Le blog de Jean-François Fiorina

Monsieur le ministre, parlons apprentissage !

Remplacer Valérie Pécresse par Laurent Wauquiez à un an de la présidentielle, voilà beau pari tant la première a réussi à faire entrer la réforme dans les universités – sans grève massive chez les étudiants pendant deux ans. Bien d’autres y ont perdu leur crédit et leur ministère. Ce que je retiens de l’arrivée de Laurent Wauquiez ? Sa défense de l’apprentissage comme véritable formation professionnelle ET théorique. Ce que j’en pense en quelques lignes, en souhaitant, bien sûr, la bienvenue au nouvel arrivé !

Une formule qui plaît.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec plus de 300 contrats d’apprentissage, de professionnalisation ou d’alternance en cours dans notre établissement, étudiants et entreprises plébiscitent ces formules. A tel point que je refuse actuellement de nombreuses demandes de part et d’autre, faute de financements.

Pour les étudiants, au-delà du simple intérêt financier, c’est l’apport significatif d’expérience, le fait de se mettre en danger et de tester son projet professionnel qui motive. Comparativement le stage devient désuet au vu des responsabilités assurées et de la montée en puissance qu’offre l’apprentissage. Et surtout n’oublions pas que dans 70% des cas, il débouche sur un emploi dans l’entreprise initiale ou dans une autre.

C’est également une manière pour les étudiants de prendre le large par rapport à l’école sans couper totalement le lien comme c’est le cas lors d’une année de césure.

Les entreprises y voient une manière de recruter des profils à fort potentiel et de les tester « grandeur nature » avant qu’ils ne deviennent leurs futurs cadres.

Une formule qui a aussi ses limites.

De la grande entreprise qui peut manquer de précision dans les contours de la mission, à la petite structure qui attend quelquefois l’apprenti comme le messie, les risques de vivre un positionnement délicat existent malgré tout.

Facteur clé de réussite, c’est bien la définition de la mission qui doit faire l’objet d’une véritable préparation. Elle doit être précise et correspondre à un vrai poste. Exit les missions « variables d’ajustement » ou le remplacement de congés longue durée… Autre point, pas d’apprentissage de qualité sans accompagnement, par l’employeur et l’école.

J’observe aussi que ce parcours est de plus en plus exigeant. Pas facile de couper le lien avec l’entreprise de retour à l’école. Et le bureau mobile ne facilite pas les choses ! Le cumul des contraintes professionnelles et académiques entraîne des surchauffes. Les étudiants vivent une expérience schizophrène, il faut en être conscient et rester vigilant sur ce point.

Dernier problème et de taille ! Le financement. Les budgets alloués par la puissance publique ne permettent pas de satisfaire la demande des étudiants et des employeurs. Quel paradoxe quand on connaît les résultats en terme d’emploi !

Alors, monsieur le ministre, engageons le débat ?

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