Le blog de Jean-François Fiorina

Été 2014 : météo et géopolitique perturbées

Après une pause estivale pendant laquelle je n’ai pas (du tout) pensé à l’école – une première ! – je reprends la rédaction de ce blog que j’ai toujours un grand plaisir à partager avec vous, lecteurs. Quelque 250 billets hebdos postés et cinq ans passés ensemble à observer, analyser, commenter, critiquer le monde passionnant et passionné de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Rentrée 2104Droit d’auteur: orson / 123RF Banque d’images

 

Pour redémarrer en douceur, voici ce que je retiens de cet été perturbé dans tous les sens du terme…

Géopolitique, avis de tempêtes

Syrie-Irak-Califat, Lybie, Russie-Ukraine, Ébola : on le constate avec toujours plus d’acuité, la géopolitique entre dans nos vies d’humains mondialisés et connectés pour nous aider à comprendre cet environnement en ébullition. Le business souffre de cette instabilité, et le boycott sévère des produits agricoles par la Russie nous rappelle que nos économies sont bien interconnectées. L’Allemagne en fait aussi les frais avec une baisse surprenante de son PIB au 2ème trimestre (- 0,4%) qui s’explique en grande partie par la crise ukrainienne.

Je me réjouis que nous ayons fait le choix de développer la géopolitique comme une compétence à part entière du manager. Notre prochain Festival de géopolitique (7ème édition)   s’intitule « À quoi servent les frontières ? » (Grenoble, les 12-15 mars 2015). De nombreux travaux pratiques en perspective… Je relance également mes Notes de Géopolitique le 11 septembre prochain sur le thème du terrorisme…

 

Enseignement supérieur, temps stable ?

Le remaniement ministériel n’a pas touché le Supérieur même si une nouvelle ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a pris ses fonctions cet été. Y aura t-il des changements ? Quid des COMUE ?

Autre enjeu pour les business schools – tout à fait crucial – le statut de nos écoles. Il nous faut les moyens de nous développer et de lutter avec les mêmes moyens que nos concurrents internationaux, dans un contexte de tensions budgétaires. Ce nouveau statut sera-t-il adapté ? Ce sera pour nous un chantier de fond. Nous devons anticiper ces changements.

 

Shanghai, forte houle d’Est

Qu’on le veuille ou non, le classement chinois s’est installé comme la référence mondiale pour l’Enseignement supérieur alors que l’initiative européenne (U-multirank) n’a pas réellement pris corps. Signe que la puissance asiatique s’impose dans nombre de secteurs, la publication du classement est très attendue chaque été.

 

Mathématiques, grand beau !

Après Cédric Vilani (et Ngô Bảo Châu)  en 2010, c’est un Franco-Brésilien – Artur Avila – qui décroche l’une des très prestigieuses médailles Fields  2014, l’équivalent du prix Nobel pour les maths. Preuve en est que la French Touch de l’école de mathématiques se pose comme la deuxième après celle des États-Unis. Shanghai classe d’ailleurs deux universités françaises – Paris 6 et Paris 11 – en 4ème et 7ème places pour les maths au plan mondial. Beau score !

Grenoble dispose aussi de son pôle d’excellence mathématique. Il n’est malheureusement pas simple de travailler ensemble pour un partenariat local.

 

« Un prof a changé ma vie » (pour une place au soleil…)

Belle idée que ce livre de Vincent Rémy, rédacteur en chef de Télérama. Où l’on découvre « Le prof qui a changé la vie » de… Robert Badinter, Aurélie Filippetti, Sophia Aram,  François Pinault ou Érik Orsenna. De belles histoires de vies révélées par la qualité de ces profs d’exception qui restent dans les mémoires 30 ou 40 ans après leur passage. Dans la réussite d’un parcours éducatif, c’est le professeur qui est à la base de tout.

 

Et l’école toujours dans l’œil du cyclone…

Beaucoup d’émissions et d’ouvrages, cet été, ont mis au centre des débats, l’école, son évolution, ses échecs voire son utilité et même son existence ! Entre édito de « rentrée » au vitriol de Jean-Marc Vittori, Les Échos (2/9/2014) et la parution de l’ouvrage de François Durpaire et Béatrice Mabilon-Bonfils, « La fin de l’école », (sans point d’interrogation ! Est-ce une affirmation ?), notre système éducatif fait – très difficilement – face à une révolution où seules les élites semblent tirer leur épingle du jeu. L’École de demain est à inventer, avec des pédagogues ouverts sur un monde global et numérique dans lequel les jeunes générations naviguent naturellement.

C’est cette École du futur que j’appelle de mes vœux, où technologie et pédagogie s’enrichissent mutuellement. Je porterai, bien sûr, ce thème cette année encore dans mon blog. Nous sommes tous concernés. Ce sont des enjeux essentiels pour nos enfants et notre pays.

 

Moocmania, l’anticyclone en dépression ?

Est-ce conjoncturel ? J’ai moins entendu parler du phénomène des MOOCs cet été. Sur le fond, ils restent des éléments stratégiques que les grandes « marques » de l’Enseignement supérieur s’approprient pour recruter les meilleurs et renforcer leur position. J’imagine aussi l’arrivée de « bouquets numériques » de MOOCs à la manière de l’offre télé actuelle.

J’aborderai dans mes prochains posts la dimension globale de ce phénomène en insistant sur le rôle central du pédagogue bien qu’une stratégie MOOC se décline aussi dans un écosystème d’acteurs complexe (start-up, marketeurs, évaluateurs) et une dimension business (data, recrutement, certificats).

 

Quelques éléments d’actualité en conclusion :

–       La hausse récurrente des budgets étudiants. La question du financement des études se pose de manière de plus en plus pressante.

–       Étudiants étrangers, au cœur de la mondialisation de l’Enseignement supérieur. Mesures contradictoires : d’un côté, la Grande Bretagne limite l’accès aux étudiants étrangers par plus de sélection ; de l’autre l’Espagne supprime l’examen d’entrée purement et simplement…

–        Le statut de l’étudiant entrepreneur. Une mesure positive qui devrait permettre de pérenniser les vocations.

 

Bonne rentrée à tous !

Notre école se repeuple petit à petit. Rien de plus triste qu’un établissement sans étudiants. Nous accueillons les rentrées successives avec un pic mi-septembre, et une dernière vague, mi-octobre, avec les étudiants en  Master Spécialisé Executive.

J’explique dans mon discours d’accueil qu’être étudiant, c’est un vrai métier !

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