Le blog de Jean-François Fiorina

Survivre aux Edtechs : all inclusive vs on demand ?

edtech disruptives

©Team UI8

 

Si j’ai toujours dit que les GAFA  — et autres Netflix par la diffusion des savoirs — feraient partie de nos futurs concurrents, ce sont maintenant les Edtechs qui impactent directement le territoire des grandes écoles et des universités. Cette désintermédiation des services éducatifs et de formation professionnelle, cette nouvelle ubérisation me préoccupe bien sûr. À la fois opportunité et menace, elle va profondément modifier nos métiers et nos stratégies. De nouveaux établissements vont émerger dont le rôle sera celui de chef d’orchestre, d’agrégateur/organisateur de services à la demande proposés par des Edtechs, sur la base du modèle freemium. Face aux autres, tels que GEM, qui poursuivront leur développement appuyé sur une marque influente et attractive, renforcé par de nouvelles compétences et alliances. Des mouvements éminemment stratégiques…

Exemples de Edtechs structurantes

Je vois trois grandes classes dans l’univers des Edtechs de l’éducation et de la formation :

1/ Les « diplômantes » telles qu’ Openclassrooms.

2/ Les services innovants :

3/ L’accès « direct » aux entreprises :

Accès aux entreprises via missions, challenges, stages, cours particuliers, rendez-vous personnalisés et entretiens d’embauches payants.

Voici cette autre sélection de Edtechs disruptives proposée par le blog anglais Education Technology.

Comment traiter la question Edtechs ?

Bien sûr ne pas les ignorer car elles vont dans le sens de l’histoire, je les respecte.

Elles disposent d’une agilité qui leur permet de toucher de nouveaux publics, de qualifier/personnaliser, d’industrialiser, de gamifier, d’automatiser la relation étudiant à moindre coût (cf openclass rooms). Les jeunes générations aiment. Cela conforte ma vision de la Student Relationship Management, cœur de la stratégie de nos établissements, que j’avais expliquée dans un post en 2015.

Cette dématérialisation et montée en gamme sont plutôt positives et intéressantes pour nous, grandes écoles, riches de nombreux programmes en différents lieux. Des services qui vont aussi satisfaire une cible d’étudiants ne souhaitant pas suivre des cursus longs ou de grandes écoles. Aussi pour des raisons de coûts.

Les 2 modèles de la grande école du futur

 

  • Le modèle de la MARQUE Unique/All inclusive

Autour de la marque — navire amiral — comme nous GEM, s’organise l’escadre de l’écosystème éducatif à l’instar des grandes entreprises. Notre R&D s’enrichit de la collaboration, co-conception/réalisation/suivi de services liés à la pédagogie et à son optimisation, ainsi qu’à la relation avec nos parties prenantes (étudiants, familles, entreprises, partenaires).

D’où l’importance de la marque, de son influence, de son impact, de sa valeur ajoutée rapportée aux montants des frais de scolarité. Les modèles futurs de l’éducation devront être basés sur des stratégies et des missions spécifiques et précises. C’est d’autant plus vrai d’une marque all inclusive comme la nôtre qui doit intégrer dans son fonctionnement des éléments de valeur ajoutée extrêmement précis.

 

  • Le modèle AGRÉGATEUR/On demand

Nous ne sommes pas à l’abri d’opérateurs créant/agrégeant leur propre écosystème d’Edtechs sur un modèle économique de paiement à l’abonnement ou à l’acte. C’est le modèle freemium qui a montré son efficacité dans de nombreux secteurs (services, médias, logiciels, etc).

C’est un réel danger car un nouvel entrant peut devenir l’organisateur du travail et l’optimisateur de la valeur apportée par les différentes Edtechs (recrutement, logistique, wifi, contractualisation, certification, suivi, etc) à des prix défiant toute concurrence. La marque de l’école ou du centre de formation pourrait devenir secondaire.

Et si la réponse n’était pas la synthèse des deux ? Et si la Business school de demain ne devait pas intégrer ces deux modèles ? Notre statut d’EESC nous permet l’entrée d’actionnaires minoritaires. Imaginons un tour de table associant des Edtechs et pourquoi pas des GAFA tels qu’Amazon, des réseaux sociaux type Linkedin voire Netflix comme distributeur/producteur de contenus ? Une Edtech — Ebookadabra — est d’ailleurs un genre de Netflix éducatif pour les enfants. Ce n’est plus tout à fait de la science fiction ! Certainement des moyens à la clé mais une gouvernance sensible et difficile tant en interne qu’à l’externe !

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