Le blog de Jean-François Fiorina

Au-delà de la crise… la révolution Y

Les trois dernières lettres de l’alphabet portent un sens caché, plutôt connu des sociologues, politistes ou historiens. « X », d’abord, comme une génération improbable et sans véritables repères, formée d’hommes et de femmes nés entre 1959 et 1977, qui n’ont pas connu l’euphorie des trente glorieuses. « Z », enfin dont les contours restent à définir car toute récente… Et « Y », celle qui nous intéresse, la génération des jeunes adultes d’aujourd’hui, baignée de numérique, de mondialisation post-guerre froide et de l’apparition massive du SIDA. Une génération de la rupture qui questionne nombre de pédagogues et de managers. Faut-il craindre cette « net génération » ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses codes et ses attentes ?

Les valeurs du Y.
Cette génération n’est plus monolithique comme les précédentes. Chaque individu constitue un projet en soi avec ses valeurs. Mais certaines sont partagées comme la contractualisation des relations humaines, pas toujours équilibrée, qui constitue l’une des branches du Y. Aujourd’hui, c’est le « donnant-donnant » et le réalisme qui gouvernent. D’accord pour s’investir, mais seulement, à la hauteur de ce qui est reçu. Leurs parents entraient dans une entreprise pour y faire carrière, coûte que coûte. Les « Y » s’engagent à durée déterminée, le pendant du contrat du même nom, en quelque sorte. Pour de l’argent, peut-être, mais également pour plus de temps libre, plus d’autonomie ou pour une bonne cause. Une anecdote : un DRH me racontait qu’un jeune en CDD n’ayant pas eu d’entretien à la date fixée des six mois de présence dans l’entreprise, déposa sa démission le lendemain… Des règles qu’ils s’appliquent à la lettre mais qui ne tiennent pas forcément compte du contexte professionnel et de celle de la société en général. Des comportements qui déroutent totalement les entreprises. Il est aussi vrai que nous ne faisons rien, non plus, pour les encourager à l’optimisme. C’est leur manière de se protéger. Autre branche du Y, la multi activité. Le qualificatif de « net génération » traduit cette disposition. Ce sont des technophiles souvent experts en numérique : à la fois capables de travailler sur un dossier, branché sur Skype avec un collègue, tout en conversant sur Msn, en actualisant leur profil Facebook, sur un fond musical téléchargé ! Cette polyvalence recèle de véritables trésors de créativité pour les entreprises. Leur monde, c’est le web 2.0, le mobile, les réseaux sociaux, les communautés, les jeux en réseaux, le travail en équipe finalement !

Enseigner, c’est changer.
Le monde de l’entreprise n’est pas le seul à devoir s’adapter. L’enseignement supérieur doit également tenir compte des valeurs « Y ». Enseigner devient plus une méthode, une attitude, une manière d’interpeller, de faire réfléchir, de surprendre son auditoire. Même si le professeur doit rester très pointu dans ses savoirs, cela ne suffit plus, tout étant maintenant disponible sur la toile. En matière de nouvelles technologies, l’enseignant doit passer du concept aux outils, tandis que pour le manager, c’est l’inverse.

Quelques solutions pour bien cohabiter.
La rupture intergénérationnelle entre les Y et leurs aînés est consommée et le retour en arrière impossible. Doit-on pour autant jouer la carte de l’autoritarisme ? Sacrifier cette génération sur l’autel de la crise ? Non. Refuser la différence en imposant les normes dominantes serait une erreur, une manière de reproduire des schémas devenus obsolètes. Je crois que l’accompagnement et le développement de la notion de responsabilité ouvrent de réelles perspectives. Il faut définir, en évitant le conflit, des règles non négociables et partagées par tous. La nature des relations à établir n’est plus celle de l’ado qui revient aux normes de l’adulte après sa crise. Il s’agit d’un vrai changement à intégrer. C’est en expérimentant à l’école et dans l’entreprise que nous trouverons les bonnes pratiques pour bien vivre la génération Y !

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