Le blog de Jean-François Fiorina

Qu’est-ce qu’une grande école aujourd’hui ?

A l’heure où s’ouvre la période des concours, et après la diffusion d’une note de la Conférence des grandes écoles, en février 2012, sur « Les voies d’accès aux grandes écoles », je vous propose ma propre définition. Ouverte à toutes les diversités, une grande école ne peut fonctionner qu’en respectant trois conditions. Les voici :

  1. Un recrutement sélectif. C’est la pierre angulaire, elle est inscrite dans l’ADN d’une grande école mais de manière adaptée en fonction des publics qu’elle accueille. C’est, par exemple, le modèle de PASSERELLE. Comme je le dis souvent, « tous les étudiants d’une promotion doivent pouvoir se regarder dans les yeux sans aucune arrière-pensée ». Leur recrutement est aujourd’hui multicanal mais sélectif : classes préparatoires, admissions parallèles, étudiants étrangers, « double diplômants », formation continue voire VAE. Une grande école doit avoir cette capacité à attirer des profils et des talents différents avec comme règle immuable : un seul point d’entrée, le concours, et un seul point de sortie, le diplôme avec une évaluation commune. Je tiens également à la notion de tronc commun qui joue le rôle de colonne vertébrale académique autorisant, de ce fait, une personnalisation de plus en plus poussée des parcours.
  2. Une forte culture maison. Réussir ce melting pot passe par une politique clairement définie qui évidemment ne favorise aucune filière d’admission ou population. Une grande école développe sa spécificité, son école de pensée, reconnue en interne et en externe. C’est également une marque et un repère dans l’océan des offres de formations.  Notre discours, nos actes et notre fonctionnement doivent démontrer, à chaque instant, cet état d’esprit et cette culture maison.Chaque année, les dix meilleurs diplômés de l’école ne sont, d’ailleurs, pas issus de la même filière. Car les étudiants qui n’ont pas suivi les filières traditionnelles de recrutement (classes préparatoires) augmentent dans nos effectifs. Cette diversité doit être intégrée progressivement. Ces étudiants ne sont pas des « faire valoir » ou des « quotas à remplir » mais bien des profils originaux. Ils apportent du débat et de la confrontation dans les promotions. C’est une richesse.Les entreprises le reconnaissent en parcourant leur CV ou lors des entretiens d’embauche. Elles nous font confiance. Cette chasse aux talents que j’exprime dans mon blog est devenue mondiale. Les business schools de classe internationale devront attirer de bons profils, originaux et opérationnels. En Grande-Bretagne, un auditeur de talent peut avoir suivi des études d’ethnologie !
  3. Une ingénierie pédagogique pointue. Elle assure une mise à niveau pour l’ensemble de nos publics. Les outils pédagogiques mis à la disposition des étudiants sont variés : numériques, soutien direct que ce soit en matière de mathématiques, de probabilités… La diversité des publics et des parcours rendent complexe et lourde cette mission d’ingénierie. Elle est cependant essentielle pour assurer le bon fonctionnement des promotions. C’est ainsi que nous limiterons les barrières psychologiques et les a priori que se construisent bon nombre d’étudiants avant de tenter leur chance. Autre point, le financement des études. C’est également une lourde charge pour les familles et les étudiants. Mais aucun n’a été refusé par manque de ressources. Nous trouvons toujours une solution de financement.

Une grande école cultive la diversité, la recherche des talents de demain et son identité. Parce que le monde et ses entreprises en sont les reflets. Mais cela s’organise. En aucun cas, elle ne doit remettre en cause le principe d’un recrutement sélectif qui garantit l’équilibre entre tous.

BON CONCOURS !

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