Le blog de Jean-François Fiorina

Et vous, quel bilan ?

quel bilan tirez-vous de cette année scolaire

Quelques réflexions sur cette année écoulée. Entre accélération du temps, judiciarisation, excès règlementaires et incivilités, une réalité s’impose à ma vie de Directeur – toujours passionnante ! Celle de la cannibalisation de mon emploi du temps par un nombre croissant de « scories » qui font perdre beaucoup de temps et d’énergie au détriment de l’essentiel : le développement de nos structures. L’École du futur et la mondialisation de l’Enseignement supérieur ne nous attendront pas. Partagez-vous ce point de vue ?

 

A l’heure où les vacances ne sont plus qu’une question de jours, bien que l’année ne soit pas terminée, il nous reste à finaliser la semaine de rentrée avant mon départ à Madagascar pour la suite de ma mission de mentor à l’ISCAM (EFMD Deans Across Frontiers), voici ce que je retiens de cette année scolaire 2014-2015 :

 

  • Tout s’accélère ! Le temps manque pour la réflexion, pour l’analyse, la prise de recul, pour penser l’avenir. Même si cela donne l’impression d’être utile… il y a besoin de se poser pour contrer cette accélération du temps !

 

  • Concours : résultats définitifs et satisfecit global. Sur le plan personnel, c’est plutôt une bonne année qui se traduit par de bons résultats (concours et classements). Mais également par une écoute de notre manière de voir l’Enseignement supérieur que je sens plus forte sûrement due à ce temps consacré – voire arraché à mon emploi du temps ! – pour communiquer et participer à l’animation des réseaux sociaux.

 

  • Le point faible de ma fonction et mon regret ? Ne plus assez voir mes étudiants ou alors, les quelques méritants et ceux pour lesquels la relation n’était pas souhaitée ! Je sais qu’ils ont tous du talent et des choses intéressantes à partager.

 

  • Incivilités et judiciarisation. La règle, en général, est de moins en moins respectée et acceptée. Essuyer un refus de l’administration ou de la scolarité (parcours, option…) peut entrainer, de la part des étudiants ou de leur entourage, menaces, revendications, intimidations, tentatives de culpabilisation. Heureusement, il y a peu de cas… Cette tendance à la judiciarisation, à la formalisation de la relation est préoccupante.  Où est passé le bon sens ? Ce qui est sidérant, c’est la montée en « fusion » dès qu’un problème surgit. Les règles du jeu sont pourtant bien précisées en amont, aucun système n’est parfait. Et quel temps perdu au lieu d’aider ceux qui en ont vraiment besoin…

 

  • Hyper réglementation ! Finalement que reste-t-il à l’initiative, à la créativité, à l’entreprenariat pour un directeur d’école ? Je vais prendre un exemple de « journée type » en forçant un peu le trait :
    •  Première réunion sur le week-end d’intégration et les soirées étudiantes. Quelles conséquences juridiques possibles pour l’école ?
    • Réunion concernant la dernière décision ministérielle avec toutes les conséquences : quelles déclarations administratives à prévoir en urgence ?
    • Réunion sur les années de césure. Comment faire pour que cette formule qui satisfait à la fois les étudiants et les entreprises puisse continuer malgré la loi ?
    • Visite de la commission de sécurité.
    • Réunion réforme de la taxe d’apprentissage et ses conséquences,
    • Conférence téléphonique pour rassurer nos partenaires étrangers, perdus dans la paperasse made in France !

Et, malgré tout, penser à innover, à développer notre école, à écouter, à décider…

Je ne réclame pas l’absence totale de règlementation mais… Si je n’avais pas cette passion, cette foi et cette joie, je ne ferais absolument rien ! Je n’aurais pas envie d’être aussi créatif et entreprenant parce que les risques sont énormes. Encore une fois : où est le bon sens ? Où se situer entre sa vision d’entrepreneur et l’obligation d’assumer des responsabilités de plus en plus lourdes ?

Nous passons un temps fou à décortiquer les lois et autres règlementations. Projets et actions en pâtissent, tout en sachant que, dans le monde, la roue tourne… et pas forcement avec les mêmes contraintes. En une journée, on peut avoir l’impression de faire une étape du Tour de France ou plutôt une étape dans les Alpes – c’est le moment ! –, mais en char d’assaut avec des roues carrées et en partant 35h après les premiers ! Attention, nous sommes en train de perdre des batailles.

 

  • L’absence remarquée d’un ministre de l’Enseignement supérieur pendant de longs mois… Cette manque de cap précis pose question. Nos élites ont-elles bien compris le rôle crucial et stratégique de l’Enseignement supérieur ?

L’année a aussi été marquée par les sempiternels marronniers de l’Enseignement supérieur  en France, les frais de scolarité et la sélection à l’entrée. Tant que l’idéologie gouvernera, impossible de s’en sortir (mais veut-on s’en sortir ?). Que penser d’un système universitaire qui tire au sort ses étudiants ? Ce n’est pas digne d’un pays comme la France. La politique de l’autruche n’a jamais donné de résultats probants.

Ouf ! Vive l’Ecole du futur et la mondialisation !

Malgré ces éléments, toujours cette même passion pour cette école du futur et ce nouveau monde qui arrive. Il s’agit, d’ailleurs, des thèmes sur lesquels je réalise mes meilleures audiences. Avec, ce doublé sur l’impact de Linkedin dans l’Enseignement supérieur. Le sujet interpelle. C’est incroyable, chaque jour, de nouveaux concepts, de nouvelles idées apparaissent !

Rendez-vous donc à la rentrée pour échanger, partager, interpeller et questionner ces nouveaux enjeux. De belles surprises vous attendent !

D’ici-là, profitez des congés pour recharger vos batteries et aborder cette nouvelle année avec passion et énergie !

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