Le blog de Jean-François Fiorina

Stress au travail, ne jamais dire « il ne passera pas par moi… »

La souffrance au travail et la douloureuse actualité chez France Télécom m’interpellent directement. D’abord en tant que manager d’une équipe qui vit « pied au plancher » du 1er septembre au 31 août. Nous gérons de nombreux dossiers simultanément, une personne peut se retrouver distancée. Ensuite, en tant qu’interface entre les entreprises et les étudiants qu’ils soient stagiaires ou apprentis, je sens la pression monter sur leurs épaules. Et sur nous, aussi ! Le phénomène de la génération Y n’y est pas étranger, nous devons modifier nos façons de voir. Dernier point, en tant que formateur-directeur d’école, comment  bien préparer ces jeunes à faire face au stress croissant du manager ?

Pourquoi le stress ? Tout métier génère une part de stress plus ou moins envahissante. Il y a des pics liés à l’activité (le bouclage d’un dossier, un coup dur), c’est normal. Par contre, la permanence du stress tue… Cette dérive provient du style de management mais également des process dans les entreprises. Les nouvelles technologies entrent en scène et c’est vraisemblablement ce qui a joué un rôle déclencheur à France Telecom. La mutation technologique des métiers et du marché a oublié l’humain. A aucun moment, il n’y a eu d’élément modérateur. Les NTIC ne doivent pas devenir un alibi pour le dirigeant mais un outil au service du management. On a glissé du manager à l’homme sanction… Autre facteur aggravant, la complexité croissante des phénomènes auxquels nous sommes tous confrontés. Elle amplifie le stress quotidien (mondialisation, interdépendance, accélération des cycles…).

Dans ce contexte, certains individus décrochent. A l’image du Tour de France, quand le rythme s’accélère en montagne, le peloton s’étire pour revenir sur les échappés et les dégâts peuvent être considérables. Idem dans l’entreprise, si son pacte social se fragilise, et que le contexte personnel et familial ne joue plus son rôle refuge, le salarié perd pied. Et la spirale de la destruction s’enclenche.

Comment va t-il évoluer ? Mal. Avec l’allongement inéluctable de la durée du travail, les plus anciens seront en difficulté. Sous pression. Le stress a donc de beaux jours devant lui. De grandes entreprises et services publics se restructurent. Une kyrielle de salariés aux statuts très divers devront affronter le changement, facteur de stress et de perte de repères. On voit bien se profiler cette question pour La Poste avec de probables impacts en interne lors de son changement de statut. Plus inquiétant encore, le cas des petites entreprises qui, elles, n’ont ni les moyens humains, ni technologiques d’accompagner ces mutations. Le stress sera plus aigu dans ces structures. Et si l’hypothèse d’une croissance sans emploi se confirme, les tensions s’accentueront d’autant.

Comment lutter contre le stress ? En plaçant l’homme au centre de l’échiquier. C’est essentiel, et c’est toute la noblesse des écoles de management que de former, selon ce principe, les dirigeants de demain, de leur apprendre à accompagner le changement et à maîtriser leur stress. Là encore, j’insiste sur le fait que pour bien s’y préparer et apprendre à garder une certaine distance, une bonne culture générale et une réflexion éthique s’imposent. La recherche que développent nos écoles sur la question du stress au travail apportera également une aide précieuse.

Le manager d’aujourd’hui fait face à une incertitude et à un stress en 3D ! On peut l’imaginer dans un scénario noir où, dans la même journée, il devra lutter contre une cyber attaque ; rappeler une série de produits à la suite d’une réclamation client ; anticiper un changement de réglementation dans un pays asiatique ; remplacer momentanément des collaborateurs atteints de grippe A ; trouver un substitut à l’un de ses fournisseurs dans les pays de l’Est ; faire face à la chute de son cours en bourse et négocier avec son banquier une ligne de crédit bloquée… S’il transmet tout cela à ses collaborateurs, c’est la panique à bord ! Alors se préparer est essentiel même s’il faut se préparer à… l’inconnu. Et quand le coup de stress survient, s’autoriser une respiration, un dialogue avec ses collègues. La parole est remède dans ces circonstances. Dans le management, je le répète, la place de l’homme est centrale. Dans les crises les plus graves, encore plus….

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Commentaire (1)

  1. Pierre

    Je suis spécialiste au plaisir de vous connaître
    Pierre Merci

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