De l’usage héroïque des TICE pour l’apprentissage des langues

Luc Chatel veut réinventer l’apprentissage de l’anglais et le développer dès l’âge de 3 ans. Il veut aussi réfléchir à l’usage des nouvelles technologies et d’Internet dans les écoles.

Princesse Soso est prof d’anglais dans un collège. Elle ne réfléchit pas à l’usage des nouvelles technologies, elle les utilise. Elle a créé une adresse MSN spéciale élèves pour les devoirs qui lui permet de constater que l’orthographe et la syntaxe des parents n’ont rien à envier à celles de leur progéniture. Elle tient un blog sur lequel elle a réagit aux propos du ministre. Elle vient aussi d’écrire Chroniques d’une prof qui en saigne (Editions Privé, octobre 2010).

Fidèle au ton très décalé (pour l’Education nationale !) de son blog, le livre raconte le déroulement de ses cours d’anglais. Les élèves de Princesse Soso sont âgés de 11 à 14 ans. La plupart pensent que « la vraie vie se trouve sur Facebook ».

Petite tranche de vie, en salle multimédia, avec les 6ème B dont elle est prof principale :

« 10h05 – Je demande aux élèves de se connecter avec leur code perso.

10 h 06 – Neuf élèves m’informent qu’ils ont oublié leur mot de passe et Kevvin me demande comment on fait pour allumer l’ordinateur.

10 h08 – Kevvin est formel. La lettre K n’est pas sur son clavier.

10h13 – ça-y-est… on peut commencer… tout le monde est connecté… sauf Kevvin qui a éteint l’ordinateur sans-faire-exprès-madame.

10h16 – Les élèves regardent un petit diaporama sur NYC. Sauf que Constance n’a pas de son. Sauf que Kevvin a débranché la souris sans-faire-exprès-madame. Sauf que l’ordinateur de Noah redémarre tout seul pour se mettre à jour. Sauf que Jean-Eudes n’a pas de casque.

10h22 – Kevvin m’informe qu’il a trouvé le K sur le clavier.

10h26 – ça-y-est… tout le monde a terminé la première activité. Sauf Kevvin qui se demande qui a bien pu planquer le F sur son clavier. »

Etc.

Meurtres mystérieux dans un lycée américain pour Bret Easton Ellis

L’écrivain américain sulfureux Bret Easton Ellis adapte, pour le cinéma, un roman de Michael Hornburg, Downers Grove (du nom de la ville de l’Illinois où se déroule l’histoire).

L’héroïne, Chrissie, est lycéenne. Elle est inscrite en dernière année dans un lycée où, chaque année, un élève meurt juste avant la remise de son diplôme. Chrissie est persuadée d’être la prochaine victime.

Ce thriller se déroule dans une ambiance paranoïaque comme les affectionne Bret Easton Ellis (avec tout ce qu’il faut de sexe et de drogue). Le tournage débutera au printemps 2011 avec Nelson McCormick derrière la caméra.

Prof de chimie déjanté en série

Arte diffuse, pour la première fois en France, la série « Breaking Bad » (2008), dont le créateur n’est autre que le scénariste et producteur d’X Files.

Le héros est un professeur de chimie, père d’un fils handicapé. Alors que sa femme est enceinte, il apprend, à 50 ans, qu’il est condamné par un cancer du poumon. Pour gagner de l’argent afin d’assurer les besoins de sa famille après sa mort, il décide de fabriquer et de dealer de la drogue, avec l’aide d’un ancien élève de son lycée.

C’est, paraît-il, corrosif et très drôle. Les premiers épisodes sont programmés, ce samedi 9 octobre, à 22 h25 (Chute libre) et à 23 h 25 (Le choix), avec une rediffusion le vendredi 15 octobre, respectivement, à 3 heures et 4 heures du matin.

Un week-end loin de Paris risque, hélas, de m’empêcher de regarder. Mais je veux bien votre avis !

Flaubert est un blaireau, un récit d’Alain Chopin

Il faudrait recommander la lecture de Flaubert est un blaireau (editions-dialogues.fr, mars 2010) à tous les lauréats aux concours de l’enseignement.

Alain Chopin, enseignant de littérature en lycée professionnel, explique comment il est vraiment devenu prof. Originaire de Bretagne, il a découvert, ce que « l’on nomme aujourd’hui la diversité » quand il est arrivé à Lille, dans les années 70. Il reconnaît avoir été surpris par « des réactions, des façons de penser, de parler. Je suis maladroit, je fais des erreurs, j’apprends » se souvient-il.

A ses débuts, Alain Chopin s’applique. « Comme beaucoup, j’ai eu peur, de ne pas être un bon enseignant, de me laisse déborder, alors, j’ai beaucoup préparé, pendant mes premières années (…). J’arrivais alors tellement concentré, tout le déroulement de mon cours en tête, que la moindre question un peu décalée d’un élève me mettait dans l’embarras ». Et puis, petit à petit, Alain Chopin s’est laissé « dépouillé ». Plus de cours préparés à l’avance, plus d’écriture au tableau… « Et plus je lâchais et plus l’espace pour la pensée de mes élèves s’élargissait » dit-il.

Il leur fait alors découvrir Shakespeare, Racine, mais aussi Jean Rolin (Terminal Frigo) ou encore Jean-Claude Izzo (Total Kkéops) à travers la lecture, en classe, de ces différentes oeuvres.

Avec une stagiaire de l’IUFM, une année, il réamènage la salle de classe pour que le prof ne soit plus face à ses élèves, mais avec eux, au sein d’un demi-cercle. « Nous remarquions que les élèves qui ne s’exprimaient pas d’habitude, par timidité, commençaient à prendre la parole. Le débat s’instaurait, la géographie de la salle favorisait l’émergence du sens en direct et en commun. Nous commencions à être intelligents ensemble, à y prendre plaisir« .

De ses élèves, il parle avec beaucoup de tendresse dans Flaubert est un blaireau et souvent, regrette de ne pas savoir ce qu’ils sont devenus. Les futurs enseignants peuvent, eux, regretter qu’Alain Chopin, qui était aussi formateur en IUFM, soit désormais à la retraite.

La lutte contre l’absentéisme scolaire : « un travail de fourmi »

En 2005, Plon publiait Proviseure à Vaulx-en-Velin par Chris Laroche. Volontaire pour prendre les rênes du lycée Robert-Doisneau, à la rentrée 2000, celle-ci a été confrontée à un fort absentéisme, qualifié de « phénomène complexe » par Nicolas Sarkozy dans son discours du 5 mai 2010 sur les violences scolaires. Et elle explique comment elle a réussi à le faire baisser de manière significative, entre 2002 et 2005.

Sa méthode repose sur une sensibilisation des parents, collectivement à la rentrée, puis en tête-à-tête pour les plus démunis face à leur enfants. « C’est un travail de fourmi, un travail de communication permanente qui demande beaucoup de temps et d’énergie, mais les résultas obtenus sont visibles, solides », souligne-t-elle. Un travail qui s’accompagne d’une application stricte du réglement : « un élève en retard n’est pas accepté en cours, au bout de trois retards, c’est une heure de colle, etc.« , précise-t-elle.

Chris Laroche ne parle pas d’une menace de suspension des allocations familiales (la loi date de mars 2006). Mais au détour d’une phrase, elle écrit simplement, à propos d’une mère de famille dont le fils aîné, inscrit en classe de seconde, s’absente régulièrement : « Difficile d’envisager des pressions financières sur le budget de cette femme aux abois qui ne s’en sort plus. Il n’y a pas d’autre solution que le contact direct et l’écoute. Il faut surtout ne pas baisser les bras, et accompagner les familles le plus loin possible« .