Le blog de Jean-François FIORINA

3 questions à Michel Diaz, directeur associé de Fēfaur, cabinet d’études et de conseil e-learning

Jean-François Fiorina : quels sont les grands enjeux du e-learning actuellement ?

Michel Diaz : plutôt que d’enjeux du e-learning, il faudrait parler d’enjeux de la formation, qu’on trouve souvent résumés par des formules : « former plus en dépensant moins », « dépenser mieux », etc. Les limites de la formation traditionnelle (le cours en salle) sont connues… Elle peine à former l’ensemble des salariés, demandeurs d’emploi, étudiants qui doivent développer leurs compétences.

Question de limites physiques voire géographique, la multiplication des lieux physiques de formation se heurtant à des budgets sous pression. Le présentiel répond mal aux attentes individuelles : sa durée (souvent plus d’une journée) oblige les apprenants à consommer, souvent passivement, les mêmes contenus, quand deux ou trois séquences d’une demi-heure pourraient suffire… sans avoir à se déplacer ! Sa nécessaire planification des semaines ou des mois à l’avance le rend inadapté à la « formation à la demande », juste à temps. Encore ne sont-ce là que certaines de ses limites… I

l est de fait un décalage avec toutes les possibilités connues des particuliers, et pas seulement de la génération Y, pour s’informer et apprendre sur le Web et les réseaux sociaux notamment. Le e-learning tente de répondre à l’ensemble de ces enjeux.

Quelles attentes des différents publics (apprenants, écoles, entreprises, acteurs clé…) ?

Les apprenants, particulièrement en entreprise, attendent de la formation qu’elle contribue à leur performance et leur mieux-être au travail, ce qui, dans un deuxième temps, peut être utile à leur déroulement de carrière. Pour résumer : « je souhaite disposer des compétences dont j’ai besoin à mon poste, actuellement, puis de celles qui me permettront d’évoluer« . Ces attentes sont cohérentes avec celles des entreprises. Une récente étude (cabinet Féfaur, automne 2012) vient le rappeler : les responsables formation sont 80% à considérer que la formation vise d’abord à aligner les compétences des salariés sur les marchés et métiers de l’entreprise ; ils sont 71% à considérer que la formation est un support à la performance opérationnelle. On comprend tout l’intérêt de mettre en œuvre des dispositifs e-learning qui permettent d’accorder le rythme de la formation à celui du « business ».

Quant aux écoles, elles n’ont guère le choix… Les grandes marques – parmi lesquelles Harvard, le MIT, l’Ecole Polytechnique… – utilisent la formation distancielle pour conquérir un marché de l’éducation mondialisé ! Un étudiant peut, d’ores et déjà, suivre intégralement en ligne un parcours de formation et obtenir un certificat issu d’une de ces grandes institutions, parfois à des prix inférieurs à ceux d’une université ou d’une école de commerce ou d’ingénieur locale.

Quelles sont les innovations marquantes du moment ?

Les outils, bien sûr, continuent d’évoluer. D’abord vers plus de convivialité, ce qui les met à la portée effective des concepteurs pédagogiques, des formateurs et d’une façon générale des professionnels et des décideurs formation. Lesquels n’ont plus guère besoin de compétences informatiques pour concevoir des contenus e-learning, des vidéos, etc. grâce aux outils auteurs, ou pour les assembler dans des parcours de type blended learning à l’aide d’une plateforme e-learning (LMS).

Ensuite, ces outils viennent dynamiser des nouveaux usages apparus sur le Web depuis plusieurs années : les communautés de pratique, les réseaux sociaux d’entreprise ou d’école se mettent résolument au service des apprentissages individuels et collectifs. Redoutable défi pour les formateurs : ils sont en concurrence avec les multiples sources de savoirs disponibles en abondance, dans les réseaux sociaux, sur le Web, dans les ressources mises à disposition des apprenants pour mieux effectuer leurs tâches…

Au fond, l’innovation tient largement dans les nouveaux usages découverts et « appropriés » par des apprenants toujours mieux informés. Ce qui impose, plus que jamais, aux professionnels de la formation de s’instruire sur les possibilités et limites des outils et usages, et leur valeur ajoutée dans le développement des compétences et de la performance.

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Commentaires (3)

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