Jacques Viguier : coupable d’être professeur de droit ?

Acquitté pour une seconde fois, en mars 2010, Jacques Viguier raconte dans un livre (Innocent, Plon, juin 2010), son histoire, fortement médiatisée, depuis la disparition de sa femme, en février 2000.

Le professeur de droit public parle essentiellement de l’instruction, de la personnalité de son épouse, et reprend la chronologie des faits qui l’ont amené des amphis de l’université de Toulouse à une cellule de prison pendant neuf mois. Il évoque rapidement son univers professionnel pour expliquer qu’il a connu sa femme alors qu’elle était étudiante et lui, chargé de TD.

Jacques Viguier s’interroge sur les motifs qui ont permis à la conviction de sa culpabilité par la police de se répandre comme une rumeur, notamment dans les médias. Au premier rang de ces motifs figure… sa profession. « L’idée qu’un professeur de droit soit coupable d’un crime et soit emprisonné est visiblement très excitante » souligne-t-il.

« On m’a même attribué un titre que je possède pas. Je suis un des directeurs adjoints de la faculté de droit. On m’a décrété vice-doyen pour faire plus notable. On imagine le titre sur cinq colonnes : le vice doyen de la faculté de droit a tué sa femme, c’est vendeur« , écrit Jacques Viguier.

La rumeur a aussi présenté Jacques Vigieur comme étant un spécialiste du droit pénal alors « que je suis – tous mes amis le savent – un amoureux, voire un passionné  du service public » précise-t-il. C’est ainsi que ses étudiants ont été interrogés par la police. « La question qui leur était posée était de savoir si j’avais fait une conférence sur le crime parfait« , indique Jacques Viguier.

Je me demande si tous les pénalistes font ce genre de conférence « coupable » à leurs étudiants ?

Jacques Viguier : un personnage de roman ?

Affaire Viguier : double acquittement pour le professeur de droit toulousain accusé d’avoir tué sa femme. Cette fois, c’est la réalité qui rejoint la fiction. Avec, dans le rôle principal : un enseignant-chercheur brillant, marié, trois enfants, qui cumule les aventures avec ses étudiantes. Et pour l’intrigue : une disparition (celle de sa femme au moment où le couple est au bord du divorce), un amant rapidement mis hors de cause, un mari qui se retrouve en prison puis sur le banc des accusés avant d’être innocenté et surtout une absence de preuves (et de corps !)… Si ça ne fait pas un bon thriller tout ça…