Le blog de Jean-François Fiorina

Futur n+1 : les 5 facteurs clé

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Loin d’être de la science fiction, cinq (r)évolutions majeures vont marquer notre futur proche et celui de l’école. Au fil de mes réflexions, lectures, rencontres, j’en ai sélectionné 5 dont les impacts seront – à mon sens – les plus significatifs : les objets connectés, les robots, la réalité augmentée, les neuro sciences et le big data. Des enjeux qui imposent de longues préparations, pour nous établissements, alors que les cycles de vie de ces nouveaux outils pédagogiques sont de plus en plus courts ! Nos modèles d’établissements doivent s’y préparer/adapter pour apporter une valeur que d’autres ne pourront s’approprier. Sinon le tourbillon des GAFA et autres concurrents risque bien d’aspirer nombre de nos pairs…

 

  • Objets connectés

Nous sommes en face d’une tendance de fond qui va révolutionner les usages, les infrastructures IT, les modèles économiques. Dans 2 ans, selon le Gartner group, 6 milliards d’objets connectés devront être gérés. Mais quelles applis éducatives sortiront du lot ? Pour éviter le gadget, ce sont les pédagogues appuyés par des développeurs qui permettront de leur donner cette dimension éducative. Pour éloigner le spectre des outils « fun » et gadgets tels que la montre connectée, version moderne de nos vieilles « pompes » !

 

  • Robots

Là encore, beaucoup les ont pris pour de lointaines perspectives pédagogiques faisant fi de leur présence massive dans l’industrie depuis les années 1980. Toujours selon Gartner, d’ici 2018, plus de 3 millions de salariés seront supervisés par des « robots managers » !

Robots de service, d’accueil, de salons, compagnons sont déjà nombreux. Le cabinet Xerfi prédit une croissance annuelle de 20% du secteur pour les cinq prochaines années. Et cocorico, les start-up françaises sont sur les rangs.

L’histoire du robot éducatif avance également à grands pas. Connecté à son robot avatar depuis son lit d’hôpital, cet étudiant, a marqué les esprits en France. Il a pu suivre ses cours sans problème. Le robot étant accueilli à « bras ouverts » par les autres étudiants amusés mais bien conscients de l’utilité de la machine. L’idée étant de garder le contact avec le groupe. Des expériences ont également été concluantes pour des écoliers en Australie ou en Suisse.

Autre cas, cette université américaine qui, pour lutter contre l’absentéisme des étudiants qui travaillent pour payer leurs études, offre la possibilité de suivre à distance les cours via des robots. Ils sont eux bien présents en cours évitant ainsi trop de perte de temps en transport à leur « double ».

Le robot, excellent terrain de jeu pour apprendre à coder, à partager

Des fonctions les plus simples aux traductions les plus complexes de robots logisticiens, les optimisations professionnelles de ces nouveaux « sujets » sont infinies. Une manière amusante et bien concrète de donner vie à ces auxiliaires par une « intelligence artificielle » grâce au code informatique embarqué.

Cette vidéo est juste extraordinaire à propos des robots pédagogiques dans les écoles du Québec ! Effets secondaires incroyables : travail collaboratif et d’équipe, innovation, plaisir d’apprendre, confiance en soi, codage…

Ma fille qui est au collège a, d’ailleurs, reçu ses premiers cours de code. Pourquoi ne pas donner vie à des robots compagnons lors de ce type de sessions ? Succès et motivation garantis !

Vers le robot empathique ?

Real humans, série diffusé sur ARTE il y a un an, mettait en scène des robots à l’enveloppe physique parfaite et programmés en serviteurs zélés. Seuls les robots dissidents dont le code était détourné découvraient une forme de sensibilité, d’empathie… pour le meilleur et pour le pire. Au Japon, des robots remplacent déjà les hôtesses d’accueil dans les grands magasins, répliquent parfaites au moins sur la forme ! Et certains robots compagnons seraient programmés pour mimer de l’empathie envers les humains ! Quand la réalité rattrape la fiction…

Des robots assistants de cours et d’enseignants sont à imaginer, et pas seulement dans les écoles d’ingénieurs.

La recherche en management devra également s’emparer de ces nouveaux acteurs, de leur impact dans la vie des organisations et des entreprises. Comprendre et expliquer ces mutations, anticiper les conséquences de l’apparition de ces nouveaux « collègues ».

 

  • Réalité augmentée/machine learning

« La réalité augmentée désigne les systèmes informatiques qui rendent possible la superposition d’un modèle virtuel 2D ou 3D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel », source : Wikipedia.

Je vois 3 applications possibles :

  • Le décodage des conflits pour comprendre les dynamiques de communication.
  • Le marketing immersif pour imaginer, par exemple, les meilleures solutions de merchandising.
  • L’international pour s’immiscer dans une négociation avec des Chinois, par exemple, et comprendre le langage non verbal. Les cours n’auront plus de limites pour traduire en expériences vécues des concepts culturels ou théoriques.

Nous sommes passés en quelques décennies du support statique (transparents, photos, etc), en mode « constat » en quelque sorte, à la vidéo qui met en scène une situation animée. Ces techniques donnent à voir par un prisme extérieur – le regard du réalisateur, de l’acteur, du professeur. Pour arriver à une prise de pouvoir de l’apprenant qu’il soit partie prenante de la situation d’apprentissage, il faut pouvoir se mettre à la place du négociateur. C’est ce que le concept de machine learning va offrir. L’apprenant se met « dans la peau » du négociateur, ce qui modifie radicalement son implication.

  • Neuro sciences

Vaste sujet sur lequel nous reviendrons… Elles vont tout simplement révolutionner nos manières d’apprendre par la compréhension fine du fonctionnement de notre cerveau. Une manière d’optimiser de façon exceptionnelle nos pratiques pédagogiques : techniques de mémorisation, chrono pédagogie, utilisation du subconscient…

 

  • Big data

Ayant déjà abordé la question dans mon blog à maintes reprises, et compte tenu de la dimension du sujet, j’y reviendrai également dans un post spécifique à son impact sur les établissements au sens large, pédagogie, administration, prospection, alumni…

 

COMMENT FAIRE ?

Place aux pédagogues !

Comme je l’expliquais, l’implication des pédagogues est essentielle dans la conception et le fonctionnement des nouveaux outils et méthodes de l’école du futur. J’entends le pédagogue et son équipe (assistant, développeur). Cela se traduit par des projets plus lourds et conséquents.

 

Place aux écosystèmes !

Les établissements auront intérêt à travailler avec les start up EdTechs pour développer et expérimenter de nouvelles formes pédagogiques. Pas facile de savoir ce qui fonctionne sans tester, ajuster, échanger avec des structures plus légères, hyper spécialisées et réactives. L’école du futur est une itération permanente.

Place au collaboratif !

Point de salut sans un travail inter établissements. Les enjeux pédagogiques, humains, techniques, financiers et stratégiques sont tels que seules des synergies intelligentes entre établissements permettront de concevoir, construire et d’imposer des modèles. Ces derniers pouvant être customisés par chaque entité, par chaque enseignant selon sa matière et la nature de ses cours.

Changer de modèle éducatif impacte aussi profondément les infrastructures des établissements : systèmes d’information et logiciels, aménagement des locaux…

Les établissements ne pourront pas se développer dans tous les domaines ou de manière isolée pour nombre de raisons à la fois financière, humaine et stratégique. 

Place à la formation des étudiants !

Tout cela se prépare très en amont. Je pense aussi à la nécessité de bien préparer les étudiants à l’utilisation de ces nouvelles méthodes pédagogiques. L’appropriation est un facteur clé de succès essentiel. C’est également une utilisation qui se fera tout au long de la vie pour maintenir et développer un niveau de compétence élevé. Pourquoi pas ne pas intégrer les étudiants dans la conception de ces nouveaux outils et méthodes ? 

Place à l’ambition !

Ne pas se placer dans une perspective internationale, à l’heure digitale, serait une erreur. Comment exister et peser dans le concert mondial en développant dans son pré carré ses propres outils alors que de grandes marques sont déjà installées ?

 

La machine ne remplacera pas l’humain. C’est l’utilisateur qu’il faut placer au centre des dispositifs. Faire que l’apprentissage et les pratiques pédagogiques soient optimisés en vue d’acquérir des compétences spécifiques et variées, de les entretenir. L’école du futur est un continuum ! Il s’agit de l’un de ses « effets secondaires » les plus intéressants, celui de réussir à se former tout au long de sa vie, étudiante et professionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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