Le blog de Jean-François Fiorina

JAÏ : la double casquette étudiant-entrepreneur

JAI, Junior entreprise de GEM, lauréate concours meilleure association étudiante de France

Entouré de l’équipe dirigeante de la JaÏ, Junior-Entreprise de GEM (Matthieu, Kevin et Alexis) ©DR

JAÏ ou Junior-Entreprise de GEM, quel que soit le nom que nous lui donnons, l’heure est au développement pour cette Junior-Entreprise. Lauréate du concours de la meilleure association étudiante de France en 2016 et certifiée ISO 9001, elle s’inscrit dans une dynamique de progression et de collaboration. Elle ouvre une nouvelle antenne à Paris et brigue le Prix d’Excellence des JE de France. Ses « consultants » portent tous la double casquette : étudiant et entrepreneur. Interview des membres de son bureau.  #JAÏ #GEM #JE #Junior-Entreprise #entreprenariat #étudiant

Jean-François Fiorina : Qu’est ce qu’une Junior Entreprise dans une école de management et que proposez-vous ?

Alexis (président de la JAÏ) : Une Junior entreprise est une association étudiante à but pédagogique. Nous proposons différents types de mission à tout type d’entreprise : auto-entrepreneurs, PME, grandes entreprises… Nous les accompagnons avec une spécialisation marketing : étude de satisfaction, étude de marché, étude de positionnement. Nous abordons aussi les questions de business plan ou d’études d’implantation. Nous développons également des partenariats avec NSigma, la Junior-entreprise de l’ENSIMAG, école d’ingénieurs réputée de Grenoble pour une offre web marketing, et récemment avec ASSAS Junior conseil pour un accompagnement juridique.

 

Jean-François Fiorina : Votre champ d’activité est-il clairement défini ?

Matthieu (trésorier) : Oui, nous sommes encadrés par la CNJE (Confédération Nationale des Juniors Entreprises) qui nous impose certaines règles comme celle de proposer des services qui sont en relation avec les cours dispensés dans notre école.

Kévin, vice-président : Nous sommes avant tout un cabinet de conseil étudiant en marketing, à vocation pédagogique mais aussi à vocation économique. Nous fonctionnons comme une entreprise et notre but est de réaliser un maximum d’études pour augmenter notre chiffre d’affaires. Notre particularité est que 60 % de notre CA est reversé à l’ensemble des étudiants de l’école.

 

Jean-François Fiorina : Donc encadrer par la CNJE, vous avez des forfaits pré établis?

Alexis : Il y a plusieurs règles déontologiques à respecter pour chaque étude, au niveau de la facturation par exemple. Notre fourchette de coût (jour/homme) est encadrée, elle oscille entre 80€ et 340€. Chaque année, la CNJE nous audite pour vérifier que l’on respecte bien les règles d’encadrement pour que nous puissions continuer notre activité et garder la marque Junior-Entreprise.

 

Jean-François Fiorina : Quelle est l’intérêt pour une entreprise de venir vous voir ? Il y a une multitude d’offres marketing sur le marché…

Alexis : Ces entreprises peuvent y voir deux grands intérêts : d’abord au niveau de la facturation où nous proposons des prix beaucoup plus attractifs que des cabinets de conseil. Et deuxième chose, du fait de notre statut d’étudiant, nous apportons un regard neuf sur le marketing qui est recherché et très apprécié.

Kevin : J’ajouterais, qu’au-delà de notre statut d’étudiant, nous sommes une organisation. Par rapport aux free-lances, nous avons un processus clair de formation, de recrutement des consultants-étudiants puis de transmission/passation aux promotions suivantes.

Il est pré établi, c’est une garantie pour le client. Il y a aussi un autre atout indéniable : les ressources que nous pouvons mobiliser pour nos clients grâce à GEM, son corps professoral, le multimédia ou à l’accès à l’information (bibliothèque, bases de données, experts).

Ce statut de Junior Entreprise est gage de professionnalisme et de sureté pour nos clients. Tout d’abord, en cas de litige avec une entreprise ou une administration publique, un tribunal compétent est prévu et signalé dès la signature de la convention client. Par ailleurs, la CNJE aide ses Junior Entrepreneurs tout au long de l’année. Par exemple, dernièrement, lors du Congrès National d’Hiver, les 6 personnes de la JAI présentes à cet événement ont pu bénéficier des différentes formations proposées par Alten, EY, ENGIE, le comité stratégique de la CNJE ou la BNP.

Voilà notre plus value par rapport au free-lances.

 

Jean-François Fiorina : Comme la « Crème de la Crème », beaucoup d’autres structures proposent des challenges étudiants. Selon vous, pour un étudiant qu’est-ce qui est le plus intéressant en terme financier, ce genre de plateformes ou les JE ? Y a t-il eu une désaffection des étudiants ?

Kevin : Pour la rémunération, c’est très variable. En revanche, les étudiants sollicitent toujours notre Junior Entreprise. Nous avons fait 192 K€ de chiffre d’affaires sur le mandat 2015-2016 et 250 K€ sur 2016-2017. Cette année, à mi mandat, nous atteignons déjà quasiment les 200 K€. Nous remarquons une évolution et une dynamique : les clients nous contactent directement et nous font également confiance à travers le temps. Le rayonnement de l’école constitue un atout qui bénéficie à notre développement commercial.

Appartenir à une Junior Entreprise est un sentiment très particulier, les retours d’anciens étudiants sont très importants. Ce week-end plusieurs sont venus nous donner des formations. Ils exercent aujourd’hui chez MacKinsey, par exemple, et nous transfèrent leur savoir.

Alexis : Nous arrivons à capitaliser sur nos 33 ans d’expérience.

 

Jean-François Fiorina : Qui sont vos clients ?

Alexis : Nous pouvons accompagner un entrepreneur individuel dans sa recherche d’apports financiers pour sa création d’entreprise ou participer à des appels d’offres pour des Grands Groupes. Donc tout type d’entreprise, et aussi dans le secteur public comme la Métropole de Grenoble ou le Conseil départemental de l’Isère.

Matthieu : Aujourd’hui, nous ciblons de plus gros clients notamment avec les administrations et les collectivités qui nous font confiance.

 

Jean-François Fiorina : Pouvez-vous vous retrouver en concurrence avec d’autres JE ?

Matthieu : Si nous prenons l’exemple d’un appel d’offres pour une grande marque de cosmétiques, nous étions directement en concurrence avec la JE d’une école de commerce parisienne prestigieuse. Ils avaient ce marché depuis une dizaine d’années et nous travaillions depuis 3 ans pour le récupérer. Nous avons réussi ! Ainsi, nous ne nous contentons pas seulement du marché de proximité à Grenoble.

Kevin : Quelquefois des cabinets de conseil professionnels font appel à nous pour nous sous-traiter une partie d’un dossier. S’il y a une phase d’analyse qui justifie notre plus value pédagogique dans le cadre d’une étude et bien là, nous pouvons agir en collaboration.

Un autre point aujourd’hui sur lequel j’aimerais revenir : nous pouvons comprendre que certaines personnes remettent en question le modèle des JE avec les nouvelles offres qui émergent sur le marché. De notre côté, nous l’avons justifié à travers la formation et l’expérience. Mais la CNJE est flexible, elle a su adapter et faire évoluer son cadre légal en nous accordant, par exemple, le pouvoir de dispenser des formations dans une limite bien précise. Non pas pour des étudiants mais pour des clients. C’est sûrement pour cela qu’aujourd’hui, elle est le premier mouvement étudiant de France.

 

Jean-François Fiorina : Lorsque vous négociez avec les entreprises, comment cela se passe ?

Matthieu : Nous nous basons sur une expérience que nous acquérons sur le terrain directement. Aujourd’hui nous fonctionnons en binôme. Un deuxième année va former tout au long de sa seconde année le première année sur les postes clé. Je forme actuellement en ma qualité de trésorier une première année sur ma fonction et également sur le poste de consultant. Nous les amenons en rendez-vous, nous leur apprenons à faire une proposition commerciale et tous les conseils nécessaires.

 

Jean-François Fiorina : C’est dans les statuts de la CNJE ? Ou c’est le plus GEM ?

Alexis : Non, c’est le plus de notre JE. Avec des mandats très courts d’un an, nous devons assurer la formation entre chaque passation de mandat et c’est nous qui avons décidé de créer ce système qui a maintenant fait ses preuves.

Kevin : Le plus important, c’est de signer sa première étude. Mais pas à n’importe quelles conditions. Les clients nous font d’autant plus confiance quand nous ne disons pas oui à tout, que nous traitons leurs informations de façon pertinente. Il y a une vraie dynamique d’accompagnement.

 

Jean-François Fiorina : Quelle a été votre meilleure et votre pire expérience pour chacun de vous ?

Alexis : Ma meilleure expérience pour l’instant a été le fait de monter sur Paris pour soutenir un appel d’offres d’un Grand Groupe français et finalement l’emporter. Et ma pire même si, aujourd’hui, j’arrive à capitaliser dessus, ce doit être l’année dernière, en fin de stage, lorsque qu’il fallait solliciter un peu plus les étudiants qui avaient besoin de se remobiliser. Ce n’est pas forcément la chose la plus agréable et facile à faire mais cela fait parti de l’apprentissage au niveau de mon poste.

Kevin : Je dirais que ma pire expérience, je l’ai vécu comme toi. Je suis responsable des ressources humaines et j’ai vécu un moment difficile quand je n’ai pas eu les bons mots avec une personne et j’ai donc commis une erreur. Je suis allé la voir en toute humilité pour m’excuser et lui expliquer que — elle comme moi — nous étions entrain d’apprendre. Ma meilleure expérience, a été dans le cadre d’une étude pour un couple qui avait une entreprise et qui désirait se réorienter vers un nouveau segment de marché des vélos électriques. J’ai fait une étude de marché avec deux autres de membres de la JE, complète (création de la stratégie commerciale, recherche documentaire, phases qualitative et quantitative). Ils ont été ravis. Ils nous ont même proposé de venir en stage chez eux. Ils ne pensaient pas que des étudiants pouvaient fournir un travail si complet.

Matthieu : Je n’ai pas de souvenir d’une pire expérience mais d’une bonne, oui. C’était aussi sur une étude que j’ai faite pendant un stage avec un grand groupe grenoblois, qui souhaitait s’implanter via une fusion-acquisition en Suisse. J’ai réalisé cette étude en juin/juillet 2017 et j’ai appris en octobre dernier qu’ils avaient ouvert cette filiale. J’ai pu voir qu’à 20 ans mon travail avait été source d’inspiration pour un grand groupe qui fait aujourd’hui plus de 100 millions € de CA. C’est une fierté personnelle et cette histoire m’a donné envie de me démener pour aller toujours plus loin. Toujours dans cette dynamique d’innovation et de croissance.

 

Jean-François Fiorina : Lorsque vous êtes arrivé à l’école, vous étiez « prédestinés » ? Vous vouliez déjà la JAÏ ?

Alexis : J’avais une vision un peu générale des associations. J’ai un profil sportif, je me suis dis que j’irai au BDS. Au final, après un mois de réflexion, je me suis dis que ce serait la Junior-Entreprise qui me permettrait vraiment de m’épanouir dans l’école, en plus de tout ce qui pouvait entrer dans mon cursus scolaire.

Kevin : Je sortais de 3 ans de prépa, en arrivant dans une école de commerce, je voulais prendre une bouffée d’air frais. J’avais pour volonté de m’investir dans une association. La seule que je connaissais en arrivant à GEM, c’était ALTIGLISS. Puis j’ai appris à connaitre la JE. Ce qui m’a tout de suite plus, c’est cette double entité, le côté JAÏ associatif — bande d’amis— et puis GEM Junior Conseil qui est professionnel. Cette double casquette a fait la différence.

Matthieu : Nous avons un peu tous les mêmes histoires. En arrivant à GEM, je voulais m’investir dans une association mais je ne savais pas du tout laquelle. J’ai franchi la porte de la JAÏ et j’ai eu la chance de discuter avec l’ancien trésorier. Son discours m’a convaincu. Le lendemain, il y avait la présentation vidéo des associations. Je me souviens que j’étais dans le couloir dans l’atrium, j’ai vu toute cette ferveur qu’il y avait autour de la JAÏ comme le dit Kévin. Il y avait à la fois ce côté professionnalisant et formateur et, de l’autre, le côté associatif. Ce début d’année a été une vraie histoire. J’ai fait partie de la « guerre froide » – la rivalité entre le Bureau des Sports (BDS) et la JE (JAÏ) — ce sont des souvenirs impérissables.

 

Jean-François Fiorina : Y a-t-il un état d’esprit JAÏ ?

Alexis : OUI. Kévin l’a dit à l’instant, c’est la double casquette pro et associative. Nous pouvons passer toute la journée à travailler au local et finir la journée en se réunissant tous ensemble autour d’un repas, ou en faisant une petite soirée. Je pense que c’est notre force. Ce côté JAÏ, l’ambiance que nous arrivons à mettre au sein de notre équipe nous aide aussi sur le plan professionnel.

 

Jean-François Fiorina : La Jaï, c’est combien de personnes ?

Alexis : Nous sommes 28 chaque année. Aujourd’hui 56 avec les binômes. Au bureau, nous sommes 4 — président, vice-président, secrétaire général et trésorier — et 5 de plus au « petit bureau » qui rassemble tout les responsables (communication, audit, système d’information, commercial et comptable). En tout nous comptons entre 120 et 130 cotisants sur l’année dernière du 1er septembre au 31 août, c’est-à-dire les membres externes à l’association qui sont intervenus sur des missions.

Cela ne concerne que la partie administration de questionnaires. Nous leur proposons des missions soit sur le terrain soit au téléphone, rémunérées généralement 90 euros. Nous collectons ensuite toutes les données pour en faire l’analyse. Comme le disait Matthieu, c’est la particularité de notre entreprise parce que nous savons que dans les autres JE quasiment toutes les missions sont externalisées vers d’autres étudiants type master 2 de marketing — qui réalisent les études de marchés, de a à z.

Matthieu : La majorité des membres des JE d’autres écoles sont simplement commerciaux ou chefs de projets mais ne réalisent pas l’étude en elle-même. Nous avons cette spécificité de tout faire en interne. C’est une plus-value plus qu’intéressante.

 

Jean-François Fiorina : Quelles sont les difficultés ou doutes rencontrés quand on gère la JAÏ ?

Alexis : Nous avons tous l’objectif de faire aussi bien si ce n’est mieux que nos prédécesseurs, c’est le challenge. Un autre défi qui est important, c’est de trouver le juste milieu entre le fonctionnement de l’entreprise et le fonctionnement de l’association. Il faut savoir trouver les bons mots pour remettre quelqu’un dans le « droit chemin » même si le soir nous passons la soirée avec lui. Ni laxiste, ni brutal.

Kevin : La difficulté qui pourrait émerger, c’est la communication à 58. Nous essayons d’être au maximum transparents. Le  « petit bureau », par exemple, est parfois jugé comme un organe opaque. Nous essayons de démythifier cela, car nous avons réellement la volonté d’avancer à 58 et de trouver les techniques pour y parvenir.

Matthieu : La difficulté première, surtout en 2ème année, est de gérer tous les projets que ce soit au sein de la JE, les cours et sa vie personnelle parce que nous avons envie de tout ! Il faut avoir la capacité de prioriser, travailler sous la pression avec des deadlines. Je pense que savoir s’organiser est le plus important.

 

Jean-François Fiorina : Quels sont vos défis ?

Alexis : Automatiquement, je vous parle du Prix d’Excellence. Il récompense la meilleure JE de France. Nous existons depuis 33 ans et nous n’avons jamais eu ce prix bien que nominé chaque année. Voilà, c’est notre défi pour la fin de nos mandats. Cela fait des mois que nous préparons ce prix.

 

Jean-François Fiorina : Il y a un vrai règlement…

Alexis : Tout à fait, c’est un dossier écrit à envoyer, un diagnostic à faire puis passer un grand oral pour la finale à Paris. C’est un peu la Champions League des Junior-Entreprises.

 

Jean-François Fiorina : Le prix de la meilleure association vous a aidé l’année dernière ?

Alexis : Oui, pour notre visibilité.

Kevin : Ce projet, chapeauté par le mandat précédent, a en effet accru notre visibilité.

Matthieu : Participer à ce genre de concours améliore notre visibilité mais également celle des JE. Le Figaro et Les Echos étaient présents. Cela permet de relayer des informations et de faire monter en puissance le mouvement des JE.

 

Jean-François Fiorina : Si vous aviez une baguette magique, quoi servirait-elle tout de suite ?

Alexis : Gagner le Prix d’Excellence ! Mais nous sommes aussi en train de créer une antenne à Paris ce qui est un challenge énorme pour nous.

 

Jean-François Fiorina : Vous parliez des anciens, est-ce qu’après une JE, des carrières types s’ouvrent ?

Alexis : Nous avons mis à jour toute la base de données des anciens de la JE depuis 1984, et nous nous sommes rendus compte que nos pouvions tout faire. On peut penser que nous nous orientons plus vers le domaine du conseil mais pas du tout. Nous pouvons aller dans la finance, le marketing, la communication. Il y a même une personne qui enseigne dans une école primaire.

Kevin : Quelque chose sans doute de révélateur, sur GEM alumni, les GEMiens de l’année ont été mis à l’honneur : on y trouve un ancien trésorier de la JAÏ qui est DAF chez SFR, et un ancien président qui a monté sa structure, une entreprise de vins sur Paris, nominé en tant que start-up de l’année. Comme quoi le « Jaïeux » ne suit pas une carrière type, il peut aussi bien être entrepreneur que directeur financier.

 

Jean-François Fiorina : Je vous ai beaucoup interrogé, est-ce que de votre côté vous avez des questions à me poser ?

OUI. Je voulais vous demander comment GEM voit notre Junior Entreprise ?

 

Jean-François Fiorina : Comme toutes les associations, des éléments de vie sociale, de développement de compétences. Ce que je regrette ? L’ADN de GEM fonctionne autour de l’innovation, de l’entreprenariat et de la géopolitique. L’entreprenariat vous en faites, l’innovation pas assez, et la géopolitique encore moins. L’idée serait de se demander comment vous pourriez servir tous les éléments de l’ADN de GEM. Je suis conscient que c’est compliqué — du côté de l’innovation — autour d’une étude de marché parce que cela voudrait dire aller dans des FABLAB, participer à des brevets, aller vers d’autres domaines de compétences et, en géopolitique, que pourriez vous réaliser ?

Alexis : J’aimerais rebondir sur l’innovation, nous ne sommes peut-être pas assez transparents mais au quotidien, nous essayons de repenser notre mode de fonctionnement, nos méthodes de travail.

 

Jean-François Fiorina : Je ne disais pas cela par rapport à vous mais par rapport à des missions d’innovation ou de géopolitique. C’est-à-dire étude de projet d’innovation, étude de faisabilité d’innovation, la recherche de brevets…

Matthieu : Nous travaillons aussi avec des clients qui nous imposent le secret professionnel. Donc sur ce genre de projets, la communication est compliquée.

Kevin : Nous sommes sur une étude pour savoir si FNAC-Darty doit poursuivre l’installation de ses corner shops. Notre JE a été désignée pour analyser le retour clients. En termes d’innovation, nous les accompagnons et c’est peut-être juste un problème de communication et d’échanges. Sur l’aspect géopolitique, je ne dirais pas le contraire même si nous intervenons auprès de JE étrangères mais dans le cadre de conseil géopolitique, en effet, nous ne sommes pas actifs.

 

Quel est l’intérêt d’avoir une Junior-Entreprise dans votre école ?

Jean-François Fiorina : Dans la vie associative, je considère que chacun doit trouver sa place. Que ce soit du sport, des arts ou du professionnel. La JAÏ s’inscrit dans cette optique. C’est un lien social important, d’apprentissage aussi. Quand je vois l’évolution des associations depuis que je suis à la tête de l’école, il y a une très grande professionnalisation.

J’apprécie que chaque nouveau bureau ne veuille pas réinventer la roue et que chacun se donne bien les moyens de grandir. Voilà l’importance des associations, des budgets de plus en plus élevés et des profils d’étudiants qui ont également changé. Un étudiant qui allait dans une association, il y a 20 ans, c’était l’étudiant qui avait compris qu’il pouvait court-circuiter le système ! Maintenant, il y a un véritable objectif pour les étudiants qui entrent dans une association parce qu’il y a un projet professionnel. C’est pour cela qu’une Junior Entreprise me parait aussi importante qu’une autre association de GEM. Après mes interrogations par rapport à la JAÏ sont les suivantes :

  • comment coller encore plus à l’ADN de l’école : pour plus de visibilité et avoir plus de missions atypiques et de différenciation ?,
  • je me suis aperçu que les étudiants apprennent de plus en plus en dehors de la classe : des MOOCs, des plateformes types « Crème de la Crème » : comment une Junior-Entreprise peut continuer à vraiment exister alors qu’elle est challengée par d’autres formules ?

Kevin : Ces craintes sont justifiées mais je pense qu’aujourd’hui les JE ont encore un bel avenir devant elles. Les chiffres d’affaires des Juniors Entreprises ne cessent de croître.

 

Merci pour cet entretien et bonne chance pour le Prix d’excellence !

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Commentaire (1)

  1. Paul Duclos

    Bravo pour cet entretien .ces « entraînements » vous permettront de répondre aux challenges qui vous attendent pour la construction de votre futur.

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