Le blog de Jean-François Fiorina

Sport et enseignement supérieur…

Passionné de sport et grand lecteur de l’Equipe, je souhaite aborder cette thématique dans mon blog qui traite plus volontiers de sujets académiques et d’actualité. Quelle place le sport doit-il occuper dans le cursus d’un étudiant ? Quels apports sur le plan pédagogique ? A l’heure où se jouent les phases finales des coupes sportives étudiantes et que vient de se terminer notre challenge Altigliss, je vous propose mes réponses.

Tenir toute sa place.
Le sport doit tenir toute sa place sans devenir un dogme ou une obligation. Il s’agit pour nous écoles d’offrir la possibilité au sportif de haut niveau ou au simple pratiquant de poursuivre son activité, au débutant de s’y mettre dans de bonnes conditions. L’enseignement supérieur doit offrir un cadre aux étudiants aussi bien pour les sports que pour les arts (chant, musique…). Porter la passion de ces jeunes m’enthousiasme, les voir traverser la vie sans cette étincelle dans les yeux m’attriste. Et puis, ce sont des temps de respiration, sportifs ou non, essentiels comme autant de soupapes de sécurité et de créativité.

Outil pédagogique.
Comme je l’expliquais récemment dans les cahiers de l’Institut Sport et Management, « Le match est une autre forme de pédagogie : il peut s’avérer aussi efficace qu’un cours ». C’est pourquoi nous réfléchissons à un module « sport et management » où le leadership, la gestion des égos, l’organisation tiendraient une place importante. Il s’agit d’imaginer une ingénierie pédagogique capable de décrypter les moteurs de la pratique et de la réussite sportives pour les théoriser et les adapter à d’autres secteurs. Imaginons l’étude de cas d’une phase finale de coupe du monde ou celle des méthodes d’un entraîneur réputé. Elle pourrait servir de support à un cours de management mais également à un cours d’éthique et de responsabilité.

Talents et débouchés.
De nombreux sportifs de haut niveau ont la capacité de devenir de bons pédagogues, au-delà des conférences qu’ils peuvent donner quelquefois transformés en gourous. Notre rôle est de leur permettre de transformer leur expérience en compétences. Comment capitaliser ces précieux  acquis? Afin d’apprendre au plus grand nombre à réussir mais également à surmonter un échec pour revenir à l’excellence. Je m’y réfère souvent dans ma vie professionnelle pour sortir d’une passe difficile. Comment ont-ils réussi à surmonter de telles difficultés ?

Autre intérêt de s’intéresser au sport dans l’enseignement supérieur : il offre de réels débouchés, de l’industrie au marketing en passant par les médias. Il ne faut l’oublier. Quand on sait que les droits de retransmission audiovisuelle des matchs de la Ligue de 1 de foot en France dépassent les 600 millions d’euros… les enjeux méritent le détour pour le meilleur et pour le pire de ce jeu…

La géopolitique du sport.
Vous le savez, je suis fan de géopolitique. Appliquée à ce sport mondialisé par excellence, qu’est devenu le football, elle recèle de nombreuses facettes, plus qu’il n’y paraît. C’est une langue que tout le monde parle, qui permet aux peuples et aux nations de se faire une guerre sans victimes, c’est déjà ça ! Les rituels France/Allemagne, ou les plus diplomatiques Corée du Nord/Corée, Turquie/Arménie remettent en scène l’histoire pour célébrer une paix retrouvée ou explorer les pistes de nouveaux compromis. « Un empire maintient sa domination que parce qu’elle est acceptée voire souhaitée » explique Pascal Boniface dans Football et mondialisation (2010). L’empire du foot – et du sport en général – est bien un élément de réflexion exemplaire pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

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Commentaire (1)

  1. lemonsu

    cher monsieur,
    je crois en la nécessité de créer des filières « sport et management ». De nombreuses passerelles existent entre les deux mondes.
    Cependant, j’apporterai une nuance à votre raisonnement.
    Je suis, comme de nombreux salariés, sportif et pratiquant très régulier. J’utilise les références sportives (management, symboliques de l’échec et de la victoire, régles communes, organisation collective au service d’un même but, rôle de l’individu dans cette organisation, thématique de l’effort et de la remise en question, etc…) dans mon travail de responsable.
    Et je ne pense pas que les seuls sportifs de haut niveau aient acquis cette expérience, cette pédagogie, cette capacité à rebondir. Le sportif amateur (parfois parceque son sport n’est pas médiatisé, parfois par choix de vie) assidu qui doit conjuguer pratique intensive et vie professionnelle connait des contraintes assimilables à celles d’un sportif d’élite. Il doit surmonter des difficultés parfois plus intenses (fatigues diverses, incidents de vie…) qui le stressent ou perturbent fortement sa pratique. La capacité d’adaptabilité de l’individu n’en est pas moindre. Ses victoires, ses réussites ( et nous devons alors débattre de ce que nous entendons être une performance, surtout dans le cadre du management, car, à mon humble avis, il n’y a pas de petites réussites) sont aussi importantes que celles du sportif de haut niveau même si elles n’ont pas la même portée.
    Les mécanismes, les ressorts et les performances sont à mon sens identiques.
    Aussi, faudrait-il ouvrir les formations que vous évoquez, tant dans leur développement et leur conception que dans la constitution des futures classes aux sportifs quels qu’ils soient.

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