Le blog de Jean-François Fiorina

L’enjeu des compétences métier

Facteur clé d’une embauche, les compétences métier s’affirment de plus en plus comme LE complément du diplôme. Une mutation dont les conséquences sur les étudiants et les établissements de l’enseignement supérieur doivent être anticipées. Mon point de vue sur ce thème débattu lors du dernier congrès de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), les 6 et 7 octobre à Lyon.

Opérationnel.
C’est la principale qualité que demandent les employeurs aux jeunes diplômés. Pour quelles raisons ? Les entreprises ont d’abord besoin de se rassurer : embaucher un titulaire du TOEIC en anglais ou du certificat Microsoft Excel garantit une compétence pratique et immédiate. Elles ont également besoin de trouver le facteur différenciant du « bon candidat ». Imaginons trois futurs acheteurs en lice pour le même poste, tous issus de filières similaires. La distinction s’opérera sur les capacités réelles et prouvées du candidat, sur ses aptitudes à les mettre en œuvre.

C’est ici qu’intervient le cursus « hors salle de classe » qui valorise les savoir faire et les compétences. L’importance du bon stage, de responsabilités assumées dans le monde associatif, d’une alternance ou de projets ciblés sont autant de marqueurs de différence et de cohérence que remarque le futur employeur.

Avec le numérique, le savoir devient accessible à tous pour peu qu’une certaine curiosité vous anime. C’est le « comprendre » et les savoir faire qui font les compétences d’un individu et marque sa différence par rapport aux autres.

Cette évolution est confirmée par les organismes de certification des écoles (AACSB : RNCP …)
En tant que grande école, il nous est demandé d’orienter nos réflexions en prenant en compte les compétences. Un élément prédominant, certes, mais attention à ne pas tout jeter aux orties !

Quelles conséquences pour nos établissements ?
Elles sont nombreuses et modifient structurellement nos manières d’enseigner bien que je sois convaincu du point suivant : le diplôme restera un élément cardinal validant un niveau et un potentiel. Les certificats de compétence (une ou deux) l’accompagneront sans le dénaturer.

Mais le manque d’ingénierie de certification est patent.
C’est ici que le bât blesse. Il nous manque une vraie méthodologie. Si la normalisation existe bel et bien dans certaines matières (TOEIC pour l’anglais), les spécialisations sont orphelines. Des organismes transversaux comme la conférence des grandes écoles pourraient nous aider à construire méthodes et référentiels.

Elèves des écoles de management, vétérinaires ou d’ingénieurs, tous ont, par exemple, un tropisme vers l’international. Une certification dans ce domaine me parait essentielle. Elle doit être le fruit d’une collaboration plus étroite entre nos établissements.

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