Le blog de Jean-François Fiorina

L’entrepreneuriat, un état d’esprit

Alors que notre école vient d’être saluée par l’hebdo le Point d’hier comme 3ème meilleure école en France en entrepreneuriat, quelques réflexions sur cet état d’esprit si particulier…

Créer sa propre entreprise n’est pas la seule forme concrète que peut prendre l’entrepreneuriat. Il recouvre de multiples réalités, du créateur d’entreprise au chef de service d’une collectivité locale, même si les objectifs divergent, c’est l’esprit d’entreprise qui prévaut. Comment se décline l’entrepreneuriat ? Comment l’accompagner ? Pourquoi n’est-il pas plus fort dans notre pays ? Quelques questions à débattre…

Une typologie variée
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Deux catégories d’entrepreneurs sont bien identifiées, le créateur d’entreprise qui démarre ex nihilo et développe son business autour de son idée et le repreneur d’entreprise qui accède à ce statut à la suite d’une transmission ou d’un redressement d’entreprise. Moins connue mais peut-être la plus nombreuse, la catégorie des « intrapreneurs » rassemble salariés chefs de service ou managers, ils doivent gérer leur activité comme des entrepreneurs. Les entreprises utilisent ces « intraentrepreneurs » pour externaliser en douceur certaines fonctions qui ne sont pas dans leur cœur de métier. D’autres comme General Electric forment un conglomérat d’une multitude d’entreprises et d’activités autonomes. Certaines font du split off pour développer leurs activités sur les marchés locaux, par exemple. Enfin, les effets de la mondialisation entraînent la délocalisation des achats, des ventes ou des approvisionnements et peuvent être pris en charge par ces intrapreneurs.
Dans les secteurs non marchands tels que l’économie sociale, les collectivités locales et même l’Etat, le parler chiffres, la logique de projets et d’efficacité ne sont plus tabous. Le manager « public » a donc aussi fait son apparition. Des textes importants règlementent maintenant l’obtention de crédits ou de subventions au sein même de la fonction publique. La Révision générale des politiques publiques (RGPP) fixe des objectifs de réduction de coût et d’efficacité !

Former à l’entrepreneuriat.

Pas de recette absolue. C’est une question d’envie, de moyens et d’intuition. Pour les entrepreneurs nés, l’école est là pour les aider à aller jusqu’au bout de leurs rêves. Chaque année, entre cinq et dix entreprises sont créées par cette catégorie d’étudiants. Pour les autres, les écoles de management doivent fournir les outils et les techniques appropriés qui leur seront utiles ou non au cours de leur carrière. Le déclic peut avoir lieu à la sortie de l’école comme dans dix ans ! Il s’agit d’un « kit prêt à l’emploi » en quelque sorte. La pédagogie que nous proposons se base sur des études de cas, des mises en situation ou des rencontres directes avec des entrepreneurs. A Grenoble, nous sommes très attachés à deux prix qui sont décernés aux étudiants qui travaillent en équipes : le grand prix de la gestion de projets en 1ère année et celui de l’innovation en 2ème année.

Plus globalement, notre ambition est de susciter des envies. Nous n’avons pas de vision idéologique de la création d’entreprise et nous ne nous considérons pas comme uniquement l’école de l’entrepreneuriat.
Au-delà de nos murs, nous considérons que nous avons un rôle à jouer dans la multitude des structures destinées à aider les entrepreneurs. Celui d’être un point de repère pour aider les porteurs de projets locaux. On pourrait imaginer que chaque créateur puisse bénéficier de l’aide d’un étudiant d’une école de management comme coach et de cours de marketing.

Une image en demi-teinte dans notre pays.

Tantôt considéré comme un aventurier seulement motivé par l’appât du gain, tantôt comme un bricoleur « homme à tout faire », le créateur renvoie une image controversée, au statut flou. A la fin des années 1990, les start-up de la fameuse bulle internet ont marqué les esprits négativement par leurs dépenses publicitaires effrénées et leur levée de fonds surréalistes. Avant de disparaître aussitôt ! En ajoutant le manque de formation des enseignants des écoles et du collège à l’économie et à la vie des entreprises, la perception de l’entrepreneur reste équivoque. Ces effets négatifs alliés à la réelle précarité des créateurs ont éloigné les jeunes générations* de la création d’entreprise plus attirés par la sécurité du salariat et de la fonction publique. L’accompagnement des créateurs est donc essentiel. Les aides dont ils peuvent bénéficier devraient être constantes sur les cinq premières années. L’essor de l’auto entrepreneuriat ** semble une réponse possible comme revenu complémentaire et une manière de tester son projet. Il n’en reste pas moins que créer comporte d’importants risques et pas mal de contraintes comme la gestion de la paperasse !
Notre objectif est, peut-être, de faire des créateurs des aventuriers mais certainement pas des marginaux, et pour ceux qui ne le savait pas qu’ils le découvrent dans de bonnes conditions !

*4,7% d’entrepreneurs en France par rapport à la population, 6% en Allemagne, 9% au Canada, 11% eux Etats-Unis (Données OCDE, 2009).
**200 000 auto-entrepreneurs se sont déclarés en France au 1er septembre 2009 (neuf mois après l’entrée en vigueur du dispositif). Il est encore trop tôt pour faire un bilan complet mais seulement 43 % de ces créateurs génèrent un chiffre d’affaires mensuel supérieur à 1400 €/mois (ministère de l’Economie. 2009).

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Commentaire (1)

  1. PARADIS Catherine

    Bravo ! enfin quelques MOTS qui donnent tout simplement ENVIE!
    Comment dire……… DYNAMIQUE POSITIVE ????

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