Le blog de Jean-François Fiorina

Et pourquoi pas un G20 Education ?

Rêvons un peu.
A l’heure où le sort de l’économie mondiale se joue peut-être à Cannes, et que des décisions lourdes seront prises, pourquoi ne pas imaginer un G20 de l’éducation supérieure ? De l’e-G8 consacré à l’internet, à celui des entreprises (Business 20 du Medef), aux jeunes entrepreneurs G20 YES (Young Entrepreneur Summit) ou aux syndicats (L20 Labour), n’est-ce pas le moment de lancer le E20, World Higher Education Summit ? Les études (OCDE) ne cessent de le démontrer, plus une population est éduquée plus son économie est prospère et dynamique. Alors pourquoi ne pas se servir de ce levier pour accompagner les mutations actuelles ?

Le E20 Higher Education.
Ce moment particulier, comme son grand frère de l’économie, permettrait de débattre des grands enjeux de l’enseignement supérieur à l’échelle mondiale : démographie, financement, contenus des enseignements. Mais également d’imaginer le paysage éducatif mondial de demain alors que de nombreux de pays se sont engagés dans des réformes aux succès variables. Je pense à la Grande-Bretagne, au Chili, à la France… signe de l’importance de l’enjeu.

Quelles en seraient ses commissions ?
• Régulation : j’imagine la définition de standards communs de diplômes, de recrutements, de cours, d’évaluations, de statuts professoraux, de ce qu’est une grande école ou une université… Il ne s’agirait pas de se substituer aux normes existantes comme celles qui s’appliquent aux business schools (accréditations) mais d’en créer d’autres dans des disciplines où le manque se ferait sentir.
• Contenus : j’imagine – avec une certaine naïveté – que des éléments communs de formation favoriseraient des bases communes de discussion !
• Aide et assistance vis-à-vis des émergents et des pays tiers : nous sommes, certes en concurrence, en témoignent les politiques agressives vis- à-vis de l’Europe que mènent les universités asiatiques mais certains pays attendent une aide en matière d’enseignement supérieur.

L’E20 serait donc un espace de dialogue et de collaboration, d’échanges de bonnes pratiques, dénué d’enjeux commerciaux, libéré – un instant ! – des contraintes concurrentielles et de business. Nous pourrions imaginer le monde de la connaissance de demain et faire circuler, encore et toujours, le message que la croissance du monde passera par celle de l’éducation.

Porteurs de messages.
Notre rôle d’éducateurs nous confère une mission essentielle : expliquer concrètement aux jeunes générations le monde d’aujourd’hui et ses conséquences pour demain. Cette responsabilité s’applique naturellement aux suites des grandes « messes » de la politique internationale telles que les G20. Quelles informations devrons-nous diffuser à nos étudiants à la suite de ce sommet, quelles valeurs communes allons-nous partager ? Comment faire adhérer les plus jeunes générations, au-delà des discours politiques souvent triomphalistes ou réducteurs ? Que doit-on en retirer ? Ce serait, pourquoi pas, les thématiques d’un premier E20.

L’idée n’est peut-être qu’un rêve que la multiplication des G20 thématiques balaiera. Mais j’y crois !
Reste à trouver la forme, la manière de se préparer en amont, avec les acteurs impliqués et les étudiants, tout en évitant que ce lieu ne devienne prétexte à affrontements. Je le vois comme un espace de discussion apaisé. Un rêve, vous ai-je dit ?

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