Le blog de Jean-François Fiorina

Rencontre avec nos sportifs de haut niveau

Les sportifs rassemblés autour de la direction de l'ESC.

Les sportifs rassemblés autour de la direction de l’ESC.

Chose promise, chose due. Voici un bel échantillon de sportifs de haut niveau qui participent à ce nouveau programme spécialement conçu pour eux. Objectif : leur permettre de décrocher le diplôme de l’ESC Grenoble tout en poursuivant une vie sportive très engagée.

Nous avions envie de donner la parole à ces étudiants atypiques même s’ils ne forment qu’un petit groupe, quelques dizaines, sur les  6000 que compte l’EM Grenoble.

Les premiers résultats de cette formation sont positifs, la formule fonctionne. Comme je l’expliquais dans mon précédent post, c’est notre fierté d’ouvrir l’école à toutes les formes de diversité. C’est  vrai pour le sport, l’art. Chacun doit trouver son bonheur à l’école.

Le sport entre complètement dans cette politique :

  • C’est un élément de vie sociale pour les non Grenoblois qui souhaitent poursuivre ou s’engager dans une pratique grâce à l’action du BDS (Bureau Des Sports).
  • C’est pour l’école, une manière de capitaliser sur la passion pour assurer la continuité de toutes les pratiques hors cursus ou pour le haut niveau.
  • C’est une ouverture professionnelle vers le monde du sport. Certains étudiants voudraient y travailler. Nous imaginons un double cursus STAPS mais ce n’est pas encore fait.
  • C’est offrir aux « super pros », la capacité d’obtenir un diplôme d’excellence pour préparer leur « deuxième vie », sans arrêter la compétition.

Les sportifs présents lors de la rencontre :

Basket acrobatique (mélange gym/basket) : Alexandre Zona.

Volley : Jonathan Rambaud et Loïc Pottier .

Hockey sur glace : Maxime Belov et César Joffre.

Roller hockey : Paul Brasseur.

Sport non entendu : Loïc Gautier.

Ski alpinisme : Cyril Gardet.

Escalade : Gautier Supper.

Alpinisme : Tristan Knoertzer.

Handball : Cédric Jeauneau.

Surf : Edouard Delpero.

Athlétisme : Marion.

Canoë-Kayak : Etienne Hubert.

Handball : Robin Molinie et Yvan Gérard.

Aviron : Anthony Benoît, Marion Rialet.

Rugby : Adrien Chabert et Pierre-Alexandre Dut.

Et une pensée spéciale au dossard n° 82 sur le Tour de France. C’est celui que porte notre étudiant, Romain Bardet (AG2R La Mondiale) !

Tous les profils de nos sportifs.

 

L’interview

Jean-François Fiorina : c’est quoi être un sportif de haut niveau aujourd’hui ?

« Ce n’est pas seulement vivre une passion, c’est aussi beaucoup de sacrifices personnels et familiaux comme imposer des déménagements fréquents à sa compagne. Il faut une hygiène de vie irréprochable, bien dormir, ne pas sortir… Pour quelqu’un qui aime la fête, c’est pas facile » explique Pierre-Alexandre Dut (rugby).

Pour Edouard, le surfeur, ce sont aussi des renoncements. « On oublie la vie étudiante, par exemple. On mène une vie à part. »

 

Comment avez-vous basculé dans le haut niveau ?

Pour tous, ce sont les mots « passion » et « ambition » qui prédominent. Objectif : être le meilleur dans sa discipline. Vivre sa passion jusqu’au bout, c’est leur rêve de vie.

Dans le kayak, comme il n’y a pas de contrat professionnel, les sportifs se débrouillent avec des aides des collectivités locales, par exemple. Notre sport n’est reconnu que tous les 4 ans comme discipline olympique ! Dans ces « petits sports », on a fait le choix la passion. Il faut faire autre chose à côté pour s’en sortir » rappelle Etienne Hubert (kayak).

En Alpinisme, les sportifs mettent en scène leurs exploits. Nous sommes jugés sur nos réalisations, nos expéditions, explique Tristan Knoertzer. Il y a des manifestations type « Festival de Cannes des expéditions » où l’on propose nos films mais ce n’est pas facile d’en vivre. La fédération nous aide. J’ai aussi passé le diplôme de guide. Mais je ne veux pas tout miser là-dessus, c’est pour cela que je suis entré dans une école. Dans ce métier, il y a des risques physiques, on peut se blesser, il faut le prendre en compte. Et je ne veux pas faire ce métier toute ma vie.

 

Comment arrivez-vous à rester motivés ? Surtout pour les sports plus « confidentiels » ?

Alexandre Zona (basket acrobatique) reconnaît sa « différence », j’ai la chance de vivre du basket acrobatique. On amuse les gens, on en vit comme une troupe de cirque. On voyage beaucoup. On en profite. C’est un peu une vie d’artiste mais bien différente d’une vie étudiante.

De mon côté, je pratique le roller hockey en amateur, rappelle Paul Brasseur, en dilettante, pour le plaisir.

 

Combien de temps consacrez-vous à la pratique quotidienne ?

Le groupe estime le temps d’entraînement entre 3 et 4 heures par jour, mais c’est une moyenne. Cela varie selon les sports, s’ils sont collectifs ou individuels, pratiqués en extérieur ou non. En collectif, tout est calé sur des horaires fixes, en individuel, les périodes d’entraînement peuvent être perturbées par la météo ou rythmées par les saisons.

 

Comment gérer la blessure ?

En tant que joueur de handball, j’ai eu une grave blessure, avec opération et rééducation lourdes. Puis une seconde… J’ai alors décidé d’arrêter et de travailler, de mettre un pied en entreprise pour assurer l’avenir confie Jonathan Rabaud .

Dans les sports comme le rugby quand on est blessé, on est vite mis à l’écart du groupe. Légalement, on n’a pas le droit de s’entraîner ensemble. C’est dur mais cela permet de prendre du recul. Du coup, être à l’école m’a permis de mieux vivre la blessure. Je ne suis plus seulement un sportif, explique Pierre-Alexandre Dut.

 

Vous faites un double sacrifice, comment travailler sur les 2 tableaux ?

Le diplôme est perçu comme une « carotte », c’est le diplôme qui est au bout. C’est un élément de motivation partagé par le groupe.

Comme sportifs de haut niveau et rugbymen, on est acteurs de nos choix et de nos projets. La carrière sportive est courte. Si on a un peu d’ambition pour la suite pour occuper un poste intéressant en entreprise, il faut se former pour ça (Pierre-Alexandre).

 

Comment êtes-vous organisés ?

Si l’organisation dans les sports collectifs semble plus délicate – du fait de la rigidité des plages horaires d’entraînement – tout le monde parvient, avec de l’autodiscipline, à gérer son double emploi du temps. Dans les sports individuels en extérieur, par exemple, les périodes de mauvais temps deviennent des temps de travail pour l’école.

La distance est vraiment ressentie quand un problème se pose dans une matière. Le secours d’un prof ou d’un un étudiant pour en parler devient urgent mais les interactions mêmes, par mail ou par Skype, sont jugées trop peu réactives. « Trois heures après, on est reparti sur autre chose. »

Dans le handball, on change de club tous les 2 ans. Pour concilier ces déplacements avec des horaires de cours « classiques », c’est impossible. Le staff nous répète qu’on est pro et que l’entraînement et la compétition priment sur le reste. Par contre, on a tout en ligne, les cours et travaux dirigés. On travaille à notre rythme, en décalé, la nuit. (Jonathan )

Pierre-Alexandre qui a des enfants peut ainsi concilier vie de famille et études dans les périodes où les enfants sont prioritaires. Le e-learning, c’est le seul moyen de conjuguer les deux. Je crois c’est la seule solution pour pouvoir accéder en France à ce niveau. Il n’y a pas d’autres solutions.

 

Les profs prennent-ils en compte votre différence ?

Ça dépend. (réponse générale !).

Quelquefois on sent qu’être sportif n’est pas bien vu. Ils n’ont pas conscience de nos contraintes. L’employeur pour nous, c’est le club, il passe avant tout. Il faut leur expliquer et les choses s’améliorent, poursuit Pierre-Alexandre. En terme de pédagogie, certains ont du mal à passer du présentiel à la gestion à distance.

 

Le plus dur ?

De l’avis général, ce sont la gestion, l’organisation et la synchronisation des emplois du temps. Puis la durée globale des études : 4 ans, c’est long.

Certains viennent travailler à la bibliothèque de l’école pour être dans l’ambiance. Mais comme ils ne connaissent pas grand monde (et réciproquement), c’est un peu frustrant.

 

Les avantages ? Ce qui vous plaît ?

Les intervenants sont top, les profs dynamiques et motivés.

 

Et l’après école ? Quel accueil recevez-vous de la part des entreprises ?

Pour Marion, « le diplôme est important pour avoir une vie professionnelle, dans la recherche d’emploi. GEM, ils connaissent. Mais nous demandent comment nous concilions les deux. Je suis confiante quand même. Avec le stage de 3 mois et plus, je pense que cela ouvre des portes. »

Les rugbymen s’appuient sur la très bonne perception du diplôme. « GEM, ça pose et les sponsors sont intéressés par le fait qu’on arrive à faire les deux. Cela ouvre des portes. »

 

Extra terrestre ?

(Approbation générale !)

Personne ne nous pousse à faire ce double parcours dans les clubs. Pierre-Alexandre raconte ce dialogue avec ses coéquipiers : – T’as fait quoi hier ? – On a joué au golf !

Mais, après leur carrière de sportif, ils n’iront pas jouer au golf ! Il y aussi de l’admiration pour ce qu’on fait.

Chez les 3ème année, la confiance est là. La perception qu’ont les recruteurs de ce double cursus, « sport et études de haut niveau », est positive. L’accueil des entreprises pendant les recherches de stages pour l’année prochaine a été bon.

 

Contacts : 

François Leccia – Institut Sport & Management (françois.leccia@grenoble-em.com)

Colette Songzoni – Sport & Management (colette.songzoni@grenoble-em.com)

 

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Commentaire (1)

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