Le blog de Jean-François Fiorina

Partenariat / fusion entre écoles : mode d’emploi

Concurrence, ouverture internationale, développement de filières de plus en plus pointues, l’essor des grandes écoles requiert des moyens humains et financiers toujours plus conséquents. La fusion entres établissements et surtout les collaborations multilatérales permettent de se projeter dans l’avenir de manière plus pertinente. Que ce soit dans une logique de territoire, de marketing-communication ou de stratégie, les écoles sont condamnées à nouer des alliances pour exister. Pourquoi et comment parvenir à ses fins dans de bonnes conditions ?

De multiples objectifs
La variété des objectifs poursuivis détermine ensuite les formes de partenariats et leur intensité. Tous ont leur utilité comme s’offrir une plus grande visibilité, proposer une offre globale aux entreprises, un sourcing unique de compétences, atteindre une taille critique (5000 étudiants pour une ESC), permettre aux étudiants de managements de peaufiner leur expertise technique, littéraire, linguistique acquise avant l’école, leur ouvrir d’autres horizons…
Ces alliances peuvent prendre des formes variées. Il n’y pas de recette miracle, de la simple association à la fusion complète des structures. Au final, ce sont de véritables choix ou des contraintes imposées par le mode de gouvernance ou d’autres instances impliquées dans la gestion de l’établissement.
Critères de bonne alliance. Il est impératif que le partenariat soit créateur de valeur. Pardon de parler de Grenoble mais notre école, dans une logique de territoire, a récemment nouer un partenariat avec l’Ecole d’Architecture de Grenoble. Objectif : valoriser ensemble le prototype de maison du futur qui sera présenté en 2010 à Shanghai, dans le cadre de la compétition internationale Solar Decathlon*. Autre point important : conserver de la souplesse dans la gouvernance. Les accords qui additionnent les rigidités sont bien sûr néfastes. Dernier point, et non des moindres, la gestion des cultures. Il s’agit là d’un point dur qui se règle dans la durée. Pour une ESC conclure un partenariat avec une école d’ingénieurs paraît évident mais les cultures respectives s’entrechoquent. Les unes dépendent des CCI et les secondes du ministère de l’Industrie : les questions de salaires, de diplômes font débat… Ces accords ne sont pas simples. D’autant qu’il y a nécessité de les encadrer, de les faire vivre au quotidien. Ce qui implique une mise à disposition de personnel et un budget. Sinon ils s’éteignent.
Un ADN commun.
Facteur clé de réussite, le partage de valeurs cardinales est essentiel. L’international, la sélection et un fort tissu associatif constituent notre ADN qu’il faut partager avec d’autres. Mais rechercher le partenaire qui a l’expertise souhaitée n’est qu’un préalable, le plus important, c’est qu’il doit nous ressembler. C’est une vraie vie de couple qui s’engage. Et il vaut mieux se marier avec Josette Flambard pour construire un patrimoine commun dans la durée plutôt que de sortir deux mois avec Penelope Cruz ! Certains de nos partenariats ont plus de vingt ans d’ancienneté. Avec Grenoble INP ** (Institut national polytechnique de Grenoble), le plaisir de travailler ensemble ne s’émousse pas ! Idem pour l’école hôtelière où les étudiants ESC de 2e année peuvent suivre un électif de cent heures sur les arts de table, ou encore ce partenariat avec l’ESCA*** à Casablanca qui n’est pas toujours simple sur le plan culturel mais ça fonctionne.

Quelques éléments clé pour conclure : mettre l’étudiant au cœur du dispositif, tisser des liens forts entre toutes les parties prenantes et les faire vivre, créer de la valeur.

* http://www.solardecathlon.org
** http://www.grenoble-inp.fr
*** http://www.esca.ma

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Commentaires (4)

  1. Pierre Monperrus (ESC 2001)

    A quand la fusion avec l’EM Lyon? Vivant depuis 5 ans aux Etats-Unis et travaillant avec des anciens des universites americaines, sans alliance point de salut…3 ESC en Rhone-Alpes…Unissons nos forces avant qu’il ne soit trop tard et que les « ecoles internationales » reduisent nos ESC a neant.

  2. jffiorina (Auteur de l'article)

    La fusion n’est pas à l’ordre du jour mais la volonté de collaborer plus étroitement existe réellement !

    Et ce n’est pas moi qui le dit. Patrick Molle de l’EMLyon disait à l’AEF il y a quelques mois : « En Rhône-Alpes, cela signifie que nous devrons sûrement travailler beaucoup plus avec GEM (Grenoble école de Management). Nous pouvons très bien partager des moyens et monter des choses ensemble, car nous sommes très complémentaires. »

  3. Clément Jolly

    Quid de l’idée de fusion avec l’EM Lyon aujourd’hui après l’annonce des fusions d’Euromed/BEM, ESCEM/ESC PAU et très prochainement Reims/Rouen?

  4. Audrey Bertrand

    Que pensez vous des nouvelle fusions Euromed/BEM, Reims/Rouen ? Ne craignez vous pas qu’elles puissents faire du tort à l’ESC Grenoble dans le choix des écoles ? Envisagez vous une fusion avec EM Lyon ou éventuellement ESC Toulouse ou Audencia ?

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