Le blog de Jean-François Fiorina

Des robots dans la classe !

robot et pedagogie, Grenoble école de Management, Jean-François Fiorina

Après une série de tweets vendredi dernier @JFFiorina sur les objets connectés (dans le cadre du salon SEMICON 2014),  je m’intéresse aujourd’hui à la place des robots dans l’école du futur. J’ai d’ailleurs été interpellé sur cette question tout récemment. Chose promise, chose due ! Voici comment une école de management peut s’approprier le monde des robots, sans tomber dans la science fiction…

Prochaine révolution industrielle pour certains, le robot progresse aussi vite que les nouvelles technologies. Ils impacteront les business schools d’au moins 3 manières :

  • Recherche appliquée.

Beaucoup d’entreprises et de centres de recherche développent des prototypes. Ils auront besoin de compétences pour imaginer de nouveaux business modèles, de nouvelles applications à forte valeur ajoutée. La recherche des écoles de management est là pour répondre à ces questions, intéressantes et intéressées !

  • Nouvelles entreprises, nouvelles compétences.

Les business schools sont en mesure de fournir des compétences et des profils qui répondent à des besoins de spécialistes mais également de doubles profils (doubles diplômes) particulièrement adaptés à ce secteur : marketing-designer ou marketing-ingénieur.

J’imagine également la nécessité de trouver de bons responsables marketing pour positionner ces produits, les commercialiser. Et, bien sûr, la création d’entreprises dans le cadre de transfert de technologies, à incuber, par exemple.

  • Un outil pédagogique à imaginer.

Le robot permet de programmer et de démultiplier tests et simulations. Sans faire de la science fiction, il y aura toujours un professeur pour imaginer des formes de pédagogies adaptées, de la scénarisation, de la programmation. Le métier de prof… c’est de l’école du futur. Quelques exemples :

o   Le robot comme outil d’exercices pédagogiques.

Je pense à l’interculturel où la gestuelle est très importante. Avons-nous bien dit bonjour ? Savons-nous saluer ? Nous sommes-nous bien inclinés avec nos hôtes chinois ?  Notre position travail en réunion est-elle bien adaptée à la négociation ?

La géopolitique n’est plus très loin… ;=) Ces exercices seraient « répétables » sans limite avec un robot.

o   Le robot comme outil d’assessment/évaluation.

Idéal pour mettre en situation d’activité les étudiants, sous le feux de questions, de coups de fil, d’envois d’emails, les robots pourraient jouer le rôle de collaborateurs, clients, patrons pour les entrainer à s’organiser, à négocier. Le mécanisme est sans fin s’il est bien programmé. Et comme la répétition est l’un des piliers de l’apprentissage…

o   Le robot comme outil participatif.

La réussite de l’école du futur passe par une participation accrue des étudiants dans la conception, la préparation, l’évaluation des processus pédagogiques. Le codage, avec et par les étudiants, des softs de programmation des robots seraient de bons exercices d’application, de co-programmation. L’école Flatiron à New-York avec son « boot-camp »  propose déjà des cours de codage aux étudiants pour maîtriser l’outil informatique de « l’intérieur ».

Sans devenir de véritables développeurs, ces compétences (bientôt de base ?) deviennent incontournables pour bien comprendre les outils, les algorithmes et leur fonctionnement, et même les concevoir. Cela ne demande pas tant de technicité que cela mais plutôt de la créativité, de la pertinence, une habilité à traduire les scénarii de mises en situation en séquences de programmation, tout comme les  hypothèses multiples ou les données brutes. Rien de tel pour rendre son robot intelligent et impertinent, personnaliser une mise en situation, affiner des hypothèses.

Explorer tous les possibles

Créateur du pôle Robopolis à Lyon, Bruno Bonnell, est l’un des pionniers mondiaux du marché de la robotique de services. Son objectif est de doter les robots d’une vraie valeur ajoutée. Lors de la conférence « Innovation » de la CGPME régionale à Chambéry, au printemps dernier, Bruno Bonnell était présent. Il s’est entretenu avec la salle (250 personnes) avec, à ses côtés, un robot « avatar » d’un collègue outre-atlantique. La « tête » du robot était un écran vidéo retransmettant instantanément le discours en vidéo de son collègue. Ce dernier pouvait non seulement voir la salle mais faire se déplacer son avatar robot vers les personnes qui lui posaient des questions. Une manière de rendre encore plus tangible la visio – certes un peu « décor » dans ce cas – mais qui donne des perspectives de télé-enseignement encore inconnues (en amphi ?) ou dans le cadre d’apprentissage technique sur machines.

Pour l’enseignant, lui-aussi, il s’agit de créer de la valeur dans son cours, pas de se servir d’un robot gadget. Le professeur est donc bien à la base de la création de valeur. Le monde de l’éducation s’apprête à vivre une telle révolution qu’il faudra explorer toutes les possibilités qui s’offrent à nous, y compris celles des robots !

PS : Fabricants et créateurs de robots, ce post s’adresse aussi à vous, tout comme aux ingénieurs, je suis prêt à expérimenter au sein de Grenoble École de Management le robot pédagogique de demain !

À bientôt. 

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Commentaire (1)

  1. Michel

    Merci pour cette article, c’est en effet une très bonne réflexion et je suis intimement persuadé que les robots prendront de plus en plus de place dans des secteurs comme les écoles dont vous parlez mais aussi celui de la santé dans lequel ils ont tant à apporter.
    Je pense qu’il est de plus en plus difficile de garder l’attention des élèves et de ne pas utiliser lors de leur apprentissage des notions de code ou de programmation qui sont si présents dans leur quotidien. Les robots sont des outils pédagogiques formidables qui peuvent aussi faire travailler l’imagination et la créativité dont les jeunes ont besoin. Le thymio II est par exemple extrêmement utilisé, tout comme les Lego Educatifs comme Wedo 2.0 et il existe maintenant des packs les rendant plus accessibles pour les établissements scolaires comme ici par exemple http://www.robot-advance.com/art-pack-education-valise-thymio-ii-wireless-1877.htm

    Bruno Bonnell en parle beaucoup et je pense qu’il a ouvert des vocations chez les jeunes et les créateurs d’entreprises. La robotique a encore de beaux jours devant elle.

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