Le blog de Jean-François Fiorina

Osez la diversité !

La semaine dernière, j’ai abordé la question de la diversité dans sa dimension internationale : le recrutement des étudiants étrangers. Cette semaine, je m’intéresse à toutes ses autres formes : sociale, culturelle, académique. Objectif : ouvrir grand les fenêtres des ESC sur la société. Pourquoi ? Parce que les entreprises nous le demandent et parce qu’il faut sortir de la pensée unique et du formatage des élites. La diversité est une richesse à partager pour peu qu’on s’y attèle… Pas facile, en effet, d’imaginer se côtoyant dans une salle de classe d’une ESC, un étudiant en anthropologie, un jeune autodidacte et un étudiant issu d’une prépa, c’est pourtant notre challenge ! Comment recruter, faire vivre et nous enrichir mutuellement de cette diversité ?
Organiser la diversité.
Comme tout changement, il se prépare. Premier point, rendre nos promotions plus ouvertes sur le monde ne signifie pas une quelconque baisse de nos exigences. La sélection reste la base de notre système mais elle doit s’adapter à tous les publics. Si la salle de classe est représentative de la diversité française, chacun doit s’y sentir à sa place parce qu’il a été sélectionné et non parce qu’il constitue un alibi. Entré à l’école, l’apprentissage de ce vivre ensemble prend tout son sens. Un beau terrain d’application de management interculturel et de personnalisation des pré-requis !

Des conséquences en cascade…
Dans les écoles, la mise en cohérence des différents parcours sera assurée par un tronc de commun de connaissances dont les exigences doivent être également élevées. Qui peut même s’accompagner d’un soutien académique pour éviter les ruptures. Il ne s’agit pas de gommer les différences en formatant l’ensemble. Un biologiste, par exemple, s’il souhaite devenir manager pourra s’y attacher tout en poursuivant des études dans sa discipline initiale. Cela suppose des partenariats spécialisés dans tous les secteurs.
Dans les entreprises, si cette demande de diversité sociale, culturelle ou académique existe, elle doit se traduire par une prise de risques réelle et l’acceptation de la différence… avec des embauches à la clé. Un double travail incombe à la fois aux écoles et aux entreprises. Pour les premières, il s’agit d’aider à la sélection des profils les plus méritants en s’appuyant sur le monde associatif qui connaît bien les populations socialement défavorisées, par exemple. Pour les seconds, il s’agit de travailler à l’accueil et à l’accompagnement de ces profils quelquefois atypiques.
Pour les futurs étudiants issus des filières diversité, le rôle des pionniers est essentiel. Ils sont la preuve qu’ils peuvent réussir dans nos écoles et attireront de nouvelles vocations. Pour nos publics actuels, l’important est de rassurer : tous ont leur place dans notre dispositif.

Pour les agences d’accréditions et les médias.
Une fois encore, si les risques que nous prenons en matière de diversification de recrutement ne sont pas pris en compte par les agences qui certifient nos établissements et par les journalistes qui nous classent, c’est notre business model qui sera atteint. Il faudra donc bien se poser la question de l’évaluation et de la validation de ces parcours dans les écoles.

Un dernier point : la question des financements
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Diversifier nos recrutements aura un coût. Sans véritable politique de financement de bourses étudiantes et de l’apprentissage, l’équation sera difficile à résoudre…

Pour poursuivre la réflexion, je vous invite à participer à l’événement « Le pari de la Diversité ; de la Grande Ecole à l’Entreprise ». Cette conférence-débat est organisée par Passerelle ESC dont je suis le président et l’AFMD (Association des Managers de la Diversité), avec le concours d’IBM et en partenariat avec l’Etudiant.
Elle aura lieu le 1er décembre 2009 à Paris, en présence de Yazid SABEG, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances.

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Commentaires (3)

  1. Irnerius

    Chronique signalée dans le n°3 de la Revue de Blogs http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/11/23/revue-de-blogs-3/
    Cordialement.

  2. Benjamin Duron

    Il est clair que la question du financement est cruciale dans l’équation de la diversité. Je connais plusieurs personnes qui malgré leurs capacités et surtout leur motivation ont abandonné l’idée d’intégrer une ESC au vue de la barrière financière.
    En tout cas le concours Passerelle et les admissions parallèles en générale constituent déjà un grand pas vers l’ouverture à la diversité des ESC.

  3. Bossard

    Je me suis vraiment intéressé à votre article car effectivement une entreprise qui n’est pas capable de gérer les différences culturelles de ses employés se met en grand danger (manque de confiance, perte de productivité, etc.)… C’est pour cela qu’en tant que gérant, j’ai décidé depuis un certain temps de m’adresser à Akteos (http://www.akteos.fr/) un cabinet spécialiste de l’internationalisation d’équipes et du management interculturel et depuis les divergences culturelles se sont évanouies.

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