Le blog de Jean-François Fiorina

Diversité ? Oui mais deux coups de gueule quand même !

Sciences Po Paris qui fête le dixième anniversaire de son dispositif « diversité » (les Conventions éducation prioritaire), le « Davos de la diversité » qui se tient à Corte jusqu’à demain, la publication régulière de baromètres de la discrimination : l’actualité montre que la thématique mobilise les esprits. C’est tant mieux. Il y a presque deux ans, je l’abordais dans ce blog. Aujourd’hui, j’ai souhaité réaffirmer mes convictions tout en relevant les limites de l’exercice.

Une nécessité.
Diversité et méritocratie doivent se conjuguer intimement, c’est le bon mélange. Nous parlons plus volontiers à l’ESC Grenoble, d’ascension sociale liée à l’effort que d’ascenseur social « automatique ». La diversité est une nécessité car les entreprises nous le demandent, au-delà des approches réglementaires qui l’imposent ou plus théoriques qui expliquent que la confrontation des idées créée nécessairement de l’innovation et de la valeur ajoutée.

Les entreprises ne souhaitent pas que les étudiants sortent tous d’un « moule universel ». Leurs demandes sont de trois ordres : double compétence que nous développons, par exemple, avec les doubles-diplômes Universités de Grenoble/ESC Grenoble, diversité sociale et réponse aux exigences légales concernant le handicap, par exemple, qui met les DRH sous pression.

Les choses évoluent dans le bon sens mais nous manquons d’indicateurs simples et pratiques pour évaluer, tant dans les écoles que dans les entreprises, l’efficacité et la visibilité de nos actions. Une solution serait de mieux valoriser les responsables diversité dans les entreprises.

S’ouvrir à la diversité est donc, à la fois, une nécessité et une obligation. Nous la développons, certes, mais dans la mesure où sa crédibilité, par une sélection adaptée, offre à chacun, dans les classes, la possibilité de soutenir le regard de l’autre.

Deux coups de gueule !
C’est la grande pagaille, paradoxalement, le trop plein d’actions non coordonnées, superposées, concurrentes ou même « cannibalisantes », freinent le développement d’une ouverture sereine à la diversité. Côté grand public, comment s’y retrouver ? Le système manque de lisibilité et de visibilité y compris pour les bénéficiaires ! Chacun tente d’attirer les candidatures à coups de bourses, d’aides à la création d’entreprises en zones franches… Je vais moi-même exposer nos dispositifs dans les lycées, en voyant bien que je suis le énième à venir en parler ! Il y a une véritable urgence à disposer d’indicateurs susceptibles d’évaluer et d’organiser l’ensemble de ces dispositifs sur le plan qualitatif et financier.

Les finances.
Parlons-en ! Cette année notre école ne reconduit pas l’une de ses actions diversité, « FACE à l’avenir », en direction des lycéens. Notre partenaire qui a, certes, déjà beaucoup donné se désengage. Le financement de la 1ère année en ESC est, dans ce cas de figure, très délicat. Il devient de plus difficile de trouver des formules pour passer ce cap. Dommage, car « FACE à l’avenir » a permis l’accès à une école de commerce française à 100 % des étudiants qui ont suivi cet accompagnement et passé le concours (20 en tout).

Nous reparlerons de ces sujets passionnants lors de notre colloque diversité le 4 octobre prochain à l’ESC Grenoble, en présence de Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances. Partenaires de l’opération : l’association Passerelle et l’association française des managers de la diversité (AFMD).

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