Le blog de Jean-François Fiorina

« Grenoble », marque technologique

Un M.I.T. (Massachussets Institute of Technology) à la grenobloise, tout le monde en parle comme LA solution pour ancrer notre région dans le pelotonde tête mondial.

La stratégie que je défends pour y parvenir passe par deux chemins : celui du management technologique, la marque de fabrique de Grenoble Ecole de Management, et celle d’une gouvernance locale efficace. Objectif : offrir les meilleurs services à celles et ceux qui recherchent et entreprennent dans les secteurs d’avenir.

Grenoble, l’histoire en marche

La synergie Entreprises-Recherche-Université a construit l’identité industrielle de la ville, un paradigme qui assure, encore, un positionnement original en France comme technopole de niveau mondial. Une histoire, des femmes et des hommes d’exception, un environnent naturel sans équivalent ont construit le « mythe grenoblois », bien au-delà des frontières nationales. Mais sommes-nous prêts à passer à la prochaine étape, du mythe au M.I.T., en osant un raccourci un peu rapide ? Comment y parvenir ?

Le management technologique comme méthode

Nous ne connaissons pas encore ce que seront les produits et les services de demain, et par conséquent, les emplois de nos enfants, encore moins ceux de nos petits-enfants… Cette incertitude est au cœur du management technologique. Les schémas traditionnels qui expliquaient qu’un produit devait passer, d’abord, par le marché domestique avant l’international est obsolète. Aujourd’hui, le marché « monde » s’impose. Les cycles de vie des produits sont réduits, leur brevetabilité essentielle. Ces changements impactent fondamentalement le management où les valeurs cardinales deviennent : travail collaboratif, travail à distance, interdépendance… Le management technologique intègre toutes les conséquences de la technologie sur la vie des entreprises et des citoyens. Tout reste encore à inventer ! Grenoble Ecole de Management est prête à jouer un rôle actif. Elle forme les managers de demain…

La gouvernance comme moteur

En matière de technologie, la concurrence ne manque pas. Qu’elle se manifeste, dans les pays de l’OCDE ou dans les pays – ou continents ! – émergents, c’est la création de valeur qui fera la différence. La naissance des produits et services du futur dépend étroitement de la qualité du tissu local et du relationnel entre ses acteurs : entreprises, labos de recherche, établissements de l’enseignement supérieur, politiques. C’est ici que la gouvernance prend tout son sens. Les parties prenantes d’un projet technologique, tout en conservant leur autonomie, doivent entrer dans une démarche de développement beaucoup plus collaborative. La question du leadership ne doit pas ralentir les projets. C’est une forme de compétitivité collaborative qu’il faut inventer sous peine d’être marginalisé. Giant**, Grenoble Campus, Grenoble Ecole de Management, entre autres, convergent, leurs compétences sont croisées et complémentaires : les uns verront naître les futurs prix Nobel, les autres les managers de demain. L’objectif ultime de cette gouvernance est bien de créer les meilleures conditions d’incubation et d’accueil des talents et de leurs projets. En un mot, les meilleurs services pour une création de valeur réussie. Grenoble comme le M.I.T. doit devenir une vraie marque technologique. Jean-Charles Guibert, président de MINATEC***, en tant qu’acteur clé, partage notre point de vue, celui d’une communauté de destin.

Dans cette ville bouillonnante, management et gouvernance technologiques ne pourront se développer qu’en invitant la population au débat. Toute approche dogmatique, déconnectée des problématiques de la vie de tous les jours, bloquera les avancées. Il faudra en débattre. Et Grenoble est experte en la matière !

* « Le mythe grenoblois » paraphrase le titre de l’ouvrage de Pierre Frappat, paru en 1979, « Grenoble : le mythe blessé » où toutes les figures qui ont construit l’image de Grenoble comme laboratoire social, scientifique, industriel et environnemental sont revisitées à l’aune d’un sens critique affuté.

**Giant : initié par le CEA Grenoble en partenariat avec le CNRS, l’EMBL, l’ILL, l’ESRF, Grenoble Ecole de Management, Grenoble INP, l’Université Grenoble 1 Joseph Fourier et le soutien des collectivités, GIANT(Grenoble Institute of Nanotechnologies) a pour ambition de créer un véritable « MIT à la française », capable de rivaliser avec les grands pôles technologiques mondiaux avec pour objectif à terme : 10000 chercheurs, 10000 étudiants. D’ores et déjà, les chercheurs de la presqu’île scientifique disposent d’un budget de 800 millions d’euros et déposent 300 brevets chaque année.

***MINATEC comme MIcro et NAnoTEChnologies est le premier pôle européen de recherche en nanotechnologies. Créé officiellement en 2006, il rassemble 4000 personnes (salariés, chercheurs, industriels et étudiants), dépose 225 brevets par an et a créé 37 starts-up innovantes.

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