Le blog de Jean-François Fiorina

Rentrée 2009 : pourquoi j’aurais envie d’y croire ?

Une pandémie grippale aux aguets, une crise mondiale qui s’étire en longueur et un taux de chômage en France à 11% en 2010, selon un récent rapport de l’OCDE, le tableau de la rentrée a de quoi donner des sueurs froides aux plus aguerris… Mais l’avenir se construit aussi pendant ces périodes de crise. Pour tout manager et responsable, l’objectif est d’anticiper et de se tenir prêt pour le rebond.

Pandémie virale ou médiatique ?
Sans nier les graves conséquences d’une crise sanitaire d’envergure, la faiblesse de l’actualité estivale explique la sur-couverture médiatique de la grippe H1N1. La rapidité de la contagion a favorisé la peur dans la population. Les politiques ont réagi et sur réagi. De mauvais souvenirs planent encore sur eux à propos du nuage radioactif de Tchernobyl ou de la gestion hasardeuse de la canicule de 2003… Si on ajoute, l’instantanéité des communications numériques et le buzz qu’elles engendrent, on comprend mieux l’effet domino et l’emballement médiatique. Du côté des entreprises, des mesures ont été prises pour se préparer à une possible pandémie. Le risque faisant partie de leur quotidien, il y est mieux accepté.

Une crise en W.
Pas facile, non plus, de faire un pronostic de sortie de crise même si les indicateurs économiques s’améliorent. On est dans le « stop » and « go ». A la fois, on licencie et on embauche. Pour nos diplômés, par exemple, le temps de recherche s’est très légèrement allongé – seulement deux semaines de plus – mais les recrutements en CDI restent stables. Les étudiants ne prennent plus de risque et accepte les premières offres. Dans les entreprises, la gestion des talents reste d’actualité ainsi que le besoin d’ouverture et de renouvellement. Pour beaucoup, préparer la reprise, c’est éviter qu’elle ne soit plus dure que la crise elle-même ! Cependant, de nombreuses questions restent sans réponse : quand les embauches vont-elles réellement repartir, quid de la crise sociale, comment va-t-on gérer l’aggravation de la fracture sociale ?

Rien ne sera plus comme avant.
Dans l’enseignement supérieur comme dans la plupart des secteurs, rien ne sera plus comme avant. Pourquoi ? Parce que se contenter de former à un métier ne suffit plus. Il devient tout aussi important de développer sa propre culture générale et son ouverture au monde pour en comprendre ses enjeux. Les entreprises réussiront par la créativité, l’innovation, la capacité d’adaptation et l’aptitude au changement. Idem pour leurs salariés. Cette révolution ne s’improvise pas, elle se prépare. Les produits et services de demain n’existent pas encore ! Et tout ce qui se passe à l’heure actuelle, seul un scénariste d’Hollywood aurait pu le prévoir !

L’enseignement supérieur doit engager des réorganisations drastiques.
Il est impossible de continuer à dépenser autant d’argent pour si peu de résultats. Il n’est pas non plus normal que les étudiants en management paient leur scolarité sans aide de la collectivité… Et je ne parle pas des coûts sociaux induits par ce manque de gouvernance : licenciements, plans sociaux, démotivation des jeunes… Pour les étudiants, les professeurs et les entreprises du savoir, le défi est immense. Se former à demain, c’est accepter qu’une formation soit certifiée de manière indépendante pour en définir la réalité des savoirs et compétences acquis. Se former à demain, c’est accepter que les professeurs ne soient plus évalués sur leurs seules connaissances académiques mais également sur leur pédagogie, une arme essentielle pour relever efficacement les défis de demain.

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