Les laissés pour compte du numérique

Dans son étude sur La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française, le CREDOC offre une photographie des usages des TIC en France. Ce document très complet nous invite à nous questionner à propos de nos actions dans les universités.

Le BYOD étudiant pas encore à 100%

94 % des 18-24 ans ont accès à un ordinateur à leur domicile dont 95 % ont accès à internet, 84 % des 18-24 ans disposent d’un ordinateur portable et seulement 80% des « Éleves Étudiants » en dispose d’un. Concernant les tablettes, ne rêvons pas, seulement 21% des 18-24 ans sont équipés. On remarque, en outre, que 90 % des 18-24 ans ont accès à internet à domicile. La volonté politique nationale, visant à transformer les pratiques pédagogiques classiques vers plus de numérique amène à penser qu’il y a une forte probabilité de laisser au moins 10% de nos étudiants en dehors du circuit. Cette possibilité doit nous inciter à multiplier les pratiques pédagogiques hybrides, et à considérer que la pédagogie « tout en ligne » ne peut pas être une solution applicable à tous, du moins, à moyen terme. Le risque de laisser des étudiants sur le bord de la route peut être important. Des solutions alternatives et/ou complémentaires doivent être proposées dans ces cas particuliers.

En mobilité, les 18-24 ans sont 78% à naviguer sur internet. L’écart est donc encore plus important. Les établissements d’enseignement supérieurs doivent être vigilants dans la manière dont sont déployés les projets numériques.

Quelles réponses dans les universités ?

Les pratiques pédagogiques innovantes qui nécessitent souvent l’usage d’outils informatique chez soi ou à l’université ont tendance à se démocratiser (et bien heureusement !). Il se pose alors naturellement la question de l’équipement individuel et donc de l’accès à l’information.

Malgré tout, les établissements ont considérablement amélioré (voire n’ont jamais délaissé) la couverture WIFI et l’accès à des ordinateurs en libre service permettant de pallier à ces problématiques nouvelles. Est-ce suffisant ?

Oui et non. Oui dans la mesure où l’université propose un accès informatique (et donc aux services numériques) aux étudiants. Non dans la mesure où l’égalité d’accès aux services numériques n’est pas toujours la même pour tous, en dehors de l’université voire parfois à l’université même.

Le développement des services numérique (en nombres et en fonctionnalités) en adjonction aux pratiques pédagogiques innovantes peut laisser de côté un certain nombre d’étudiants. Quelques pistes pourraient être étudiées :

  • La définition du rôle des bibliothèques dans l’accès au numérique,
  • La mise en place de nouveaux espaces dédiés au numérique en collaboration avec les collectivités ou les organismes de transports publics (télécentres, aménagement des gares et des espaces publics, création de zones dédiées au co-working …),
  • etc.

La révolution numérique doit avoir lieu et l’accessibilité des contenus numérique doit être possible pour tous, quels que soient les profils des étudiants.

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