Le blog de Jean-François Fiorina

L’école du futur, mais jusqu’où ?

À la lecture de récents articles sur les possibilités qu’offrent sites internet et autres montres ou lunettes connectées pour « faciliter » le travail des étudiants, je questionne la communauté éducative : jusqu’où ira l’école du futur ? Comment vivre avec ces nouvelles « opportunités » que je ne citerais pas pour ne pas inciter au vice ! Certaines vont jusqu’à la fraude, la fabrication de faux diplômes.

Du jet de boulettes à la sarbacane, en passant par les mémos papier savamment cachés lors des examens, le monde des bêtises a évolué ! Le numérique offre une démultiplication des capacités de consultation et de partage de l’information y compris de monétisation des prises de notes ! On évalue maintenant de manière indépendante ses cours et ses professeurs. On fraude également, en récupérant à distance des dossiers, des devoirs, de faux diplômes, etc. La créativité des étudiants est telle que la lutte relève du défi permanent. Bienvenue du côté obscur de l’école du futur !

Même si ces pratiques ont toujours existé, elles posent aujourd’hui question.

  • D’abord parce que leurs auteurs ne sont pas toujours conscients de la portée de leurs actes. Le plagiat n’est plus forcément perçu comme une faute, l’absence de citation de sources dans un devoir non plus. Noter un professeur ou un stage sur des plateformes « pirates » relève plus du défouloir que de l’évaluation pédagogique…
  • Ensuite parce que ces pratiques s’affirment comme des actes somme toute normaux à l’heure des réseaux sociaux et de l’invitation au commentaire permanent de l’information. Les nouvelles générations ont du mal à comprendre les règles imposées par l’institution dépositaire de l’autorité administrative ou académique. Je me suis souvent exprimé sur les spécificités des générations nées dans l’ère numérique. Même si les Y et les Z ont leur code et leur propre « alphabet », garder le lien même dans des situations délicates reste essentiel.

Les solutions répressives atteignent également leurs limites surtout quand elles ont affaire à cette génération ultra créative ! Doit-on entrer (rester ?) dans ce « jeu des gendarmes et des voleurs » en matière de copiage par exemple ? N’est-ce pas une course sans fin ? Doit-on devenir de supers espions dotés de techniques d’espionnage dignes de James Bond pour aller toujours plus vite ? Surveiller les salles d’examen au moyen de drones – les caméras de surveillance sont déjà entrées dans les salles d’examen tout comme les brouilleurs de téléphonie. Les veilles « lois » ne sont-elles pas en contradiction avec les générations nouvelles ?

Le temps est venu de réfléchir tous ensemble – étudiants, professeurs, administratifs – aux modalités de contrôle-évaluation du travail et de la pédagogie dans l’école du futur. Comment responsabiliser les étudiants ? Comment établir des règles comprises, partagées et respectées ? Je vous invite à la réflexion et au partage de vos idées et expériences ! 

Be Sociable, Share!

Commentaires (2)

  1. Jean Pierre Chaussinand

    Bravo Jean-François.
    Les bonnes questions sont posées. Il faut travailler tous ensemble pour expliquer, éduquer et …adapter nos méthodes. Nos ne sommes pas la pour jouer aux gendarmes et aux voleurs mais pour responsabiliser et former tous les apprenants.

  2. Pingback: L’école du futur, mais jusqu&rsquo...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.