Le blog de Jean-François Fiorina

Oraux des concours : comment éviter les 7 péchés capitaux (ou pas) ?

Oraux des concours : Les+7+pêchés+capitaux

La saison des oraux a débuté. Plutôt que de redonner mes conseils que l’on peut d’ailleurs retrouver, cette année, sous la forme d’un eBook, spécialement dédié, j’ai décidé de traiter la question de manière humoristique sous la forme des 7 péchés capitaux du candidat aux oraux de concours !

 

  • La Gourmandise

C’est un des excès que l’on rencontre parmi nos candidats : trop vouloir en dire, s’inventer une vie ! Chaque année, je suis désagréablement surpris par des candidats qui s’imaginent des positions, des situations qu’ils n’ont pas vécues.

C’est rédhibitoire, la sortie de route !

Par contre, être gourmand, au sens de l’envie de découvrir ou un épicurien, un curieux, c’est plutôt positif.

 

  • La Luxure

“Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute”.

(Le Corbeau et le Renard. Fables de La Fontaine).

Et oui, à moins d’être TRÈS TRÈS joueur et d’aimer le risque, il vaut mieux passer son chemin !

 

  • La Paresse

Il ne s’agit bien évidemment pas de celle du jury ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est vrai que, de temps en temps, nous avons des candidats qui donnent l’impression de s’ennuyer ou de ne pas être concernés par les oraux. Au vu de l’investissement, je suis toujours surpris !

Donc, là aussi : rédhibitoire !

La paresse façon Alexandre le Bienheureux, c’est plutôt pas mal. Je la vois comme une forme d’intelligence, d’innovation et de créativité. Mais spécimen rarissime, que j’ai très peu vu depuis que je travaille dans le secteur de l’éducation. Attention à ne pas susciter des vocations, parce qu’il faut un réel talent !

 

  • La Rage et la Colère

Elles sont rarement positives et s’expriment chez des candidats qui en ont contre la société, contre leurs résultats, leur non admissibilité dans l’école de leurs rêves…

J’insiste beaucoup sur l’importance des notions de plaisir et d’affect. L’essentiel, c’est de nous donner envie de recruter une personnalité ! Généralement, c’est moi qui suis en colère pour avoir perdu mon temps avec ce type de candidats.

La rage, celle de vaincre, par contre, est positive. Celle des étudiants aux parcours d’exception, semés d’embûches, et pour lesquels il a fallu batailler. En général, ce sont plutôt des candidats modestes.

 

  • L’avarice

Est-ce le fait de se sentir supérieur, est-ce le manque de vocabulaire, d’à-propos, de réponses ? De temps en temps, nous croisons des candidats que j’appelle « ping-pong » où les réponses ne sont plus que des brèves, sous forme binaire « oui/non ». C’est généralement très pénible car ils ne donnent aucune matière susceptible de personnaliser l’entretien. Ils auraient pu trouver leur bonheur, être de très bons étudiants mais pour différentes raisons, ils s’enferrent dans des situations sans issue, des discours très laconiques… On reste sur sa faim.

Avare en positif ? Je donne cela comme consigne à mes présidents de jury : noter de 0 à 8 ou de 11 à 20 afin d’éviter le « ventre mou » des évaluations. Lorsque le candidat est bon, je demande de ne pas être avare d’une excellente note, de ne pas hésiter à mettre 18, 19 ou 20. Si vous obtenez cette note, c’est clairement le message que l’école vous veut !

À l’inverse, je m’en excuse, parce que ce n’est pas évident de mettre des 4 ou des 5, surtout pour un oral, c’est ici le signe que l’oral ne s’est pas bien passé.

Mieux vaut passer son chemin et aller faire le bonheur d’une autre école.

 

  • L’orgueil

C’est la base de la motivation. Toute la subtilité est de le montrer sans excès. La frontière entre le positif et le négatif est extrêmement ténue. Tout dépend de l’intelligence de la situation du candidat.

Autre élément important pour moi, c’est de bien être à l’écoute du jury pour saisir les sujets qui l’interpellent. C’est là toute la subtilité d’un entretien d’autant qu’il y a une interview d’un membre du jury à réaliser dans le format de notre oral.

 

  • L’envie !

Celle d’intégrer GEM ! Mais de manière astucieuse. Je suis étonné, chaque année, par des candidats qui apprennent encore par coeur la plaquette de l’école. J’en apprends même des choses sur mon école ! Paradoxalement, je n’aime pas, ce « par cœur » qui empiète sur le temps des questions/réponses. C’est donc frustrant, pénible. Là encore, une fois de plus, tout dépend de l’intelligence de la situation.

Si l’orgueil est l’élément clef pour le candidat ; l’envie, c’est ce qu’apprécie le jury. Il faut vraiment que les candidats donnent envie de les recruter, quels que soient leurs défauts, leurs points faibles. Il faut qu’il y ait de la passion, de l’intérêt et une envie de faire un long chemin ensemble, de partager.

Donc candidats, à vous de jouer !

Et n’oubliez pas que cet entretien d’entrée est une alchimie entre un candidat et trois membres de jury. Ce n’est en aucun cas scientifique ou logique, c’est de l’humain. Et comme tout humain, nous pouvons succomber à un certain nombre de péchés. En espérant vous voir bientôt à Grenoble !

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