Le blog de Jean-François Fiorina

L’école du futur en question (mon interview par le directeur de la chaire Digital Natives)

Ecole du futur, Mooc

Suite du regard croisé sur l’entreprise et l’école du futur. Cette semaine, c’est au tour de l’école ! Avec dans le rôle du journaliste, Renaud Cornu-Emieux, titulaire de la Chaire « Digital Natives » Orange, responsable communication de Digital Grenoble (FrenchTech).

 

Jean-François, peux-tu nous donner une définition de l’École du Futur ?

L’école du futur c’est l’école où tout le monde se fera encore plus plaisir !

Dans une business school, l’étudiant parce qu’il aura expérimenté plein de choses ; le professeur parce qu’il aura pu aller jusqu’au bout de sa passion, ça marquera le grand retour de la pédagogie (le module de cours deviendra un vrai projet qu’il faudra scénariser, alimenter et animer).

Et enfin, le directeur qui réalisera sa mission : faire que les étudiants trouvent l’emploi de leur rêve dans l’entreprise de leur rêve à la sortie de l’école. L’école du futur c’est une école dans laquelle il y aura pédagogie, extrapédagogie et social. Chaque établissement devra définir sa mission et bien trouver et mettre en avant sa valeur ajoutée.

 

Qu’est-ce qu’il se fait déjà sur ce sujet ?

Pour les établissements cela suppose différents niveaux de réflexion. Tout d’abord, bien définir sa mission, elle ne sera pas universelle mais des missions adaptées à chaque établissement en fonction de son histoire, de son implantation, de ses moyens…

Ensuite trouver et mettre en avant sa valeur ajoutée en lien avec la chaîne de valeur éducative : Est ce que j’enseigne ce que je crée ou ce que d’autres ont créé,  comment je le diffuse auprès de quel type de public ? Comment je certifie et je valorise ?

Un dernier élément, quelle politique de services complémentaires ?

Il n’y aura que des cas particuliers. Vraisemblablement, les écoles de tête seront encore plus fortes, les écoles en queue de peloton auront disparu ou auront développé une agilité telle que leur petite taille ne sera plus un handicap. La grande difficulté ce sera pour les écoles du milieu de tableau, elles sont déjà trop complexes pour être agiles et pas suffisamment fortes pour concurrencer les ténors du secteur…

Est-ce que ça vaut le coup de faire ses études dans une université moyenne aux US et de s’endetter pour avoir un métier qui ne correspond pas à ses aspirations ?

Un élément capital est ce que j’appelle le SRM = student relationship management. Il s’agit de la relation que tisse l’établissement  avec ses étudiants, de la prise de contact comme prospects jusqu’à leur retraite. C’est une politique de service à part entière pour maintenir en permanence la relation ?

Le numérique rentre ici en ligne de compte, avec également de nouveaux acteurs sur ce marché. Est-ce que les entreprises auront toujours besoin des écoles pour entrer en contact avec les étudiants ?

 

Quelle place de l’entreprise dans l’école du futur ?

Elle sera totale ou nulle en fonction de la mission qu’on veut se donner. La relation sera ambiguë et compliquée, nous aurons besoin de l’entreprise pour adapter les contenus et l’entreprise aura besoin de nous pour répondre aux questions qu’elle se pose.

Nous serons complémentaires ou alliés sur certaines projets via les universités d’entreprise qui amènent les dimensions métier et l’école qui amène la dimension management et qui a la capacité à diplômer.

Aujourd’hui, certaines entreprises sont très en avance sur les écoles sur des sujets comme le e-learning, les serious games, les MOOC, l’individualisation et la certification des compétences…

 

Comment impliquer les entreprises qui ont envie mais n’en ont parfois pas la capacité ?

Ce sera de plus en plus difficile. Il y a encore 15 ans, les entreprises donnaient la dimension professionnelle supplémentaire aux jeunes sortant de l’école. Elles achetaient des têtes bien faites.

Les entreprises attendent maintenant de nos étudiants qu’ils soient directement opérationnels et donc l’entreprise met la pression sur la partie formation, de façon à penser « projet professionnel ».

En plus des compétences immédiates, il faut donner aux étudiants la capacité d’évoluer et, à moyen terme, la capacité  d’affronter des situations dont on ne connaît pas encore les contours. Ce besoin de culture générale est peu compatible avec l’urgence du court terme de l’employabilité.

De plus en plus, la relation avec les entreprises va se construire à plusieurs niveaux :

  • des échanges de base,
  • des contrats sur 3 à 5 ans, multi objectifs (grandes entreprises prêtes intellectuellement, attention le sourcing sera mondial !). Par contre, le fossé risque de subsister entre les PME et les écoles,
  • l’entreprise participera au financement.

 

L’événement GEM DigitalDay qui sest tenu à GEM fait-il partie de l’école du futur ?

Le numérique et le digital impactent l’école à tous les niveaux :

  • Comment former au digital ?
    • En s’adressant à tous de manière générale,
    • Par la spécialisation,
  • Digitalisation de nos activités hors pédagogie,
  • Communication  et relation avec nos étudiants :
    • Réflexion sur les nouveaux métiers et nouvelles compétences,
    • Relation avec les entreprises (stages, métiers…),
    • Entreprenariat (beaucoup de créations dans ce domaine, les étudiants veulent créer des entreprises, possibilité de créer sans mise de fond…)
    • Formation par le digital (Mooc, Learning Management System)
    • Big data : nouvelles déclinaisons.

Relire mon échange sur le blog Renaud sur l’entreprises sur futur. 

À noter également l’adresse de son nouveau blog.

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