tout comme le geste de défi d’un bizutée à ses bizuteurs. Un geste qu’elle paiera très cher quelques mois plus tard. Lors d’un week-end prolongé de printemps, elle sera violée dans une fac désertée.

Je me souviens aussi d’un témoignage romancé poignant sur un bizutage en classe prépa. Il a été écrit par une ingénieure d’une trentaine d’années qui n’arrivait pas à oublier et a décidé de briser « la loi du silence ». Son livre s’appelle : Je suis morte et je n’ai rien appris (Solenn Colléter, Albin Michel, 2007).