Le blog de Jean-François FIORINA

Notre responsabilité en tant que formateurs : construire du sens critique !

Nous n’avons pas attendu que les excès de la finance internationale ne conduisent notre système au bord de la faillite, à coups de subprimes ou de stocks options, pour donner du sens à la formation que nous délivrons… Certains comportements signifient-ils pour autant que l’éthique a déserté les formations en management ? Certainement pas.

Construire du sens…
Je crois qu’au-delà des nécessaires mesures de contrôle et de régulation de l’économie, il s’agit d’abord d’une question individuelle. Celle de la construction du sens critique. Et c’est tout naturellement dans cette quête que la culture générale prend toute sa place. C’est elle qui permet au décideur de prendre le recul nécessaire à toute prise de décision. C’est elle aussi qui le prépare à faire face à des situations auxquelles il n’a jamais été confronté. Une illustration parmi d’autres : nous lançons, mi juin, trois jours de débats à l’école sur la géopolitique. Il ne s’agit pas, ici, de connaissances métiers à acquérir mais de développer sa culture générale et son savoir être face à des situations inattendues ou inconnues. Le rôle de l’école n’est pas de définir pour chaque étudiant ses limites mais de lui donner les moyens de les définir lui-même. C’est l’individu qui fait la différence et qui construit sa propre gouvernance. Thierry Grange, directeur de Grenoble Ecole de Management nous le rappelait très justement l’autre jour : « Le capitalisme n’est ni moral, ni amoral, c’est un système. Ce sont les gens qui sont moraux ou amoraux. »

Mieux réguler le fonctionnement des entreprises…
La multiplication de lois et règlementations ne résoudra pas les problèmes. Je propose plutôt trois axes de travail pour améliorer la régulation dans les entreprises.

Même si des mesures purement techniques sont indispensables, c’est d’abord, à la Recherche sur de nouveaux modes de régulation, et sur leurs conséquences, que nous devons nous consacrer. C’est la vocation d’une grande école de management.

Ensuite, ce sont, bien sûr, par les cours dispensés à tous nos publics qu’est portée la dimension éthique dans les affaires. Et, dernier point, nos relations avec les entreprises. Il faut les resserrer toujours plus pour diffuser, sans manichéisme, les meilleurs pratiques ou « best practices » en la matière. Nous sommes, là encore, dans notre rôle.

Au final, la responsabilité d’une école de management – sur tous les sujets qu’elle aborde -, c’est d’être avant tout un laboratoire de pensées, d’idées et de diversité. Il n’y a pas de modèle unique à suivre. Chacun doit trouver sa voie et inventer de nouveaux possibles…

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