Le blog de Jean-François Fiorina

Nouvelle année, nouvelles ambitions

Je suis heureux de vous retrouver à bord de mon blog après ces quelques semaines de repos estival. Ses contenus évoluent en fonction des enjeux que doit relever l’enseignement supérieur et nos grandes écoles. Il s’organisera désormais autour de trois grands chapitres : ma vie de directeur, mes rencontres, l’école de demain sans compter des coups de cœur ou… de gueule.

Pour l’heure, voici les grands constats que je dresse et les questions que je souhaite aborder, avec vous, à l’horizon de cette année académique 2012/2013.

Constats. Dans un monde en perpétuelle évolution, la mission d’une grande école évolue. Elle s’organise désormais en trois niveaux :

  • Former de jeunes gens opérationnels sur le marché du travail. Leur permettre d’évoluer horizontalement et verticalement, les mettre en situation d’affronter des problématiques inconnues.
  • Donner des réponses aux problématiques des entreprises, leur fournir les compétences souhaitées.
  • Etre au service de sa communauté. L’enseignement supérieur participe pleinement à la vie de son écosystème local.

Former nos managers de demain, c’est donc recomposer leur formation d’aujourd’hui. La vague numérique change les modes d’apprentissage et de partage de la connaissance, la mondialisation remet en question nos positions historiques, la concurrence internationale sévit pleinement dans le domaine de l’enseignement supérieur. Et nous sommes frappés par une crise sociale, morale et économique sans précédent.

Convictions. Comme je suis d’une nature optimiste, mon objectif, à travers ce blog et les échanges qu’ils suscitent, est de trouver les meilleurs chemins pour relever ces défis et justifier nos missions.

Comment ? En innovant au sens profond du terme. L’innovation, c’est imaginer de nouvelles chaînes de valeur qui passeront par des mutations dans les formes d’apprentissage (ouvertes, collaboratives, interactives), la création de nouveaux métiers, de nouveaux modèles économiques et de pensée. J’ai souvent employé le terme de « changement de logiciel ». Il reste singulièrement d’actualité et nous développerons au fil des posts ce qu’il recouvre.

La crise du modèle économique de l’enseignement supérieur n’est pas uniquement conjoncturelle. Notre modèle n’est pas toujours compatible avec la mondialisation et la circulation des savoirs et des élites. Nous le voyons bien avec le classement de Shanghai. Nous sommes face à des décisions stratégiques pour redistribuer les rôles entre les établissements, les Régions, l’Etat, l’Europe. Jouer d’une concurrence stérile entre les différentes composantes de l’enseignement supérieur relève d’un manque de vision. C’est dans la complémentarité et la clarification des missions de chacune des composantes (universités, écoles de management, d’ingénieurs, IEP, etc) que nous trouverons les solutions pour le pays. L’exemple américain montre bien qu’en matière d’enseignement supérieur, les rôles sont répartis comme en atteste l’exemple californien : les plus grandes universités, y compris privées, se concentrent sur la recherche avec de très gros moyens, les universités d’Etat sont plus professionnalisantes et les Colleges proposent, par exemple, des remises à niveau. La semaine prochaine, je diffuserai l’entretien réalisé avant l’été avec Pierre-Yves Sanséau, visiting professor à San Jose State University (professeur à l’EM Grenoble). Un exemple éclairant de la répartition des rôles des différentes universités californiennes et du rôle et des missions d’un professeur.

J’insisterai également sur plusieurs autres points :

–        la dimension territoriale de l’enseignement supérieur,

–        les services que doit apporter l’enseignement supérieur à sa communauté. Un prix Nobel, des filières professionnelles efficaces…

–        l’évaluation et le reporting de l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur sans lesquels aucune dynamique n’est possible.

C’est la rentrée ! Période intense mais sympathique. Nous innovons cette année dans l’accueil de nos étudiants par un « village de la rentrée » sur lequel ils découvriront tout ce que peut leur apporter l’école. Par ailleurs, nous demanderons à nos premières années de stimuler leur créativité dès leur arrivée par un spécial « 24h de l’innovation » par le jeu… Tout un programme !

Bonne reprise à tous  !

A lire également notre Zoom actu de l’été enseignement supérieur :

–        Parution du classement de Shanghai : rien de nouveau, il a le mérite d’exister. Les établissements français y restent peu présents.

–        Augmentation des coûts de l’enseignement supérieur : une bombe à retardement !

–        Baisse globale du nombre des contrats d’apprentissage : un signal négatif alors qu’il s’agit d’une bonne formule.

–        Lancement des Assises de l’enseignement supérieur.

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Commentaires (2)

  1. un chercheur

    bonjour,

    je n’ai pas bien compris en quoi nous vivons une « crise morale ».

  2. Jean-François Fiorina (Auteur de l'article)

    Merci pour votre commentaire. J’entends par « crise morale », le manque récurent de nouvelles idées, de solutions à imaginer ensemble. Je considère, par ailleurs, que notre contrat social est rompu et que la perte de confiance dans les élites est patente. JFF

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