Le blog de Jean-François Fiorina

Enseigner demain (2). L’intelligence économique.

Je fais suite à mon précédent billet sur les nouvelles manières d’enseigner avec une première application : l’intelligence économique (IS). De quoi s’agit-il ? D’abord beaucoup de bon sens lié à la question de la propriété intellectuelle et vu les commentaires suscités par le billet sur le plagiat, c’est un sujet sensible !

Comment l’enseigner ?
L’intelligence économique interpelle quand l’expérience arrive. Il faut avoir vécu les règles de sécurité dans une grande entreprise, appréhendés les coûts exorbitants de recherche – un médicament coûte quelque 800 millions d’euros – pour en saisir toute la dimension. Difficile pour un jeune baigné dans la culture de la gratuité et du téléchargement de se rendre compte de son importance pendant son cursus étudiant.

D’autant que les pratiques que nous avons sous les yeux avec des affaires telles que Renault, prêtes à sourire tant l’ambiance James Bond et barbouzes prévaut sur le fond. Nos étudiants nous demandent à quoi bon suivre des cours d’éthique… Ils ont également du mal à intégrer le fait que l’ami d’aujourd’hui sera peut-être l’ennemi de demain, du fait de la mondialisation de la salle de classe.

Autre limite, l’intelligence économique offre peu de perspectives « métier » clairement identifiées pour les étudiants hormis dans de grandes structures. Ce sont souvent des fonctions rattachées à la DG et occupées par des seniors de haut niveau. Quant aux PME, elles ne disposent pas de cellule IS bien que susceptibles d’être victimes de piratage. Ce risque y est géré avec une certaine naïveté, l’intelligence économique étant souvent considérée comme un coût et une perte de temps.

Ne pas baisser la garde.
Malgré ces limites, je considère l’intelligence économique comme un élément de culture générale indispensable. L’intégrer au niveau licence dans les cursus supérieurs comme le prévoit le ministère dès la rentrée 2013 est une bonne nouvelle. Mais d’une mise en œuvre délicate.

La pédagogie « à balles réelles », par l’exemple, me semble la plus judicieuse bien que nous ne disposions pas d’un nombre suffisant d’études de cas. J’exclue, ici, les grandes affaires médiatiques (Renault, Sony ou Safran).

Je crois aussi aux dimensions géopolitiques et géostratégiques de l’intelligence économique. Tout chef d’entreprise devrait avoir une idée précise de la manière dont la Chine – et plus globalement l’ensemble des pays émergents – impactent son activité. L’objectif est de mettre en place la bonne stratégie et de bien gérer son information. Préparer nos étudiants à ces missions relève de notre compétence, en gardant à l’esprit toute la complexité de la mise en œuvre de l’IS, compte tenu de la diversité de son périmètre d’application dans l’entreprise (R&D, exploitation, etc), et du secteur d’activité (industrie, services…).

Nous avons commencé ce chantier mais il faut aller plus loin. J’ai dans l’idée de confier à notre « Junior Entreprise » des missions dans le domaine de l’intelligence économique. Et de poursuivre le développement de partenariats avec des écoles comme l’EISTI – Ecole Internationale des Systèmes du Traitement de l’Information avec laquelle nous avons construit un double-diplôme dans ce domaine (Co-accréditation d’un Mastère Spécialisé Informatique Décisionnelle de Grenoble).

Rappel d’actualité.
Le temps des concours arrive… Une période de stress où les parents sont encore plus angoissés que leurs enfants. Bon courage et bonne chance ! Donnez-nous envie de vous lire. Soyez clairs, synthétiques, écrivez lisiblement, construisez un plan et annoncez-le. Il s’agit d’un ensemble de points pratiques qui donneront un « plus » à votre copie. Pour les meilleurs d’entre vous, rendez-vous en juin pour les oraux à l’ESC Grenoble. Je reviendrai sur quelques conseils pour bien les préparer dans un prochain billet. Restez connectés !

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Commentaires (6)

  1. ysquierdo hombrecher

    Bonjour,

    J’enseigne l’intelligence économique depuis 9 ans l’université et au CESI de Pau. Je partage votre analyse sur un point: l’enseignement est très utile pour donner aux étudiants un culture élargie pas générale de ce qu’est le monde aujourd’hui avec ses nouvelles menaces protéiformes et ses enjeux. Une approche géopolitique est autant nécessaire qu’impérative si l’on veut que l’étudiant comprenne ce qui attend sa place dans une entreprise soumise aux aléas de l’absence de règles ou du flou autour d’accords, instituions politico-économiques…la concurrence partenariat et la place de l’homme au sein de l’entreprise qui doit être au centre du partage de l’information.. J’ai ma méthode et je tire très souvent à balles réelles car je m’appuie sur une grande expériences à la fois culturelle, humaine, celle du terrain et ensuite scientifique de par ma formation élargie depuis la philologie jusqu’à la sécurité en passant par la défense et le renseignement. L’IE ne s’:improvise pas et tout professeur d’économique ou d’ingénierie n’est pas automatiquement apte à à enseigner ce savoir être plus qu’un savoir faire. pour plus d’informations prenez contact avec mon entité VEILLESU infra.
    Cordialement


    Dr. J. Ysquierdo Hombrecher
    Auditrice à l’INHES,session nationale

    Directrice de VEILLESUD
    Chargée de cours à l’université de Pau et CESI Pau

    Mob.: 00 33 6 86 40 28 35
    Email: jysq@free.fr
    site: http://veillesud.veillefrance.com/
    Tél. / Fax: 00 33 9 54 84 98 40

  2. Philippe Accard

    Comment diffuser une note d’un blog sans contenu via un site consulté par des professionnels ? Economie de moyens et peu d’intelligence : on y apprend pas du tout « comment enseigner l’intelligence économique » et on doute que l’auteur du billet (glissé à Educpros?) soit un professionnel de la profession. Renforcement de la vacuité des formations en Management, venant surtout d’une école qui a une certaine visibilité – acquise ainsi, on doute de la pédagogie de l’établissement, en se donnant pour exemplaire d’utiliser les réseaux sociaux, les blogs, pour informer sur rien mais faire passer le message : je suis (= fonction) de l’établissement (= école de…) et je sais comment il faut enseigner (= nouvelles manière d’enseigner). Demain, SVP, pensez-y… si vous enseigner devant des étudiants d’une classe.

  3. jffiorina (Auteur de l'article)

    @ Philippe Accard : Cet article n’a pas pour objectif de faire un cours d’intelligence économique mais bien de fixer les difficultés et limites de la formation à l’intelligence économique surtout auprès de jeunes adultes… Puis de donner, quelques idées et quelques clés pour susciter l’intérêt, sans tomber sous le feu de cas imposés par l’agenda médiatique…

  4. ysquierdo hombrecher

    @ Philippe Accard

    C’est bien ce que nous avions entendu Mr Fiorina et cela était parfaitement clarifié dans la langue de Voltaire. Vous avaez lancé des pistes..Je ne comprends pas ce que Mr Accard tente de diffuser . Je doute qu’il soit lui même « pédagogue »…

  5. J. TRIQUELL

    Bonjour,
    « pédagogie par l’exemple », approche multidisciplinaire pour une vision globale, stratégies défensives et offensives de protection de l’entreprise.
    Le doute fait progresser.
    Bien à vous

  6. jffiorina (Auteur de l'article)

    Merci pour votre commentaire. Je pense que nous manquons singulièrement de bonnes études de cas dans le domaine de l’intelligence économique. Il ne faudrait pas que la vitesse d’écriture du « vice » soit supérieure à celle du temps de rédaction du cas ! Le mode de traitement médiatique, par exemple, des affaires industrielles donne trop de champ à la forme et peu au fond, aux stratégies à l’échelle mondiale. Cordialement.

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