Le blog de Jean-François Fiorina

Bientôt la fin de saison pour les classements…

De novembre à mars, la vie des grandes écoles de management est rythmée par les parutions des classements. Plus de dix médias hexagonaux concoctent, chaque année, des questionnaires impressionnants auxquels les ESC répondent consciencieusement. Sans
compter l’international qui regorge de classements en tout genre… Bref, un travail colossal et très attendu. Mais  n’est-on pas en train d’en multiplier le nombre au-delà du raisonnable ?  Comment les faire évoluer et apprendre à les lire ?

Classements et accréditations rassurent les étudiants et les parents. C’est un fait.
Comme photographie à un instant T de la vie d’un établissement et des efforts réalisés, ils ont conquis leur légitimé au fil du temps. Et sont partie prenante du business model des ESC. Mais pourquoi un si grand intérêt pour les écoles de commerce ? Est-ce parce qu’elles sont plus habituées que d’autres à être évaluées ? Sont-elles plus disciplinées ? On aimerait partager cet honneur avec plus d’écoles d’ingénieurs et d’universités ! Ce qui limiterait le risque de surenchère entre écoles et le surplus de travail qu’ils génèrent.

Evoluer vers plus de qualitatif. Sauf accident, les classements varient assez peu, à deux ou trois places près, chaque année. Leur méthodologie traduit des rapports de force plutôt quantitatifs (budget, nombre de professeurs permanents, etc). Et les « poids lourds » resteront immanquablement devant. Un phénomène qui fige les positions et peut lasser les écoles les moins bien classées même si leurs efforts de développement sont patents. Pour palier cette distorsion, la création de classements thématiques, qualitatifs, par catégories ou par groupes est une idée qui se développe. Un peu comme le Tour de France décerne ses maillots ! Avec un risque, cependant, la dispersion. Un bon dosage quanti/quali est donc gage de pérennité de ces modes d’évaluation. Il est également bon de rappeler que les écoles de commerce classées font toutes partie de la Conférence des grandes écoles, le plus haut niveau de reconnaissance en France. Il n’y a donc pas de mauvaises écoles dans ces classements.

L’année dernière, je titrais mon article « Classeurs/classés : même
combat ? »
. Oui. Parce que seul un travail de qualité réalisé en collaboration entre classeurs et classés permettra une progression des deux parties. Les classeurs ont affiné leur méthodologie et la rigueur de leurs analyses, les classés élaboré des bases de données d’information de plus en plus pertinentes. Le pire serait un scénario bloqué : des écoles qui fixent leur stratégie en fonction de l’évolution des classements et des classeurs qui développent des stratégies sans lien avec les classés…

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Commentaire (1)

  1. nicolas

    mais au fond les écoles ne sont elles pas aussi responsables de cette situation ? tout le monde sait qu’un certain nombre de « classements » n’en sont pas, réalisés par des medias qui n’ont meme pas un journaliste spécialisé en formation. Sans rentrer dans le detail de ce que tous les directeurs d’écoles savent, pourquoi les écoles continuent elles a répondre ? il suffirait que 2 ou 3 écoles majeures refusent de répondre a certains classements et ceux ci disparaitraient. cela étant l’on constate que comme pour l’impot, trop de classements tuent le classement.Désormais (comme dans d’autres domaines) les anglos saxons ont pris l’avantage. C’est désormais le classement du FT qui domine, les classements franco-francais se partageant les miettes (ce qui vu la « qualité » du travail réalisé par certains n’est pas plus mal…). Rapellons juste que le classement du FT c’est une équipe de 30 personnes..combien au Figaro, au Point ou a l’étudiant ?

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