Le blog de Jean-François Fiorina

Comment le BIG DATA s’impose-t-il dans l’Enseignement supérieur ?

A la croisée de l’école du futur et de ma vie de directeur, j’aborde aujourd’hui, de manière opérationnelle, la question du BIG DATA dans l’Enseignement supérieur. On doit bien sûr l’enseigner mais d’abord se l’appliquer à soi-même ! La numérisation accélérée des données impacte les processus pédagogiques et de gestion. Elle modifie sensiblement le fonctionnement de nos écoles. Ce sont des entreprises d’un genre un peu particulier mais qui sont sous le feu permanent d’évaluations et d’audits locaux/nationaux/internationaux où données et tableaux de bord prennent toujours plus d’importance.

Les trois impacts de la data sur nos écoles :

  • La pédagogie et la recherche. Comprendre et analyser les données relatives aux étudiants et à leurs parcours nous permettent d’évaluer de manière plus fine l’adéquation de leur profil dans toutes ses dimensions : vis-à-vis de leur cursus, des compétences acquises, des attentes du marché du travail… L’objectif est d’aider l’étudiant à aller le plus loin possible dans son projet et sa progression. Toutes ces données nous donnent les moyens d’optimiser nos scolarités en simulant des scénarios pédagogiques, en testant la pertinence de tel ou tel type d’évaluation.

Notre plan stratégique intègre également l’utilisation des données pour augmenter l’impact de la recherche : en amont, pour améliorer sa pertinence et sa densité ; en aval, pour une meilleure valorisation auprès des entreprises.

  • Le pilotage des établissements et la communication. La question est d’être en capacité de répondre de manière appropriée et efficace aux sollicitations de plus en plus nombreuses : classements, accréditations, médias, étudiants…

Mais également de disposer de tableaux de bord de gestion pour ajuster les programmes, répondre aux appels d’offres en fonction, par exemple, des taux horaires ou d’occupation de la ressource professorale. C’est la condition de la réussite et de la rentabilité financière de nos formations, initiales et continues.

Les défis à relever :

Sur le papier ou plutôt sur la tablette… tout semble merveilleux. Mais réussir une bonne gestion de la data en interne comme en externe, c’est réussir à optimiser massification et personnalisation des données… sans que le système d’information ne devienne une usine à gaz !

  • Organiser les flux et les usages

Imaginer LA méga base de données, unique, capable de gérer l’ensemble d’un établissement tout en souplesse pour s’adapter, simplement, à chaque requête et à chaque service est un objectif ambitieux et motivant.

Comment y parvenir ? De nouveaux métiers naissent dont l’objectif, au-delà de la seule technique, est de rendre « simple » cette complexité. Les architectes des services d’information s’ils tiennent compte de la valeur d’usage produiront des outils précieux. C’est la condition de la réussite de la data dans nos établissements.

Ajouter une couche d’information en la superposant à l’existant constitue vraisemblablement la méthode la plus rapide pour atteindre un objectif ponctuel mais cela peut se révéler catastrophique dans la durée : équipes saturées, redondance des informations, erreurs… Là encore, sans stratégie globale, sans mobilisation de moyens humains et matériels, la gestion de la data peut devenir un frein au développement.

L’objectif est bien de fournir des tableaux de bord en fonction des besoins, par une méthode souple et agile.

  • Former, expliquer, créer de la valeur

La mutation numérique des systèmes d’information d’un établissement doit donc s’accompagner d’explications et de formations pour lever d’éventuelles résistances (culturelles, techniques). De nouveaux métiers des SI (Systèmes d’information) sont là pour jouer ce rôle qui va bien au-delà de leur seule technicité.

Les efforts doivent être également compris en vue de créer une valeur ajoutée d’usage claire et partagée au service des toutes les parties prenantes : étudiants, entreprises, partenaires, médias, personnels des établissements.

L’objectif est d’optimiser les processus, de créer de nouveaux services et indicateurs utiles au développement des établissements dans des domaines aussi variés que la pédagogie, l’administration, la communication ou l’évaluation. Cela ne générera pas forcément plus d’activité dans les services.

  • Protéger la vie privée et l’identité numérique

La gestion des données reste sensible. Toutes nos initiatives doivent se conformer aux législations actuelles qui protègent la vie privée. À ce titre, la constitution de bases de données utilisateurs et leur exploitation est soumise à déclaration préalable auprès de la CNIL  (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés). Par ailleurs, une mauvaise utilisation de ces données peut susciter une réaction négative et se propager en quelques secondes sur tous les réseaux.

 

Que de beaux chantiers en vue ! Et de belles illustrations de l’orientation stratégique « School for business » de GEM. Objectif : avoir un réel impact dans l’Enseignement supérieur et la société en général. Nous ne pourrons cependant pas engager seuls ces chantiers. Notre ambition est de travailler avec les nouveaux acteurs du secteur du numérique et de la data – start-up, agences, chercheurs…- pour des initiatives innovantes et utiles. C’est un appel à projets en quelque sorte ! Je suis prêt à faire le cobaye !

J’aborderai prochainement la question de l’évaluation des MOOC. Où pointe aussi le BIG DATA puisque des milliers d’inscrits (et donc de données transmises) devront donner lieu à une évaluation à distance, fiable et pratique.

 

Be Sociable, Share!

Commentaires (2)

  1. Pingback: Comment le BIG DATA s’impose-t-il dans l&...

  2. Pingback: Le blog de Jean-François Fiorina »...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.