Le blog de Jean-François Fiorina

BDE : comment gérer la fête et… l’alcool ?

Plusieurs événements d’envergure viennent de se terminer avec succès à l’école (Festival de géopolitique, lancement de la chaire Information et Convergences numériques…). Cela me donne l’occasion de recentrer mon discours sur la vie interne de l’établissement. La 3ème semaine de mars voit traditionnellement se terminer l’élection du Bureau des élèves avec son corolaire, la question de des fêtes étudiantes et de l’alcool…

Comme directeur de l’école, je dois assurer le bon déroulement de cette élection, sa régularité et faire passer un certain nombre de messages d’ordres juridique et pédagogique. Ce qui n’est pas toujours simple. La fête ne doit pas empiéter sur les cours. Elle doit également se dérouler dans de bonnes conditions en limitant ses excès. Véritable ciment de la vie sociale de l’école, le BDE est, pour moi, comme pour le reste des étudiants, un interlocuteur important avec lequel de bonnes relations sont essentielles pour favoriser le bon fonctionnement de l’établissement.

Fête = alcool. Cette équation majoritairement partagée par les étudiants pose un certain nombre de problèmes qui s’appliquent à l’ESC comme partout dans les autres écoles et les universités. La période délicate se situe entre 16  et 18 ans, période durant laquelle 2/3 des étudiants déclarent avoir connu l’ivresse à 16 ans d’après l’enquête que nous avons réalisée auprès de nos élèves. Sans entrer dans un registre moralisateur, nous sommes confrontés à des excès de consommation d’alcool et cela nous oblige à réagir. Il faut donc donner un cadre, des règles. La philosophie que je défends est la suivante : d’accord pour s’amuser mais sans mettre sa propre sécurité ou celle du groupe en danger, et par la même, apporter plus de sérénité aux organisateurs des soirées… Comment y parvenir ? En demandant aux organisateurs de soirées, en l’occurrence le BDE, de fournir un dossier de sécurité complet qui répond à nombre de questions précises : qui sont les invités (liste nominative) ? Où se passe la soirée (école, boîte de nuit…) ? Quels sont les numéros de téléphone des organisateurs ? Le dossier fournit également la liste exhaustive de tous les contrats de prestation (fournisseurs de boissons, société de sécurité…), les schémas de sécurité, valide la présence de secouristes et la souscription à quelques règles de base sur la limitation des excès et, bien sûr, l’interdiction des open bars.

Le rationnel ne suffit pas. Même si ce travail de pédagogie et de responsabilité porte ses fruits, il y a cependant des dérives. Beaucoup d’étudiants ont déjà connu des excès en matière de consommation d’alcool avant de venir à l’ESC, et comme la fête est aussi une tradition dans l’établissement, certains dépassent les bornes. Je suis toujours surpris par leur créativité en la matière… Ils connaissent les effets des boissons énergisantes, celles des pré-mix (ou « mélangé à l’avance » avec de l’alcool) et ce ne sont pas forcément les plus fêtards qui terminent dans un triste état. Je vois cependant émerger un nombre de plus en plus important d’étudiants contestant l’équation « Fête=alcool ». Non majoritaires, certes mais de plus en plus présents.

Pour information, la direction paie traditionnellement le petit-déjeuner à l’équipe élue !

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Commentaires (3)

  1. Olivier Ridoux

    Ayant été directeur d’une composante universitaire, puis d’une école interne, j’ai été confronté à ce problème. Mon opinion est qu’il faut dépasser la dimension réglementaire et toucher aussi le symbolique et l’affectif. J’ai donc opté pour le zéro alcool, pour tous. Zéro alcool, parce que c’est moins ambigu que « À consommer avec modération ». Pour tous, car je trouve scandaleux que de l’alcool soit distribué à un pot de départ en retraite à ceux-là même qui fronceraient les sourcils sur la consommation des étudiants. Cela demande de s’expliquer auprès des consommateurs, collègues comme étudiants, et cela demande de la créativité et de l’expérimentation car un pot sans alcool ne doit pas toujours se limiter à quelques briques de jus de fruit laissées en libre-service.

    J’ai donc transmis des recettes de cocktails sans alcool aux étudiants, j’ai fait appel au savoir-faire des étudiants étrangers qui viennent de cultures où l’alcool n’est pas obligatoire, et j’ai dû aussi dialoguer avec les prestataires pour qu’ils proposent des pots sans alcool mais néanmoins festifs pour les grandes occasions. On passe ainsi d’un zéro alcool conçu comme une brimade à un zéro alcool conçu comme un plus. Et quand vient l’heure de la remise des diplômes, on peut inviter les familles à s’approcher sans hésiter du cocktail sans alcool, quelles que soit leur santé, leur religion, ou leur route de retour. Elles en sont reconnaissantes.

  2. Marc Debono

    Bonjour Monsieur FiorIna,

    Le probleme de l’alcool = fete semble etre beaucoup plus present dans le systeme mis en place par les Ecoles que dans l’Universite.

    Ayant des enfants dans les deux systemes je peux comparer.

    Les fetes du jeudi soir des Ecoles avec Open bar ne devraient pas exister. Vous autorisez la vente des billets donnant acces a ces soirees dans l’enceinte de l’Ecole. Vos etudiants fortement alcoolises sont absents le vendredi sans sanctions.

    Les fetes du jeudi soir existent aussi a l’universite de Reims… Mais il n’y a pas de notion d’open bar et les etudiants absent en a 2 TD le vendredi sont sanctionnes par des exclusions ou des notes eliminatoires.

    Paradoxalement c’est l’universite qui vous montre la voie.

    Bien cordialement

  3. jffiorina (Auteur de l'article)

    Merci pour votre commentaire. Je vous précise que notre école interdit le concept d’open bar. Bien cordialement.

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