Le blog de Jean-François Fiorina

L’esprit d’entreprise, ça se cultive… très tôt.

Je rencontre de plus en plus d’étudiants intéressés par la création d’entreprise. Mais il ne faut pas se méprendre. Pour beaucoup, il s’agit d’« échapper » aux contraintes du salariat. Ce besoin d’autonomie très génération « Y », couplé à la fascination des possibilités qu’offre le numérique, les conduit à créer leur propre activité. A l’heure où le gouvernement lance ses Assises de l’Entrepreneuriat, comment sensibiliser et accompagner les générations montantes vers la création d’entreprise ?

Entreprendre, c’est un état d’esprit.
Certains l’ont, d’autres pas, et de nombreux l’ignorent encore !

Ma méthode pour révéler ou favoriser l’esprit d’entreprise :

  • Un travail au fil de la scolarité, dès le primaire. Cette sensibilisation s’opère au travers de projets, d’expériences, concrètes : témoignages d’entrepreneurs, management de projets (petits et grands), direction d’équipes, serious games… Tout ce qui permet de se sentir concerné, tout ce qui favorise un discours positif sur l’entreprise et l’économie va dans le bon sens. Cela doit démarrer tôt dans la scolarité, en évitant les images d’Epinal et les caricatures.
  • Plus spécifiquement dans les écoles de management :

Nous sommes dans le continuum de la sensibilisation au fil de la scolarité par des projets concrets, une progression et un élargissement des périmètres d’intervention. Certains peuvent aussi découvrir, chez nous, cette fibre entrepreneuriale ! Je suis convaincu que nous perdons en route nombre des profils intéressants.

Ensuite, pour celles et ceux qui ont fait le choix de se lancer, notre rôle est de leur offrir un processus de création intégré dans leur cursus. Il doit leur permettre à la fois de concrétiser leur projet sans mettre en péril, par exemple, l’obtention de leur diplôme. Objectif : s’adapter à leurs demandes, de la simple mise en relation avec un expert, à la rencontre avec un « capital risqueur », jusqu’ à l’incubation de leur start-up dans nos murs.  Il faut également apprendre à valoriser l’échec comme composante intrinsèque du risque entrepreneurial, pas comme une perte de crédibilité ad vitam ! Les Anglo-saxons l’ont bien compris. Beaucoup d’entrepreneurs nous apprennent que c’est aussi par l’échec qu’ils ont réussi.

Simplifier la vie des créateurs. Je suis pour la mise en place d’un guichet unique de la création d’entreprise qui centraliserait toutes les procédures et toutes les aides… C’est aujourd’hui une course d’obstacles, il faut permettre aux créateurs de se concentrer à 100% sur leur projet. Une manière également de mettre en adéquation le dispositif de création d’entreprise avec le discours des politiques !

Ce guichet unique serait un relais vers les financiers, les organismes de formation et de conseil, les associations, pour éviter les surenchères, les dispositifs croisés, les empilements, et autres concours… Le rôle des CCI pourrait être élargi, c’est leur vocation d’accueillir ce guichet unique de la création/reprise d’entreprises.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas pour un grand « plan Marshall » de l’entrepreneuriat mais pour de multiples actions coordonnées qui donnent du sens au fur et à mesure que se construisent les parcours académiques et professionnels des créateurs.

Ce sont des thèmes qui nous sont chers à Grenoble Ecole de Management. Nous avons créé un écosystème de la création/développement d’entreprises et nous organisons notre deuxième Festival de l’entrepreneuriat les 19 et 20 février prochains. Invité d’honneur, Yvon Gattaz (fondateur avec son frère de l’entreprise Radiall, ex président du CNPF (aujourd’hui MEDEF) et auteur d’ouvrages sur la jeunesse en tant que président de l’association « Jeunesse et entreprises »).

 

A noter dans l’actualité de la création :

–        Salons des entrepreneurs : le prochain se tient à Paris jusqu’au 7 février et à Lyon les 12 et 23 juin 2013.

–        La presse en parle :

  • Dossier spécial « Entrepreneuriat » dans Les Echos du 29/01/2013 où l’on apprend que près d’un tiers des Français aurait « envie » de créer une entreprise (50% chez les cadres supérieurs).
  • Dossier spécial dans Le Parisien Economie, « Entrepreneuriat étudiant » : « Encore étudiant, déjà patron » et sur sa page « Grandes écoles », un article sur le  « boom des formations à l’entrepreneuriat ».
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