Le blog de Jean-François Fiorina

E-learning, entre buzz et réalité éducative

De passage sur le salon e-learning expo (Paris), je vous livre quelques réflexions à partir des observations que j’ai pu y faire. Outre le fait que j’ai revu une ancienne élève et rencontré une ESC en stage – comme quoi le sujet intéresse ! -, je n’ai pas été saisi par de fulgurantes innovations.

Ce que cache les mots. Au hit parade du marketing et de la sémantique des stands, deux mots tiennent la corde : Talents  et Learning.

  • Talents. Serait-ce la nouvelle définition de mot « compétences » ? Qui a lui-même succédé à « GrH » qui a lui remplacé « gestion du personnel » ? Allez, je me moque un peu mais c’est un terme que j’utilise également. Par exemple, lorsque je parle de Passerelle [1],  concours commun d’accès aux ESC en France que je préside. J’aime bien le mot « talent ». Il peut s’appliquer à chacun de nous. Tout le monde a un talent !
  • Learning. Il se décline à l’infini dans les allées du salon : blended, social, e-learning, numérique, mobile, by doing, intercative, learning games voire même « rapide » ! De quoi en perdre son latin. Effet marketing ou réelle évolution de la formation ? Lesquels seront encore à l’affiche dans 3 ou 5 ans ?

À l’heure où s’installe France Université Numérique (FUN [2]),   ne faudrait-il pas créer une filière des Ed-tech ou des start-up éducatives actuellement en pleine effervescence ? Tous les établissements d’enseignement, les organismes de formation et les entreprises (pour la formation de leurs collaborateurs) auront besoin de solutions éducatives.

L’idée de favoriser l’émergence d’un écosystème, d’en fédérer ses acteurs, incubateurs, start-up, centres de recherche, investisseurs, pouvoirs publics… ferait sens dans une logique d’influence sur le marché de l’économie de la connaissance.

Pourquoi ne pas imaginer des incubateurs spécialisés comme c’est déjà le cas aux USA ? Il est temps de donner de la visibilité et un signal fort à ce marché en plein développement. Mutualisons nos moyens ou favorisons des projets comme ingénium.

D’autres observations sur le salon :

  • Quelques sociétés proposent des outils d’analyse de la formation. L’évaluation est un élément clef que ce soit dans nos établissements ou dans l’usage et les retours d’expérience de ces nouvelles manières d’apprendre (professeurs, apprenants, développeurs). Faut-il les intégrer dans les plateformes actuelles ?
  • Tablettes omniprésentes sur tous les stands. La mobilité, l’asynchrone, l’interactivité, l’ergonomie, la vidéo, sont autant de paramètres essentiels dans la conception et le fonctionnement des nouveaux modules de e-learning.
  • Un peu de frustration… Peu d’offres sur l’assessment  et la certification de compétences  alors que ce sont pour moi des pistes de développement conséquentes. Est-ce la prochaine étape ?
  • Une seule entreprise spécialisée MOOC (plutôt RH). Sommes-nous encore un peu en avance sur la demande des entreprises ? Elles ont pensé qu’avec le e-learning leurs salariés se formeraient en toute autonomie, ce qui n’est pas aussi simple… Le marché s’appuie actuellement sur les écoles et leur politique de marque. Dans les deux cas, professeurs et établissements sont fortement engagés, dans la démarche.

Nous interrogerons prochainement des responsables d’universités d’entreprise sur l’intégration du e-learning dans leur processus d’apprentissage.


[1] Banque d’épreuves communes à 12 grandes écoles de management françaises.

[2] France Université Numérique.

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Commentaires (3)

  1. Jean Michel charrier

    Merci pour cet article j’ai hésité à me rendre au salon cette année,lassé par la différence entre le discours des professionnels du secteur et la réalité du terrain.

    Je partage votre point de vue sur la nécessité d’un incubateur pour échanger expériences et idées.

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