Le blog de Jean-François Fiorina

Ce que veulent dire 300 articles de blog sur l’Enseignement supérieur !

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L’aventure a commencé il y a 6 ans… 1,5 million de caractères plus tard pour l’équivalent de 7 romans, c’est dire si le sujet me passionne ! À l’époque, on parlait, avec beaucoup moins d’enthousiasme, de l’école du futur, des enjeux de la mondialisation de l’éducation, de l’enseignement supérieur, des questions de son financement, Internet n’existait pas… Si je prends un peu plus de recul, dans ce parcours de plus de vingt ans dans le monde de l’éducation, c’est une belle occasion de souligner ce qui a changé pour les écoles, leurs étudiants, professeurs et gestionnaires !

  • À la fin de ce post, découvrez le top 10 de mes meilleures audiences !

Retour sur un monde qui m’a beaucoup apporté et que je vois évoluer à un rythme accéléré. Je ne suis pas sûr que beaucoup de secteurs d’activité aient vécu une telle transformation en si peu de temps.

Je suis fasciné par toutes ces évolutions, ce qui va surgir dans les prochaines années. Je me souviens avec émotion de la préparation de mon 1er cours avec comme support la bible du Marketing, quelques articles de presse et mes différentes expériences en tête. On ne parlait pas à l’époque de syllabus mais de plan de cours, en fait les grandes lignes. Le cours n’était pas un « contrat » entre le professeur et ses élèves mais simplement des connaissances à dispenser

J’avais également préparé quelques photocopies comme supports de cours et bien évidemment, il n’y avait ni ppt ni wifi, un mot absent de notre vocabulaire

À l’époque, la principale mission d’un directeur d’école était de s’assurer que la scolarité de ces étudiants se déroule correctement. Aujourd’hui, j’espère que vous avez pu vous en rendre compte dans ces 300 posts, les missions sont multiples !

Au-delà de cette petite séquence nostalgie, retour sur ces grands changements !

 

La fin de la massification de l’enseignement ?

La salle de classe depuis l’année 1989, date à laquelle je suis entré dans l’enseignement, n’est plus la même. Mes premiers cours ? Tableau noir et craie, quelques photocopies distribuées. J’ai vu apparaître les rétroprojecteurs, les transparents… Puis la révolution PowerPoint, l’internet, le wifi dans la salle de classe et une nouvelle relation avec l’étudiant via le mail et maintenant les réseaux sociaux.

Toutes les formes de stages, d’échanges, d’options, les premiers départs au milieu des années 80, les balbutiements d’Erasmus, font, qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’unité de temps, de lieu et de promotion parce que sommes entrés dans l’ère de l’individualisation. Quand on voit les parcours que je peux proposer aux étudiants, cela me donne envie de redevenir l’un d’eux !

Dans les écoles, l’origine des étudiants s’est également diversifiée : de la suprématie de la classe prépa, on constate une grande variété du fait des admissions parallèles et de l’ouverture des concours. Il y a 25 ans, seules 10 ou 15 places étaient réservées à l’heure actuelle… la moitié d’une promo peut-être issue de parcours parallèles.

Les objectifs des programmes ont changé, d’une école « traditionnelle » et généraliste, nous avons travaillé avec les entreprises, puis de manière de plus en spécialisée. Les étudiants faisaient une école pour avoir une tête bien faite, du bon sens.  Il faut y ajouter aujourd’hui un projet professionnel et une employabilité. La pression augmente sur les responsables et les directions des business schools parce qu’ils doivent tenir ces promesses.

Dans les universités et les écoles, la recherche est devenue de plus en plus opérationnelle, de plus en plus ciblée.

Ces mutations ont entraîné dans les écoles, le développement du service aux étudiants, un facteur de différenciation et de compétitivité devenu indispensable.

 

L’accessibilité et la rapidité de l’information

J’ai vu se développer à très grande vitesse les bibliothèques : elles sont devenues de véritables lieux de vie et d’apprentissage avec une multiplicité de sources documentaires, de bases de données, d’ouvrages, de revues du monde entier et surtout je m’émerveille tous les jours de pouvoir disposer de cette information en temps réel. Il fallait attendre quasiment 6 mois entre la publication et la disponibilité d’un ouvrage que l’on consultait sur microfiches !

Quand j’ai démarré dans l’enseignement, je donnais un point de bonus à l’étudiant pour ses recherches fructueuses ! À l’heure actuelle, l’information est accessible. Toute la question est de savoir s’il s’agit d’une bonne information et si l’étudiant est capable de l’interpréter. 

 

Créativité et interactivité pédagogiques

Il n’y a plus de limites dans le cours et la vie dans la salle de classe. La créativité est poussée a maximum, le métier de professeur, pour moi qui ai enseigné les techniques bancaires et internationales – 27 ans après – je n’enseignerais plus les mêmes choses ni de la même manière. Cette évolution de l’école du futur est au cœur de mes réflexions, mes posts sur ces sujets sont généralement les plus partagés et attirent les meilleures audiences. Ce mouvement est enthousiasmant mais pas toujours facile à maîtriser

À l’époque, la communication avec les étudiants était rompue, passé le seuil de la salle de classe. Maintenant cette relation est constante : mails, notifications de groupes Facebook, solutions Edtechs avec lesquelles, on envoie, partage des informations, des devoirs, des compléments pédagogiques pour enrichir son cours avec des vidéos, des animations des cartes, les réseaux sociaux. On engage la conversation, le débat, on vote, on rédige en direct, on évalue, on s’auto-évalue. Lorsque je parlais de la guerre en Yougoslavie, dans la décennie 1990, c’était avec mon classeur et un amoncèlement de cartes sur rétroprojecteur… aujourd’hui, je pourrais ajouter au cours des vidéos, des simulations, de l’interpellation des étudiants, leur demander de préparer les séances en classe inversée. C’est un métier passionnant où l’évolution est en constante accélération. Tous les jours, de nouvelles applications naissent, regardez mes posts retours d’expérience ou les salons auxquels j’ai participé, c’est un aspect fantastique.

 

Au centre, toujours plus de pédagogie !

Bien évidemment les outils doivent être des moyens et non pas la finalité de l’enseignement. Je me souviendrais toute ma vie de cette conférence à laquelle je participais en Finlande sur le e-learning, un professeur avait dit «  Vous verrez avec le e-learning les mauvais profs seront encore plus mauvais » et il n’y avait pas encore Facebook…

Le cours est devenu un vrai contrat entre l’enseignant et l’étudiant dans lequel tout est précisé (objectifs, syllabus, évaluation), piloté par des systèmes d’assurance qualité (ce que j’enseigne est-il de bonne qualité, les étudiants ont-ils bien acquis les compétences à l’issue du cours, comment l’ont-ils évalué ?). Il n’en reste pas moins un modèle vivant qui doit s’adapter à l’actualité, aux exigences de la diversité des publics, de leurs objectifs, des marchés.

 

La professionnalisation des métiers de l’enseignement

Dans les années 1980, tout le monde faisait un peu de tout : il n’y avait pas de professeurs permanents, la polyvalence régnait en maître, les responsabilités de programmes, d’options ou d’années se distribuaient selon les affinités, selon les envies de chacun. Aujourd’hui, les responsables de programmes obéissent à d’autres logiques avec quasiment une mission d’entrepreneur et de développeur. Nos écoles ont énormément évolué sur ce point. Les exigences sont de plus en plus fortes.

 

L’importance de la marque établissement

Dans la compétition nationale et internationale entre les établissements, chacun doit trouver son identité et sa légende, la partager autour de ses valeurs. Trouver un positionnement et affirmer sa stratégie sans embrasser toutes les possibles. Ce qui conduit à déterminer sa politique de marque, à être identifié clairement dans le paysage de l’Enseignement  supérieur.

 

Les accréditations et les classements

Les accréditations comme éléments structurants : pour Grenoble, je peux en parler, je n’étais là au départ de leur intégration dans notre modèle d’école. C’est ce qui a permis aux Business Schools françaises de prendre leur envol, de se questionner, de réfléchir à leur mission, à leurs moyens, à leurs points forts/faibles.

Si Grenoble n’était pas accréditée – et triplement ! – elle ne serait pas ce qu’elle est à l’heure actuelle. Ce fut le bon choix au bon moment et effectivement, des éléments structurants du projet d’entreprise.

Par contre, ce qui m’inquiète, c’est l’explosion de leur nombre tout comme celui des certifications et des classements. Nous sommes en train de courir un 100 m sur la distance du marathon !

Les classements, je les ai vus apparaître : qui se souvient du premier classement effectué par Capital, il y a plus de 25 ans avec de véritables bombes pour les écoles ? Un scandale à cette époque ?

Je crois que le bilan là aussi est assez positif, classements et accréditations ont apporté de la visibilité. Ce qui a permis aux écoles françaises d’être fortes à l’international.

 

Compétition et internationalisation

Ce que j’ai vécu sur plus de deux décennies : une compétition de plus en plus intense, l’internationalisation et la mutation d’un secteur d’activité.

Dans les écoles, la salle de classe reflète la diversité du monde et des marchés. Celles qui veulent compter disposent de campus à l’étranger, d’accords de partenariats sur tous les continents. Il faut être présent tant en Afrique, qu’en Chine ou aux Etats-Unis.

Une compétition jalonnée d’annonces mirobolantes ! Comme ce minitel de TF1 qui gérait les admissions parallèles des écoles avec les mêmes débats que nous avons à l’heure actuelle ! Je me souviens aussi de l’école Paris Campus dans les années 90 qui avait racheté et fusionné nombre d’écoles, premier gros échec d’un assemblage hétérogène d’écoles. Et de ces haines entre écoles, ces batailles idéologiques toujours présentes…

 

Mission et stratégie des établissements

Tout cela n’aurait pu être possible sans stratégie. Je l’ai souvent écrit, les établissements d’enseignement supérieur doivent définir leur stratégie et leur mission. Sans cela, ils navigueront à vue et disparaitront progressivement du paysage.

 

 

Le top 10 de mes meilleures audiences !

Mon blog en quelques chiffres : 300 posts – 100% passion –  retour sur le top 10.

 

 

  • 300ème post, top 10, n°8 – Grandes écoles pourquoi tant de haine ? Un sujet récurrent, un « marronnier diraient les journalistes mais tant qu’il y aura de l’idéologie et du dogmatisme…

 

 

  • 300ème post, top 10, n°6 – Recrutement et BIG DATA – Big data, la préoccupation actuelle des entreprises. Métiers et formations seront-ils à la hauteur des attentes ?

 

 

 

 

 

 

 Merci à vous tous,

je vous donne rdv chaque jeudi pour la suite !

 

 

 

 

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