Le blog de Jean-François Fiorina

Tablettes or not tablettes ?


Alors que Steve Jobs vient de s’éteindre, et avec lui l’un des plus grands visionnaires de notre époque, je souhaite revenir sur l’innovation que pourrait être la tablette dans un cadre pédagogique.

Au-delà de l’Opération « Tablettes à un euro par jour » pour les étudiants de Laurent Wauquiez, quelles sont vraies questions éducatives à se poser ?

Comment seront-elles utiles ?
Dans le cadre de notre « laboratoire d’innovations pédagogiques », nous avons testé l’iPad sur un panel de 40 étudiants l’an passé et allons continuer à le faire cette année. Même s’il encore trop tôt pour conclure définitivement, voici quelques enseignements. Très efficace pour s’informer, se documenter, interagir ou prendre des notes, l’iPad n’offre cependant pas la possibilité de stocker des informations ou des documents de manière simple. Cette fonctionnalité manquante pose un réel problème puisqu’elle oblige à considérer la tablette comme le complément d’un PC. Et même s’il est plus agréable, pour un professeur, de discuter avec une assistance armée de tablettes plutôt qu’à une forêt de PC, cette multiplication des objets, en y ajoutant le téléphone mobile et le e-book, ne milite pas pour une utilisation systématique. Trop d’outils tuent les outils !

Ce problème ne se pose pas avec la même acuité pour les cadres dirigeants dont l’usage des tablettes s’accorde mieux avec la fonction management qui nécessite de se tenir informer en tel réel, de communiquer et de coordonner. Donc « mention passable » pour les tablettes pour trois raisons :

• leur usage doit être encore expérimenté et optimisé auprès des publics étudiants,
• leurs fonctionnalités améliorées et standardisées par plus de convergence avec le PC dans un seul objectif : rendre un service simplifié et global à l’utilisateur, en évitant la guerre des standards ! Nous avons la conviction à l’Ecole que les modèles hybrides tireront leur épingle du jeu.
• leur prix, gageons que les progrès de la technologie et leur démocratisation les rendront plus accessibles.

Si je vois des limites à sa généralisation dans l’enseignement supérieur, je ne dirais pas la même chose pour les classes primaires et secondaires où l’intelligence numérique des plus jeunes générations serait aiguisée par le côté ludique, graphique et ergonomique de la tablette. Quelle belle entrée dans le monde du numérique qu’une prise en main collective de cet objet autour, par exemple, d’une histoire ou d’un jeu interactif. D’autant que le primaire et le secondaire accumulent des retards dans ces formes d’apprentissage numérique tandis que le supérieur prend plutôt de l’avance.

Une rupture.
C’est certain, au fil du temps, le métier d’enseignant et d’étudiant va muter pour s’adapter à ces nouvelles technos. Pour le professeur, terminé le cours linéaire et « rationnel », vive la scénarisation et l’animation pédagogiques ! Une petite révolution est en cours. Exigeante tant pour les profs que pour leurs étudiants. Ces derniers devront se concentrer encore plus sérieusement sur les fondamentaux que sont la lecture, la culture générale ou l’esprit critique pour ne pas rester à la surface des choses ou se noyer dans les flux d’informations. Profs et étudiants deviendront les véritables acteurs de leur cours. J’imagine réaliser en direct mes cartes de géopolitique dans ces nouvelles salles de cours « intelligentes ».

Le mouvement est lancé !
Pour moi qui aime aussi flâner dans les librairies, peut-être que mes enfants et petits-enfants ne reproduiront plus ces comportements submergés par une nouvelle « mère » numérique dans laquelle ils seront nés.

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Commentaires (2)

  1. marc chayer

    On parle ici d’un produit apple en effet peu adapté à un contenu pédagogique. Peut-être devriez – vous vous orienter sur de l’androïd ou du dual boot.

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  2. Pingback: Tablettes à l'école | Pearltrees

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