Le blog de Jean-François Fiorina

Un directeur d’école fait-il de la politique ?

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©Roya Ann Miller

La fin de cette très longue séquence d’élections — débutée fin 2015 avec les Régionales — m’offre l’occasion de vous donner mon point de vue de directeur d’une grande école. Chose que je ne voulais pas faire « à chaud ». Quelles relations entretenir avec les politiques et la politique ? Comment travailler et communiquer avec les étudiants ? Ces questions deviennent de plus en plus aigües : les candidats souhaitent rencontrer nos étudiants et inversement… Entre mes convictions personnelles et celles du directeur d’école, comment vivre cet exercice délicat et gérer ces subtils équilibres ? D’abord tenir notre ligne : apolitique et œcuménique. Ce qui n’empêche pas de faire de la pédagogie même et surtout face aux extrêmes, de prendre position sur des sujets d’actualité dans le respect de chacun. Comme nous le faisons régulièrement Loïck Roche et moi-même.

 

Je ne donne aucune consigne de vote directe ou indirecte. Les étudiants doivent conserver leur libre arbitre et construire leur propre opinion. Je n’ai pas de comportement à leur dicter, et d’ailleurs, ni le droit ni la responsabilité de le faire. En ce sens, je le suis garant du bon fonctionnement de l’Institution, de la fluidité des relations entre tous.

En aucun cas je ne fais de prosélytisme même si les prises de position politique de certains étudiants m’interpellent. Ce fut le cas lors des premiers attentats en France, des étudiants non européens ont exprimé des opinions très tranchées.

 

École ouverte

GEM a une tradition d’ouverture sur le monde et les cultures. Les étudiants peuvent ainsi inviter toutes les personnalités qu’ils souhaitent y compris dans le champ politique. Et ils ne se gênent pas !

Lors des élections, tous les candidats sont les bienvenus. Je viens les accueillir au nom de l’Institution et, ensuite, ces sont les étudiants qui gèrent la relation, de A à Z. Nous sommes une école d’impact et de rayonnement dans la société, nous sommes donc ouverts au débat.

 

Donner à comprendre

Dans mes commentaires, avis, posts, tribunes, je donne à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Je questionne, je montre les conséquences pour faire réfléchir mais en aucun cas je stigmatise quelque idée ou personne. Notre mission de pédagogues doit permettre une compréhension, une interprétation de la politique et du fait politique. Libres à eux, ensuite d’en avoir leur propre interprétation.

 

Engagement

Les étudiants ne nous ont pas attendus pour s’engager politiquement. Je suis même fier de voir que deux étudiants de GEM se sont présentés aux élections législatives. Certains peuvent exprimer leur conviction politique lors des oraux d’admission. Oui, pourquoi pas, si cela constitue un élément important de leur personnalité et de leurs réalisations. Nous considérons que l’engagement est une bonne chose. Nous l’encourageons même chez nos collaborateurs et nos étudiants en leur demandant d’éviter tout prosélytisme.

Je vois que les sénateurs vont devoir effectuer des stages de découverte en entreprise. Alors pourquoi ne pas les instituer également pour découvrir ce qu’est une business school d’envergure mondiale !

 

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