Le blog de Jean-François Fiorina

L’énergie intellectuelle, énergie de demain… ?

Comment, dans le futur, serons-nous amenés à produire, consommer, gérer et… économiser l’énergie ? Une question essentielle à laquelle une approche uniquement technique ou comptable ne peut plus répondre. Former de nouveaux professionnels, imaginer des modèles économiques et sociétaux innovants dans le domaine de l’énergie : tels sont les objectifs du Mastère Spécialisé Management et Marketing de l’énergie que nous avons créé avec Grenoble INP. Pourquoi ?

Les enjeux sont planétaires et les échéances inéluctables. On ne reviendra pas en arrière. Au-delà de la question sociétale, les entreprises sont en demande de nouveaux profils : entrepreneurs, experts capables de gérer au mieux achat et consommation d’énergie mais également d’imaginer de nouveaux services et de nouveaux modèles économiques dans ce secteur en pleine mutation (dérèglementation européenne, privatisation, épuisement/mutation des ressources…).

Cette demande recouvre une grande diversité d’entreprises, du secteur de l’énergie aux grands groupes industriels très consommateurs d’énergie comme Rio Tinto en passant par les collectivités locales ou l’Etat. Moins connues mais acteurs d’avenir, les TPE/PME ont toutes leur place dans ce nouveau paysage par la création de technos innovantes, de logiciels, de nouveaux concepts tels comme les smart grids (réseaux intelligents de distribution d’énergie). La révolution énergétique s’applique ainsi à la gestion de la consommation de votre appartement comme à l’infiniment petit. D’ailleurs, l’enjeu actuel en matière de fabrication de puces électroniques n’est-il pas la course à la limitation de leur consommation d’énergie plutôt qu’à celle de leur miniaturisation ? Ces nouveaux professionnels ont pour objectif d’acheter-sécuriser-gérer les approvisionnements et de réfléchir aux nouvelles formes d’énergies renouvelables. Dans le premier cas, les dimensions internationale et géopolitique s’imposent dans un contexte de négociation difficile. Et les turbulences internationales entraînent des conséquences importantes sur les marchés locaux (uranium avec AREVA au Niger, pétrole birman avec TOTAL, gaz russe avec GDF, etc). Dans le deuxième, il est encore impossible d’imaginer l’ampleur des mutations à venir. En témoigne, l’évolution de la Silicon Valley, passée de la high tech numérique aux green techs à coups de milliards de dollars ! Les nouveaux modèles sont au pouvoir intégrant anciennes et nouvelles énergies, génie logiciel et modèles économiques innovants. C’est une énergie intellectuelle au service de l’énergie de demain qui se construit sous nos yeux !

Collaboration transversale.
Grenoble a réussi à croiser les compétences de la recherche- enseignement avec celles de l’Industrie depuis plus d’un siècle, en démarrant par… l’énergie (la houille blanche). Ce Mastère Spécialisé s’inscrit dans cette dynamique historique puisqu’elle associe deux grandes écoles grenobloises l’ENSE3 (Grenoble INP) et l’ESC, le pôle de compétitivité TENNERDIS (Technologies Energies Nouvelles Rhône-Alpes), le LEPII-EPE (Université Mendès-France), laboratoire de recherche reconnu en la matière et un réseau d’entreprises de référence (Schneider Electric, EDF, Photowatt…). Cette formation s’insère tout naturellement dans le campus d’innovation grenoblois GIANT, dont les deux écoles sont membres fondateurs..

Je profite enfin de cette tribune pour annoncer la 2ème édition du festival de géopolitique qui se tiendra à Grenoble Ecole de Management les 28, 29 et 30 mai prochains. L’énergie sera l’un des thèmes abordés lors de cette rencontre dont la thématique 2010 « Vive la France quand même », propose d’identifier la place de la France dans la mondialisation et ses réels atouts !

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