Le blog de Jean-François FIORINA

Mon analyse de la Coupe du monde

coupe du monde 2014Tous les 4 ans le monde est foot ! La Coupe du monde  occupe nos écrans et nos esprits le temps d’un mois plein d’émotions et de surprises, en tout cas pour un fan de foot ! Cette année, les Bleus étaient attendus… Ils n’ont pas déçu. Espérons qu’ils poursuivent leur épopée. Quelle est la recette d’une équipe qui gagne ? Comme manager d’une grande école d’une commerce, je m’intéresse de près à cette question. 

À quoi tient le succès ? À peu de choses quand on analyse une finale de Coupe du monde ! Un but au bon moment puis le doute s’installe chez l’adversaire. Une faute ou une expulsion qui fragilise une équipe réputée invincible. L’alchimie d’une équipe qui gagne est faite de ces petits détails qui font un TOUT. Mais c’est d’abord un collectif, une équipe, une ligne directrice claire, des valeurs partagées et portées par un leader qui ne transige pas. Et puis du travail, du travail et encore du travail.

S’imposer en leader

La France qui compte quelque 65 millions de sélectionneurs remet très facilement en cause les choix tactiques qu’opère le patron de son équipe nationale. C’est une tradition ! Mais cette année, peu ont critiqué les options de Didier Deschamps. Aura du sélectionneur champion du monde donc « intouchable » ? Partage de ses choix in fine ? La suite de la compétition nous le dira…

Une question importante se pose, dès lors. Peut-on mener l’équipe nationale au succès suprême avec un sélectionneur qui ne serait pas – lui-même – champion du monde ? Cela peut-il s’apprendre ? Naît-on leader ? Peut-on le devenir ? Pour moi, directeur, cela renvoie à la question du manager et de l’entrepreneur. Est-ce inné ou acquis ?

Quand on revient sur l’édition 2010 et la prestation catastrophique de l’équipe en 2010 (Afrique du Sud), il est évident qu’il manquait un leader incontesté tant sur le terrain qu’à l’entrainement. Mais il ne faut pas tomber dans la caricature. Un bon joueur peut également devenir un entraîneur de qualité. Tout comme l’enseignant se pose comme le metteur en scène de sa pédagogie, l’art de manager, d’animer les équipes vers un objectif clairement défini s’acquiert.

Le documentaire de Canal+, « Les yeux dans les bleus »,  qui a sûrement été cité des milliers de fois dans les cours de management, a bien montré le rôle du sélectionneur et son évolution au fil de la Coupe du monde 1998. Il serait intéressant de savoir si beINSPORTS ou TF1, détenteurs des droits de cette édition, préparent ce même travail d’introspection.

Seul le collectif compte

Un bon collectif sublime les individualités. Il est supérieur à la somme intrinsèque des joueurs, pris un par un, qu’ils soient de qualité exceptionnelle ou moyenne.

L’animation d’un collectif, la préparation d’une grande compétition sont aussi marqués par la gestion des absents et des anonymes. Je pense, ici, aux remplaçants, aux blessés ou au 3ème gardien qui vraisemblablement ne jouera pas. Le sélectionneur, s’il a le droit de manier « info et intox », face aux médias et vis-à-vis de la concurrence, ne doit pas dévier de sa ligne : construire, y compris dans sa communication externe, le meilleur collectif possible, brider les égos trop écrasants, interdire les caprices de stars… L’équipe doit jouer « comme un seul homme ». Et cela doit se voir sur le terrain.

Cette gestion des « exclus » est essentielle et délicate. C’est ici que s’exprime l’autorité du leader qui décide et explique. Un faux pas et la mécanique se grippe, les clans se reforment, les rancœurs prédominent. Le 3ème gardien, par exemple, est là pour apaiser les crises, fluidifier les relations, même s’il doit rester prêt, sous tension. Son rôle est primordial mais sa position très délicate… Il ne peut se nourrir de réussite que s’il y a échec des autres. Dans une entreprise – même s’ils ne sont pas les plus opérationnels -, ces personnes qui fonctionnent comme des facilitateurs, des aidants sont très utiles au bon fonctionnement de l’ensemble.

Réjouissons-nous de cette belle Coupe du monde qui donne le moral au pays. On ne gâche pas son plaisir surtout en ces temps de crise. Gardons nous cependant d’un esprit cocardier. Il y a beaucoup d’équipes talentueuses. La France est qualifiée pour les 8ème de finale, c’est l’essentiel même si son dernier match contre l’Équateur  n’a pas eu le souffle des deux précédents. Restons conscients de l’extrême relativité des choses et veillons à toujours prendre du recul. J’ai bien aimé la phrase de Didier Deschamps : « finir le travail ». Ne jamais l’oublier !

De toute manière, quel que soit le résultat final, restons positifs, nous avons vu de belles choses.

 Et rendez-vous pour l’Euro de foot 2016 qui se déroulera en France !

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